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1993 : Stefano Accorsi : « Notre pays avait connu une histoire vertigineuse qui n’avait pas encore été racontée »

stefano accorsi interview

1993, une nouvelle année pour Leonardo Notte et peut-être une belle année politique ? Après le succès de 1992, Stefano Accorsi à l’origine de l’idée de la série, remet son costume d’homme politique. A l’occasion de la diffusion de 1993 dès le 5 décembre à 20h40 sur OCS MAX en VM, j’ai pu rencontré l’acteur de passage à Paris pour discuter de la série et de son personnage Leonardo Notte.

 

Dans quel état d’esprit est Leonardo Notte en 1993 ?

Stefano Accorsi : « On l’a laissé à la fin de 1992 en disant ça va être un magnifique 1993. En fait, il a passé un cap avant il travaillait avec Marcello Dell’Utri, président de Publitalia ce que l’on appelle le bras économique de Berlusconi et on le retrouve dans le groupe de Berlusconi. Il est pas tout seul. Ça ne va pas être simple parce que Berlusconi, il est entouré de gens qu’il connaît depuis très longtemps en lesquels il a confiance. Ce Leonardo Notte, c’est le dernier qui est arrivé dans le groupe et c’est quelqu’un d’un peu ambitieux. Alors, Berlusconi va prendre l’enthousiasme de Leonardo Notte toujours un peu de la distance. Si avant Leonardo Notte disait à Marcello Dell’Utri, il faut que Berlusconi rentre en politique, maintenant, il peut lui dire à lui directement. Mais, ce n’est pas quelque chose que l’on peut dire à quelqu’un tout le temps comme ça. Il faut quelqu’un comme Leonardo Notte, qui a la capacité de convaincre et de regarder la situation d’une manière différente se retrouve devant un homme qui a un instinct très animal par rapport aux choses de la vie, du business et aussi par rapport aux choses politiques ».

 

 

D’après une idée originale de Stefano Accorsi…

Comment vous est venu l’idée de 1992 devenue 1993 et qui finira avec 1994 ? Comment avez-vous travaillé avec les auteurs pour donner vie à votre idée ?

Stefano Accorsi : « J’étais en France. J’ai commencé à regarder avec curiosité le monde public, politique avec toute l’affaire de l’opération Mains Propres. A partir de ce moment-là, j’ai regardé la politique d’une manière différente. J’ai été très étonné que Berlusconi puisse gagner en 1994. Quand j’étais en France, j’ai pas mal souffert quand je lisais les journaux. Je lisais dans les journaux qu’on avait un homme comme Berlusconi au pouvoir. Je ne dis pas que c’est un homme mauvais mais c’est l’anti-thèse de la politique et de la chose publique. C’est un chef qui a créé son empire et pour lui, c’est la seule manière de voir le monde. Plus il restait au pouvoir plus il s’occupait de son business et de sa vie personnelle. Les gens disaient c’est son affaire. Mais, je répondais si mon premier ministre pense la moitié de son temps aux filles qu’il va rencontrer le soir, il a avoir aussi avec ma vie, la vie politique de tout le monde. Les gens qui avaient voté pour lui ne voulaient pas comprendre ça. L’idée est née parce que je pensais qu’à partir de 1992, notre pays avait connu une histoire vertigineuse qui n’avait pas encore été racontée et qui pour moi avait été une partie importante pour moi et pour plein de gens. Des gens qui sont nés à cette période-là et qui ont connu que le monde sous Berlusconi. L’idée, c’était de raconter des personnages de fiction qui étaient en contact avec des personnages réels. A l’origine, c’était un biopic sur Berlusconi, cela n’a pas pu se faire donc on est reparti sur La Ligue du Nord. Quand j’ai parlé du projet à notre producteur qui a composé le groupe d’écriture, on s’est dit que c’était intéressant de se concentrer sur 1992. L’année charnière de ce grand changement et de là l’idée d’arriver jusqu’en 1994, victoire de Berlusconi. L’idée a été reprise, remaniée par les auteurs qui ont créé cette série et cela a beaucoup évolué par rapport à l’idée d’origine. Mais, l’esprit qui est de raconter qui a gagné et qui a fait le pays de ces vingt dernières années est au centre. Il y a même tout un discours subtil de deuxième, troisième niveau caché qui raconte énormément sur cette époque et cette humanité ».

 

La complexité de l’homme politique

Quel a été pour vous le principal défi à jouer un homme politique comme Leonardo Notte ?

Stefano Accorsi : « Leonardo Notte c’est encore plus complexe comme personnage politique parce que c’est l’homme qui est dans l’ombre derrière un personnage politique. Il a un passé commun à beaucoup de monde. Lui, il vient de la gauche d’un mouvement des années 70 et qui ont trouvé la liberté sur les télévisions de Berlusconi parce que la Raï, c’est le Moyen-Âge. Après Berlusconi, il est arrivé avec tout le divertissement et cetera mais il y avait vraiment de liberté et de créativité. Bon, avec la politique après il a dit de dire à tout le monde de voter pour lui. Leonardo Notte, mon personnage est un homme de gauche et il trouve dans le milieu de la pub, une modernité que sûrement Rome ne pouvait pas lui donner ni le monde de la télévision publique. Milan avec le monde de la mode, du business et la pub pouvait lui donner mais la pub ça ne suffit pas quand on a des idéaux politiques. Leonardo Notte croit qu’un homme issu du business, cela pourra être une vraie alternative.

Habitué des hommes politiques en  série que ce soit Leonardo Notte ou le premier ministre italien dans The Young Pope, jouer un homme politique, un rôle complexe ?

Stefano Accorsi : « C’est complexe mais c’est surtout drôle. Très souvent, les hommes politiques, ils doivent faire avec ce qu’ils ont. C’est vraiment le royaume du compromis, ce n’est pas vraiment le monde des idéaux. ça m’a toujours intéressé de savoir comme on peut bouger sur un niveau national et international. C’est compliqué. Après il y en a de toutes espèces.

Par rapport à la déclaration de la Raï (chaîne publique équivalent de France Télé chez nous) de viser une audience plus internationale, Stefano Accorsi répond : « C’est le bon moment, on a les scénaristes, on a les réalisateurs et on a l’envie ».

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