Lubie en Série

Caroline Dhavernas et Richard Short vous expliquent pourquoi Mary Kills People

Mary Kills People est une série canadienne qui aborde un sujet polémique “la mort médicalement assistée”. Mary est mère de famille, médecin urgentiste et avec son acolyte Des, elle aide des personnes en situation critique à avoir une mort plus douce. Pour discuter du sujet et de la série, j’ai eu la chance de m’entretenir avec les acteurs au MIPTV. J’ai rencontré Mary en chair et os en la personne de Caroline Dhavernas et son complice le très british Richard Short.

 

Un sujet polémique

Parlons de ce titre ambigu Mary Kills People ? Un jeu de mot mortel ?

Caroline Dhavernas : “Certaines personnes pensent que c’est une tueuse mais je ne pense pas qu’elle l’est. Elle le fait par compassion et empathie. Cela se déroule dans un monde où c’est illégal d’aider les gens à mourir. Bien sûr, elle va rencontrer des problèmes pour cette pratique. Mais quelque chose lui est arrivée par le passé et vous allez découvrir ça au fil des épisodes. Ce qui explique pourquoi elle pense que les gens doivent avoir le droit de choisir. C’est pourquoi c’est aussi émotionnel pour elle”.

Est-ce que la série est un moyen d’attirer l’attention sur la mort médicalement assistée ?

Richard Short : “On espère. Notre but, celui de Tara Armstrong, créatrice de la série, son but est d’ouvrir une discussion et peu importe votre opinion que vous soyez pour ou contre. Mais, si on peut entamer une discussion, c’est bon. Je pense que c’est uniquement ce que nous voulons faire”.

Est-ce que la série s’appuie sur des histoires vraies ?

Richard Short : “Je pense que Tara a pris des morceaux de certains cas au Canada, pays d’où elle vient. Mais, non c’est de la fiction principalement”.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce personnage ?

Caroline Dhavenas : “Pour moi, c’était un personnage si fort et si génial avec de grandes contradictions, de nouvelles réponses et tellement de chose à jouer. Elle vit une double vie ne disant pas à ses enfants et sa famille ce qu’elle fait, elle est divorcée, il y a l’hôpital avec ses relations avec ses patients, sa relation avec la mort qui complètement différente. Il y a tellement de choses à jouer dans les scènes et que vous interprétez de différentes manières. Cela rend les choses toujours fun”.

Richard Short : “Moi, je n’étais pas attirer uniquement le sujet de l’histoire mais par la relation principale qui est vraiment unique. Un homme et une femme et ce n’est pas romantique du tout, ils sont juste de très bons amis et grâce à cette relation, cela rachète le sujet de l’histoire en quelques sortes avec cette confiance entre eux. Tout ce que les amis traversent de bon ou mauvais vous le voyez et ils se font confiance implicitement. Cela peut leur causer encore plus de souffrance aussi”.

Caroline Dhavernas ajoute : “Ils savent sur quel bouton appuyé”.

 

Un loisir mortel ?

Si Mary n’était pas une médecin, elle serait considérée comme une meurtrière ?

Caroline Dhavenas : “Encore plus probablement. Au moins elle sait ce qu’elle fait. Elle sait quand une personne est malade, comment une maladie évolue. Je crois qu’elle serait dans une situation tendue sinon”.

Si on voit la motivation de Mary par la compassion mais quelle est la motivation de Des ?

Richard Short : “Il prend de l’argent parce qu’il n’a pas de job à cause de ce qui lui est arrivé par le passé mais il est tout autant compatissant que Mary. Ils le font pour une raison parce qu’ils ont cette idée de proposer un service à ceux dans le besoin. Il le fait pour ça. C’est un bon gars”.

Des est un ex-chirurgien plastique donc tout comme Mary, il a des notions de médecine aussi qui justifie son choix ?

Richard Short : “Nous sommes tous les deux des professionnels médicaux donc on a une familiarité avec les gens morts, les cadavres. Alors que d’autres personnes seraient paniqués. Mais, ça reste illégal quand même. Mais, eux, ils voient en premier les gens aidés par ça. Au fond ce sont des gens bons, compatissants. Si vous voyez des gens en souffrance constamment dans un hôpital, quelqu’un doit faire ce choix”.

Caroline Dhavernas : “Peut-être se sont-ils trouver inutile un nombre incalculable de fois laissant les patients se donner la mort eux-même ou demander à un membre de sa famille qui n’est pas un docteur qui peut aller en prison également. C’est une grande faveur pour quelqu’un de votre famille de le faire pour vous. Donc, avoir un professionnel pour le faire pour vous, pourquoi pas”.

Dans l’épisode 4, Mary évoque son addiction à la mort médicalement assisté ? Confessant à sa soeur, son incapacité à arrêter. Elle dit : “être avec eux dans leurs derniers instants, quand tout compte et ne compte plus”.

Being with them in their last moments, when everything matters and doesn’t matter.

Mary

 

Caroline Dhavenas : “Je suis d’accord. C’est à cause de ce qu’il lui ait arrivé dans son enfance, c’est beaucoup d’émotion pour elle. C’est c’est si important pour elle, pourquoi elle ne peut pas arrêter. Cela évoque beaucoup de chose, ça lui donne de l’adrénaline, ça lui donne un sens à sa vie. Si elle n’avait pas ça dans sa vie, elle essayerait probablement de combler le vide avec quelque chose d’autre. Le fait aussi qu’elle ne peut en parler à personne, cela donne l’impression qu’elle prend sa drogue dans un petit coin”.

Humour pas si noir ?

La série joue aussi la carte de l’humour, pensez-vous que c’était important de mettre des touches d’humour pour détendre l’atmosphère ?

Richard Short : “Oui, bien sûr parce que sinon, c’est trop pesant. Les vrais moments de tristesse sont authentiques et réelles”.

Caroline Dhavernas : “Puis, en tant que docteur parce que je ne pense pas que les médecins peuvent être aussi impliqués dans ce qu’ils font pour leurs patients parce que sinon, ils ne pourraient pas travailler correctement. Donc, ils ont besoin de respirer après, rigoler de nouveau, faire des blagues et retrouver leur vie. Cela fait partie de leur santé mentale”.

Richard Short : “Pour nous, c’est une manière d’aborder doucement ce sujet de la série. Les gens voient un sujet politique brûlant sans le réaliser. Avec un peu de chance, ils trouveront la série divertissante”.

Caroline Dhavernas : “Puis, il y a de l’humour dans tout même dans nos moments les plus sombres de nos vies, on peut en rire. Dieu merci” !

 

Mary, la mère

Comment voyez-vous Mary la mère de famille ?

Caroline Dhavernas : “Elle sacrifie beaucoup de son temps en famille pour faire ce qu’elle fait. Sa fille aînée vit une passe difficile découvrant sa propre sexualité. Parfois, c’est une mauvaise mère comme beaucoup de parent peuvent l’être. Elle peut être très absorbée par son travail avec toute cette anxiété et double vie qu’elle a mais elle fait ce qu’elle peut. Elle essaie d’être un bon être humain et faire ce qu’elle pense juste. Elle essaie d’être une bonne mère et elle fait des erreurs pour lesquelles elle s’excuse. Faut avouer, faute à moitié pardonnée. Au moins, elle sait qui elle est”.

Richard Short : “La série montre que vous pouvez être une mère forte de manière peu conventionnelle. Bien sûr, elle fait des erreurs mais tout le monde en fait. Elle est très humaine et complexe”.

 

Snapchat !

Richard Short et Caroline Dhavernas vous encouragent à voir Mary Kills People :

 

 

 

 

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