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FAITES DES GOSSES : interview des pères de la série !

Après Fais Pas Ci, Fais Pas Ça, France 2 revient avec une comédie familiale en prime time intitulée Faites des Gosses. L’objectif n’est pas de vous décourager de faire des enfants mais c’est un aperçu authentique de ce que c’est la vie avec des gosses. À travers l’amitié d’un trio d’enfants, des familles vont être amenées à se côtoyer au quotidien. Comme dit Jonathan Lambert “C’est vrai qu’on n’a pas un pitch de fou” mais “on parie sur une chronique”. C’est un peu ça, l’esprit Faites des Gosses. Pour vous faire découvrir la série, j’ai interviewé trois comédiens de la série : Jonathan Lambert, Philippe Lefebvre (acteur et réalisateur) et Maurice Cheng lors du Festival de la Fiction TV de La Rochelle.

 

Faites des Gosses v.s Fais Pas Ci, Fais Pas Ça

Quand vous verrez le premier épisode de Faites des Gosses vous ne pourrez pas vous empêcher de penser à Fais Pas Ci, Fais Pas Ça. Qui peut vous en vouloir quand il s’agit d’une série produite par la même boîte de production Elephant Story, diffusée sur la même chaîne France 2, du même genre celui familial et avec de nombreux acteurs de cette série qui ont joué dans Fais Pas Ci, Fais Pas Ça. La comparaison est évidente mais les acteurs assurent que ce n’est pas la même chose !

Philippe Lefebvre, acteur qui joue Alexandre et aussi réalisateur de la série dit  : “Le traitement est différent. On est plus dans la dramédie. On ne cherche pas toujours à faire rire dans Faites Des Gosses. il y a des moments de comédie mais on traite des moments très adultes de manière sincère et sérieuse. Si la comédie arrive c’est toujours au détour d’une situation dramatique”. Jonathan Lambert qui joue le rôle de Clément, père ultra communicant, pousse l’analyse et va même comparer Faites des Gosses à une série américaine : “C’est une chronique. On a trois familles plus ou moins recomposées. Il y en a qui ont des origines socio-culturelles différentes. Bon comme ça ce n’est pas très aguichant pour être honnête. C’est comme This Is Us. Tout d’un coup, on va s’accrocher à ces personnages, on va suivre leur truc et c’est la vie”.

En fait, l’histoire de Faites des Gosses, elle est portée par les enfants qui sont la clef de voûte de la série. Grâce à l’amitié qui lie Anouk, Brune et Jean-Paul, les parents de ces enfants se côtoient quotidiennement et deviennent amis. Maurice Cheng ajoute : “C’est grâce aux amitiés des enfants que l’on a rencontré d’autres familles. L’école c’est un point d’ancrage, un trait d’union, là où peut naître la solidarité”. Peut-être une petite différence avec Fais Pas Ci, Fais Pas Ça ? :p

Jonathan Lambert m’a expliqué ce qui l’a attiré dans cette série qu’il estime à part en quelque sorte et il vous garantie que vous allez vous attacher à celle-ci : “il y a quelque chose de très fort à la lecture qui va se révéler au fur et à mesure de la saison parce qu’il y a 6 épisodes, c’est qu’on est vraiment dans une série chorale. Le premier épisode pose un peu tout le monde en filigrane et ensuite, alors moi je suis quasi inexistant dans le deux et le trois et on fait un focus plus ou moins sur un ou deux personnages. C’est très intéressant car il y a une identification pour tout le monde, une empathie et en même temps sur des personnages très différents mais qui se croisent parce que le dénominateur commun, c’est les enfants et c’est quelque chose que l’on peut vivre. En l’occurrence, il y a une résonance pour moi parce que j’ai des enfants. La quarantaine, c’est quoi, c’est un moment assez charnière. On est responsable de ses enfants mais aussi de ses parents. C’est parfois le moment où les couples périclitent où on s’engueule. C’est le dernier moment pour réaliser les fantasmes. Je trouve qu’elles ont réussi un truc formidable Diane Calvier et Samantha Mazeras, c’est de faire cohabiter tous ces personnages de manière chorale avec un certaine équilibre et surtout avec une vraie actualité ce que je reproche parfois aux séries télé qui s’emparent de sujets de société. Là ce que j’ai trouvé intéressant, c’est qu’il y a une authenticité dans leurs problématiques, leurs parcours”.

© FTV / Elephant Story

 

Une histoire d’amitié avant tout !

