Lubie en Série

BAUHAUS : un temps nouveau

Connaissez-vous le style Bauhaus ? C’est un courant artistique allemand (architecture et design principalement) qui est né dans une école d’art du même nom en 1919 fondée à Weimar. La mini-série Bauhaus : un temps nouveau raconte l’histoire de l’école Bauhaus à travers deux destins liés celui de Dörte Helm et Walter Gropius, fondateur d’origine de l’école. Présentée en avant-première au festival Canneseries, Bauhaus : un temps nouveau a non seulement été accueilli par le public par une standing ovation mais aussi la mini-série décroche le prix de la meilleure musique réalisée par Julian Maas & Christophe M. Kaiser. Bauhaus : un temps nouveau est à découvrir sur Arte et j’ai eu la chance de discuter avec les acteurs principaux August Diehl (Walter Gropius) et Anna Maria Mühe (Dörte Helm) ainsi que Lars Kraume, créateur de cette superproduction en collaboration entre Arte Allemagne et le producteur allemand Beta Film.

 

La genèse de la mini-série Bauhaus : un temps nouveau

Vous avez travaillé sur de nombreux projets de séries mais soit au titre de scénariste soit celui de réalisateur, pour Bauhaus : un nouveau temps, vous avez le titre de créateur : qu’est-ce que cela a changé pour vous ?

Lars Kraume : “Je travaille en tant que réalisateur et scénariste dans la plupart de mes films. Donc, j’y suis habituée. Mais, la principale différence dans cette mini-série. Cette première saison est une histoire achevée, il n’y a pas de fin ouverte. C’est concrètement un seul et long film. Cela fait un film de 227 minutes. Si vous créez une histoire avec une tension maintenue pendant 227 minutes, ça peut paraître vraiment très long. C’est fait de telle manière qu’il y a deux personnages au centre de l’histoire Dörte Helm et Walter Gropius. Alors, vous avez besoin d’une histoire forte pour eux. Le défi le plus difficile, c’était de trouver une histoire parce que l’idée est venue, à l’origine, du producteur à cause de l’anniversaire. Il m’a dit est-ce que tu peux écrire quelque chose pour le 100ème anniversaire. Je lui ai dit, je peux essayer mais je dois trouver une histoire qui soit assez forte. Ma femme a trouvé cette histoire de Dörte Helm. Comme l’école était en rébellion contre le conservatisme, à l’intérieur de cette école vous avez la rébellion des femmes pour leur libération. Puis, il y a la version de Dörte Helm de cette lutte contre Walter Gropius qui ont en même temps une relation amoureuse ensemble. Tout ça ensemble a fait une histoire forte. Écrire et réaliser par vous-même, c’est génial”.

Une histoire vraie entre Dörte Helm et Walter Gropius

Lars Kraume : “C’est une histoire vraie. Mais, vous ne pouvez trouver quelque chose dessus. Nous avons parlé à la fille Dörte Helm qui a 80 ans et elle nous a appris beaucoup de chose. Elle a même lu le script. Tout est vrai sauf jusqu’où est allé leur relation. Donc, c’est une zone de spéculation parce que vous ne pouvez pas faire de recherches dessus”.

Une mini-série pour apprendre des choses méconnues sur l’école Bauhaus ?

August Diehl : “Bauhaus est assez connu à travers le monde, c’est quelque chose de conséquent. Des villes entières sont construites dans ce style. Par exemple, Tel Aviv est une ville de style Bauhaus. C’est aussi un joli clin d’oeil de l’Histoire que la capitale d’Israël ait été construite par des architectes allemands. Ce qui était nouveau pour moi, c’était le début de Bauhaus. C’est tellement différent que des choses que nous savons aujourd’hui sur Bauhaus. Il y a des choses dont nous ne pouvions parler car ce n’est pas tout beau et problématique aussi. Mais le début est vraiment différent du Bauhaus que nous connaissons aujourd’hui. C’est très ésotérique au début et c’est plus ou moins l’opposé de ce que c’est devenu après”.

Anna Maria Mühe: ” Je n’étais pas au courant de la position des femmes à Bauhaus”.

Quand on interprète des rôles de personnes ayant existé, ressentez-vous une responsabilité vis-à-vis d’eux et de leur vérité ?

August Diehl :” J’ai toujours un sentiment de responsabilité. Je n’aime pas tellement les biopic. Nous n’essayons pas d’imiter la personne mais c’est davantage dans la personnalité et dans la vision de quelqu’un qui a fondé une école à cette époque. C’était la chose principale pour moi. Je ne dirai jamais qu’il n’y a pas de responsabilité, il y en a toujours une envers la personne qui existe mais c’est un film et pas un documentaire”.

Anna Maria Mühe : “J’ai ressenti une pression vis-à-vis de sa fille qui est toujours en vie. Mais j’ai trouvé ma propre manière d’interpréter cette personne et non pas en rapport à sa fille”.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ces rôles ?

August Diehl : “C’est le script. J’adore le sujet sur Bauhaus, la République de Weimar et cette époque. Mais, principalement c’était le script. Je connaissais Lars (Kraume) depuis longtemps, j’ai fait un film avec lui et honnêtement, ce n’était pas aussi bien écrit que cette série. J’ai vraiment apprécié la première version du script, les premiers dialogues. Ils étaient si bons. Puis, je les ai appréciés également pendant toute la durée du tournage. J’aimais vraiment préparer mes répliques le soir pour le lendemain. Je disais à la scripte si je change un élément du dialogue, s’il vous plaît, dites le moi parce que c’est toujours meilleur dans le script”.

Anna Maria Mühe : “Tout d’abord, le script bien sûr. Puis, mon personnage était si intéressant parce qu’elle avait un parcours important à jouer pour moi”.

 

Bauhaus : un temps nouveau : quand le passé résonne avec aujourd’hui

Bauhaus : un temps nouveau aborde la question des femmes sous la République de Weimar. L’écho avec le mouvement #metoo vient immédiatement à l’esprit. Quel est votre point de vue sur le sujet sur corrélation ?

Anna Maria Mühe : “C’est quelque chose qui se passe maintenant et c’est quelque chose de terrifiant de voir la relation entre mon époque et le passé à propos de la question des femmes”.

Lars Kraume : “C’est peut-être par coïncidence ou c’est quelque chose qu’il fallait raconeré. Cette histoire parle des femmes qui ont été censurées. Il y a cette interview fictive où Gropius qui est interrogé alors qu’il a 80 ans sur les débuts de Bauhaus. La femme qui l’interviewe elle insiste sur ce point : qu’avez-vous fait aux femmes, pourquoi les avez-vous censurées ? Ce sujet est important et c’est ce qui rend cette série très contemporaine.  C’est ce dont nous discutons à présent. Pourquoi les femmes ne sont pas traitées à part égale. Pourquoi les hommes de pouvoir essaient de réprimer les femmes confiantes. Si vous regardez la série jusqu’à la fin, la série donne une réponse à ce sujet. ça ne dit pas simplement les hommes censurent les femmes mais il est expliqué pourquoi. cela a avoir avec la vanité des hommes pourquoi ils ne peuvent pas accepter qu’une femme soit totalement émancipée. C’est d’accepter les femmes comme des égales”.

 

Le saviez-vous ?

 

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