Lubie en Série

EN THÉRAPIE avec l’équipe de la série !

Le saviez-vous, la France faisait partie des rares pays à ne pas avoir succombé à l’adaptation de Be Tipul, la série israélienne, dont est tirée EN THÉRAPIE, la série d’Arte ! Pourtant, Be Tipul connaît déjà 16 adaptations de pays différents dont la très connue américaine In Treatment. D’ailleurs, nos amis américains travaillent actuellement sur le reboot de cette dernière ! Cette erreur est à présent réparé avec l’arrivée de 35 épisodes de 26 minutes de la série En Thérapie disponible sur arte.tv ou bien en primetime sur Arte.

C’est le célèbre duo de réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache qui initie le projet. Étonnant ! Eux que l’on connaît bien au cinéma pour des films plutôt comiques comme Intouchables, Nos Jours Heureux, Le Sens de La Fête ou bien Hors Normes. Le duo se lance dans la série et s’attaque à une adaptation compliquée qu’est celle de Be Tipul. Il faut réussir à faire vivre des personnages et les rendre intéressant durant une séance de psychanalyse. Tout repose sur le dialogue et le jeu d’acteurs et l’action est quasi nulle. Mais pour réussir ce pari fou (et avec jeu de mots), ils ont été aidés de brillants scénaristes en chef David Elkaïm & Vincent Poymiro (Ainsi Soient-ils) accompagnés de scénaristes collaborateurs Pauline Guéna, Alexandre Manneville & Nacim Mehtar (sachant qu’Olivier Nakache et Eric Toledano ont également écrits).

 

Frédéric Pierrot © arte

Il faut savoir que la série débute juste après les attentats du Bataclan. On est à Paris à l’automne 2015. Philippe Dayan (Frédéric Pierrot) reçoit chaque semaine dans son cabinet à deux pas de la place de la République, une chirurgienne en plein désarroi amoureux (Mélanie Thierry), un couple en crise (Clémence Poésy et Pio Marmaï), une ado aux tendances suicidaires (Céleste Brunnquell) et un agent de la BRI traumatisé par son intervention au Bataclan (Reda Kateb). A l’écoute de ces vies bouleversées, le séisme émotionnel qui se déclenche en lui est sans précédent. Pour tenter d’y échapper, il renoue avec son ancienne analyste, Esther (Carole Bouquet), avec qui il avait coupé les ponts depuis près de 12 ans.

Pour discuter de la série, j’ai eu la chance de faire une thérapie de groupe en zoom avec plusieurs journalistes autour de l’équipe de la série dont Olivier Nakache et Eric Toledano mais aussi avec Frédéric Pierrot, Carole Bouquet, Pio Marmaï et Reda Kateb. Voici un condensé de nos échanges.

 

 

Quand la première série du duo Nakache-Toledano est une série profondément dramatique

J’ai eu la chance de poser la question qui me taraudait, pourquoi ces réalisateurs ultra connus pour de la comédie ont-ils trouvé plus pertinent de se lancer dans le genre du drame pour leur toute première série. C’est Olivier Nakache qui me répond.

Vous, nous avez habitués à des comédies au cinéma, pourquoi avoir choisi le registre du drame pour vous lancer dans votre première série ?

Olivier Nakache : “Il nous fallait quelque chose de différent pour passer du côté de la série et dans cette série, il y a tout différent au cinéma. On passe son temps à imaginer des décors, du mouvement, d’essayer de ne pas trop dire, mais de montrer. Là, c’est l’inverse. Il faut dire sans montrer que c’est ça qui nous. C’est ça qui me passionnait. Ça représentait un vrai défi dans ce temps long que représentent les épisodes. C’est vrai que pour nous, comme tout, on avait peur et c’est bien trop d’avoir peur. C’est un peu un saut dans le vide, mais on s’est dit on a besoin de ça pour avancer au stade où on en est. On avait besoin d’un challenge, d’un défi. Et de poursuivre comme ça notre amour du collectif, c’est un mot qui revient beaucoup avec cette bande de réalisateurs, cette bande d’acteurs. Donc oui, à la fois. Ça nous faisait peur et ça faisait partie d’une motivation”.

 

Focus les personnages EN THÉRAPIE

Le psy

Si vous demandez quelle folie a poussé le comédien Frédéric Pierrot à accepter de jouer le personnage principal, le thérapeute, dans la série, l’acteur répond :

Frédéric Pierrot : “Immédiatement, c’est que c’est un travail qui est proposé sur la parole, le langage. La simplicité de la présence physique. Est ce que ça se réduit à ça? Il y a un rien d’autre, il n’y a pas d’action, il n’y a pas d’action au sens où on l’entend au cinéma ou dans les séries, donc ça, c’est le défi majeur. La parole, le langage, la vérité, le mensonge. Qu’est ce qui se cache derrière tout ça? C’est le mystère de nos lignes”.

 

L’autre psy

Carole Bouquet joue Esther, une consoeur de Philippe Dayan à qui il va demander un avis car vous le comprendrez dans la série, un psy doit aussi consulter quand c’est nécessaire. Carole Bouquet nous expliquer la force de la série et les différentes approches de psychanalyse entre son personnage et celui interprété par Frédéric Pierrot.

