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DÉRAPAGES : Récit d’un homme en colère !

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À quel point le chômage peut détruire une vie ? C’est la problématique de Dérapages poussée à l’extrême afin de montrer une tragédie humaine. Dérapages, c’est l’histoire un cadre usé, Alain Delambre, par le chômage qui part en guerre contre le système qui l’a trahi…  Cette série de 6×52′ est écrite par Pierre Lemaître d’après son roman Cadres Noirs et réalisée par Ziad Doueiri (réalisateur des saisons 1 et 2  de Baron noir). Au casting, Eric Cantona dans le rôle principal et il affronte un Alex Lutz redoutable dans le rôle d’un président d’une grosse entreprise. Dérapages est un thriller noir et social passionnant à découvrir sur Arte.

 

Pourquoi regarder Dérapages ?

 

Dérapages : une tragédie humaine

Six épisodes de 52 minutes tous captivants ! La qualité de l’écriture ne faiblit pas un instant et le scénario est parfaitement mené. La réalisation de Ziad Doueiri est soignée et capture l’essence de la colère de cet homme. En plus, le chômage est un sujet pas évident car on peut tomber rapidement dans le mélodrame. Je n’ai pas lu le livre de Pierre Lemaître mais j’imagine que l’auteur est le mieux placé pour adapter son roman en série. En tout cas, la série que j’ai vu est brillante.

Eric Cantona (Alain Delambre) © Stephanie Branchu

Même si je ne parviens pas à savoir si j’apprécie ou non Alain Delambre (ce qui est assez génial de se retrouver dans ce genre de situation) avec Dérapages, le téléspectateur passe par un tas d’émotions. Tout d’abord, vis-à-vis du jeu auquel Alain Delambre a accepté de jouer celui d’une fausse prise d’otages afin de distinguer quel cadre d’Exxya serait le plus à même de mener la campagne de licenciements sur le site de l’entreprise à Beauvais. Ce jeu de rôle est complétement insensé. Accepter de participer à ce jeu en dit long sur la morale d’une personne mais aussi bien les individus qui mettent en place le jeu de rôle que ceux qui acceptent de participer dans le but d’obtenir un emploi. En plus, Alain Delambre il va s’impliquer à fond et se préparer comme jamais. Ce jeu de rôle absurde est là pour montrer à quel point un homme désespéré est prêt pour sortir d’une situation oppressante. Une situation poussée à l’extrême mais à laquelle il fallait penser. Puis, il y a ce moment où Alain Delambre se rend compte qu’il n’est qu’un faire valoir pour ses recruteurs et là, j’étais mal à l’aise par rapport à mon héros. Jouer avec le chômage et la misère des gens, c’est dérangeant. Mais quand le téléspectateur se sent gêné, a de la compassion pour Alain Delambre, alors, sa colère monte d’un cran.

Ce qui est fascinant dans cette série, c’est vraiment cette colère qui rend aveugle Alain Delambre prêt à tout pour mener son combat quitte à détruire sa vie et sa famille. À la fin, c’est à se demander si cette colère n’a pas détruit l’homme qui l’a porté en soi. Les rares moments où l’on peut imaginer une fin heureuse, Alain Delambre montre une autre part sombre de son être. C’est un homme intelligent et surtout manipulateur. La pire des trahison est selon moi ce qu’il a fait à sa fille Lucie. Elle qui a défendu son père avec brio lors d’une plaidoirie remarquable sur ce pacte social rompu entre son père et la société. Dérapages est une véritable tragédie humaine saisissante à voir et qui pousse à la réflexion.

 

Ma note :

 

Dérapages disponible sur Arte, la chaîne et le site Internet Arte.tv

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