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Baron Noir : les coulisses d’une politique en série !

Direction la Maison de la Mutualité au QG de campagne de Francis Laugier. Après les résultats du 20h, discussion avec un des créateurs de Baron Noir : Eric Benzekri et le producteur Thomas Bourguignon.

Astrid Whettnall (actrice), Eric Benzekri (créateur) et Thomas Bourguignon (producteur).

Pourquoi le titre énigmatique de Baron Noir ?

Eric Benzekri : “C’est énigmatique et surtout, on a l’habitude d’appeler les ténors socialistes : les barons. Celui-là est noir comme un mouton noir dans sa famille”.

Votre top 3 de séries politiques ?

Eric Benzekri : “Borgen, À la Maison Blanche, et 1992 que j’ai beaucoup aimé et que j’ai vu après le tournage. House of Cards, c’est moins notre came avec Jean-Baptiste Delafon avec qui j’ai écrit la série, ça nous paraît trop froid comme ambiance, trop cynique sans doute aussi mais surtout froid. C’est trop une partie d’échec à 3000 kilomètres au-dessus de nos têtes. Moi, ce que j’ai vécu en politique, c’est bien plus concret que ça, beaucoup plus rapide. J’ai dû mal à croire au plan élaboré sur 5 ou 10 ans. À l’âge de Twitter, c’est sympa le personnage d’Underwood dramatiquement mais je trouve qu’il n’a pas assez d’obstacles. J’étais été très déçu qu’il soit vice-président à la fin de la première saison. Je me suis dit c’est trop simple et il tue des gens directement. Et vous remarquez que nous, il fait pas exprès”.

Comment fait-on pour convaincre deux grands acteurs comme Kad Merad et Niels Arestrup pour ces deux rôles ?

Thomas Bourguignon : “On a pensé à personne en particulier. Pour avoir des acteurs de ce calibre là, il faut d’abord un bon texte et un bon réalisateur. Quand vous avez un bon texte, vous pouvez avoir un bon réalisateur et quand vous avez un bon réalisateur, vous pouvez avoir qui vous voulez. Ils ont eu le script, ils ont demandé c’est qui le réalisateur, on leur a dit c’est Ziad Doueri, ils ont dit : ‘on ne connaît pas” donc, on leur a montré un DVD et ils ont été convaincus. Après, ils ont demandé à le rencontrer et la rencontre s’est très bien passée et après, il n’y a plus eu de questions”.

Est-ce que le fait que ce soit Kad Merad et Niels Arestrup dans ces rôles, cela a nécessité une adaptation de l’écriture avec ce qu’ils proposaient dans le jeu de leur personnage ?

Eric Benzekri : “Non. Ils ont approfondi les personnages c’est-à-dire qu’en voyant les personnages, ils sont allés plus loin que l’imaginaire et donc, ça nous a plutôt conforté et ça nous a pas fait changer. Surtout ce qu’il fait dire, c’est qu’on est vraiment très chanceux. Je pense que pour un truc comme ça existe, il faut beaucoup de chance. La chance, c’est les acteurs beaucoup et je ne parle même pas du réalisateur car on voit le travail, c’est pas commun”.

Baron Noir a des notes d’humour volontaires ?

Eric Benzekri : “Il y a un côté anxiogène et c’est bien de se détendre. Puis, en même temps, il y a un côté cirque. C’est le cirque. Il y a un côté cours d’école qui existe”.

Votre principal challenge dans l’écriture de Baron Noir ?

Thomas Bourguignon : “C’était la réalité. Au début quand on a commencé à écrire, il y avait certaines arches qui étaient écrites. Mais, en fait, les hommes politiques sont extrêmement créatifs pour créer des nouveaux scandales sexuels, financiers. Grâce à eux, on a été obligé de monter la barre surtout sur la fin de la saison et du coup quand on a une fin de saison très haute, ça oblige à monter tout très haut avant. Puis, il y avait les nouvelles séries qui arrivaient car quand on a commencé l’écriture Borgen n’avait pas été diffusée en France, House of Cards n’existait pas. Aucune série politique n’existait à part À la Maison Blanche. Donc, du coup, on se disait en quoi nous, on reste original ? En quoi nos personnages restent originaux ? En quoi notre intrigue est originale ? Qu’est-ce qui nous différencie des autres séries qui arrivent. À chaque fois, qu’une nouvelle série arrivait, on était à la fois très content car on fait partie d’un ensemble qui devient un genre qui est la série politique. Ce qui pose la question : pourquoi autant de série politique sont nées entre 2010 et aujourd’hui ? Parce que le monde change énormément et que les gens ont envie de savoir qui fait de la politique. Est-ce que la politique a encore le leadership sur le réel ? Comment pense un homme politique ? Quelles sont les décisions qu’il est amené à prendre ? C’est la question du comment ? Comment se fait la politique. Que ce soit Borgen, House of Cards ou 1992, même si c’est une série d’époque, elles posent cette question-là. Donc, ça nous confortait que cette série-là résonne avec les attentes des téléspectateurs et en même temps, ça nous challengeait à chaque fois dans le comment être surprenant parmi toutes ces idées qui sont très bonnes”.

Les anecdotes de la série

Baron Noir sur Canal +

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