Carole Bouquet : “Ça résonne en ce moment tellement pour moi, la présence, il n’y a pas que la parole. Il y a physiquement la présence de l’un et de l’autre. Ce qui se passe ailleurs, entre Frédéric et moi, entre deux formes de psychanalyse, de discussions vraiment extrêmement pointues. Mais en même temps totalement compréhensible pour qui que ce soit qui veut regarder la série. C’est lui qui ne peut pas travailler sans empathie, qui ne peut pas travailler sans se mettre à la place de qui ne peut pas ne pas voir le monde autour, lui  qui interfère et qui a des sentiments pour avec qui il parle. Et moi qui suis une position beaucoup plus dure et beaucoup plus de psychanalyse ancienne”.

 

Le policier

Reda Kateb joue un des patients de Philippe Dayan, le deuxième que l’on voit. Il interprète Adel Chibane, un policier bouleversé par ce qu’il a vécu à l’intérieur du Bataclan ce 13 novembre 2015. L’acteur parle du pourquoi il a accepté le rôle.

Reda Kateb : “Quand Eric et Olivier m’ont fait lire les épisodes concernant mon personnage. J’ai tout de suite vraiment accroché énormément avec la qualité de l’écriture, la justesse avec laquelle les choses étaient décrites. J’aimais beaucoup la série In Treatment, la série américaine que j’avais suivi. Je n’avais pas vu la version israélienne, mais je trouvais le concept vraiment super. Et quand j’ai lu ce personnage, c’est difficile à expliquer. Mais j’ai totalement pris la mesure de la gageure que ça pouvait représenter c’est-à-dire c’est vraiment un travail qui repose sur le texte, sur les acteurs que ce face à face entre le psy et les patients. A la fois, c’est un vrai Challenge pour soutenir cette chose sur tous les épisodes et en même temps, ça peut donner beaucoup de liberté paradoxalement aux acteurs. Je savais que c’était Frédéric Pierrot que j’avais en face de moi. J’avais très envie de jouer avec lui aussi. Et puis voilà, ce personnage représente finalement un traumatisme collectif. A travers lui, je pense qu’on peut tous s’identifier à cette période des attentats de novembre 2015 et a finalement l’onde de choc qui s’est propagée dans les temps qui ont suivi. Peut être même se propage encore dans notre société aujourd’hui”.

 

Le couple

Clémence Poésy : “C’est un couple qui vient d’ailleurs Au départ un peu ponctuel pour régler une question. Et puis, évidemment, ça soulève beaucoup d’autres choses. Donc voilà, tout commence. Une autre phase de leur vie de couple et de leurs recherches personnelles ou pas, sur eux”.

Pio Marmaï : “Ce qui m’avait, ce qui m’a plu aussi dans l’idée de faire ce travail ensemble, c’est que justement qu’on était à 3 voies. Ça changeait un petit peu. Le rapport, je dirais d’un face à face classique qui n’en était plus, qui était plus visible dans les autres épisodes. Il y avait un rythmique à trouver qui était peut être pas la même que dans les autres épisodes. J’avais envie de ça. J’ai envie de m’amuser aussi. Et c’est peut être un peu terrifiant. Faut quand même se dire ! C’est pas plus mal d’avoir peut être une journée et demie par épisode, parce que c’est vrai que ce n’était pas forcément facile. Moi, j’ai l’habitude de conduire les 35 tonnes et de me mettre sur la tronche toute la journée dans les films. Plutôt facile. Et là, c’est vrai que se retrouver assis, c’est pas forcément facile pour moi tous les jours, car je suis une sorte de pile musculaire explosive. Donc c’est vrai que ça fait aussi du bien de pouvoir explorer unenouvelle facette, figurez vous, de mon rapport au travail. C’est vrai que je plaisante, mais c’est vrai. ça reste quelque chose d’assez assez singulier et je me suis dit avant démarré ‘Oh putain,c’est pas facetoche’!  Et finalement, j’ai pris du plaisir à le faire. C’est vrai que je savais qu’il y avait un truc d’alchimie qui fonctionnait bien à tous les trois dans cette petite pièce de 25 mètres carrés où nous étions une soixantaine. Donc, c’est vrai qu’il y avait quand même à l’intérieur de ça avec ça. Ça respirait quand même”.

 

Avis En Thérapie

Même si je n’ai pas totalement fini ma thérapie sur arte.tv, j’avance bien et je continue ce qui est bon signe n’est-ce pas ? 😊 Cette série est profondément touchante, bien écrite et bien jouée. Les deux premiers épisodes ne peuvent pas vous laisser de marbre. Le traitement du sujet des attentats du Bataclan est fait avec finesse. Cependant, il y a tout de même quelques longueurs  sur des épisodes 26 minutes chacun. En fait, on a un peu le sentiment que la patient traîne trop sur sa problématique et on décroche légèrement. Ce sentiment s’accentue davantage sur certains épisodes. Disons que parfois le pouvoir de la discussion ne parvient pas à captiver tout du long.

À part ce petit détail, Olivier Nakache et Eric Toledano ont bien fait de se lancer dans la série accompagnés avec une excellente équipe de scénaristes. Le duo de réalisateurs signe un nouveau succès en puissance car en 4 jours de mise en ligne sur arte.tv, la série a déjà comptabilisé 3.2 millions de vues ! Le duo a bien fait de se lancer dans la série et surtout avec le timing parfait du Coronavirus où malheureusement le cinéma est au ralenti et heureusement la série pulse un max.

 

Ma note :

 

En Thérapie à voir sur Arte

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