Faites des Gosses, c’est visiblement plus qu’une série pour les comédiens de la série, c’est une réunion de potes. Ils se connaissent tous dans cette bande. Jonathan Lambert dit : “C’est même plus du boulot parce quand on travaille qu’avec des potes Philippe Lefebvre, Fred Testot, Constance Dollé, j’étais au conservatoire avec elle. On se connaissait tout déjà plus ou moins”. En plus, pour le réalisateur, ça lui facilite le travail, c’est ce qu’explique Philippe Lefebvre : “Je connais tout ce casting. J’ai déjà travaillé avec tous. Donc, j’ai crée une famille à l’intérieur du film pour m’aider. En fait quand un metteur en scène fait un casting, il fait un casting pour qu’on l’aide à faire le meilleur film possible”.

Maurice Cheng lui aussi connaît Philippe Lefebvre et il a joué dans Fais Pas Ci, Fais Pas Ça. Il rappelle l’importance de créer des liens dans ce milieu et de la diversité : “C’est le réalisateur Philippe avec qui j’ai travaillé pour la même production qui produisait Fais Pas Ci, Fais Pas Ca, il y a trois ans et demi. Elephant Story m’a appelé pour me dire qu’ils ont une nouvelle série et qu’ils aimeraient que je passe un casting. Je suis venu car rares sont des occasions pour les personnes d’origine asiatique, n’est-ce pas ?Il y a aussi Samantha Mazeras et Diane Clavier qui sont les scénaristes de la série avec qui j’ai eu l’occasion de travailler avec elles, il y a quelques années. Je pense que ces rencontres traduisent une certaine réalité de la diversité dans la société française qui m’ont offert cette opportunité. Après, je ne suis pas l’unique comédien chinois. Le casting a été réussi. Je suis vraiment très heureux de travailler dessus”.

Puis, il y a un réalisateur qui connaît bien la maison ! Philippe Lefebvre qui a accepté deux casquettes pour Faites des Gosses. En fait, il a été pressenti en réalisateur, puis les producteurs l’ont incité à coup de “pourquoi tu ne le fais pas toi”? Alors, Philippe Lefebvre s’est laissé séduire : “Puis, un moment j’ai dit puisque vous en avez envie et puisque moi j’en ai envie alors faisons-le. ça allait compliqué les choses. Mais, en fait, ça m’a simplifié la vie. Il y avait un acteur en moins à qui je devais expliquer les choses”. De plus, il y a un autre avantage qu’il confie : “J’ai une vision d’ensemble ce qui est finalement beaucoup plus confortable d’avoir une vision d’ensemble. Lorsqu’on arrive en tant qu’acteur, on doit se glisser dans un univers, l’univers de quelqu’un et d’essayer de répondre à ses attentes. Moi, je les connaissais les attentes. Je voulais que ce soit une série familiale, fluide, qui est des interactions entre toutes les familles, qu’il y ait des résonances entre les familles dans ma mise en scène et dans mon jeu”.

Maurice Cheng (Chang), Linh-Dan Pham (Meï), Fred Testot (Serge), Jonathan Lambert (Clément), Amelle Chahbi (Anissa), Philippe Lefebvre (Alexandre), Constance Dolle (Odile)
© FTV

 

Les pères de Faites des Gosses

Clément, Alexandre et Chang sont troos pères très différents. Le premier est dans l’ultra communication. Clément est le père d’Anouk et il est en parfaite accord avec son ex Anissa à tel point qu’il empiète un peu dans le c nouveau couple qu’elle forme avec Serge, interprété par Fred Testot. Quant à Alexandre, il est père de trois enfants : Armand, Brune et Matthieu et il est marié à Odile, interprétée par Constance Dollé. Couple heureux, Alexandre se fait quand même un peu marché sur les pieds. D’ailleurs, son fils Armand lui fera remarquer en le traitant de “canard”, une scène hilarante sur un banc entre le père et le fils dans l’épisode 1. Philippe Lefebvre se reconnaît dans ce personnage mais aussi les autres car il dit : “Je me reconnais dans chacun des personnages dans cette difficulté d’être un mec qui assure au boulot, un mec qui assure à la maison, un mec qui assure dans l’éducation”. Enfin, Chang est père très droit et très respectueux des règles. Il est le père de Jean-Paul et il est marié à Mei. Mais, leur couple s’effrite quand ils sont menacés d’expulsion, de perdre le bar de Mei, L’Arquebuse, et qu’une aide intéressée vient à leur secours. Maurice Cheng parle d’un personnage plein de contradictions : “ce qui est intéressant dans ce personnage c’est le décalage entre ses espérances, ses planifications et sa réalité. Il est toujours en décalage. C’est universel. Concrètement, il croit bien connaître la France puisqu’il était professeur de français en Chine mais ce n’est pas le cas. Parfois, c’est source de drame et parfois source de comédie avec ce décalage”.

 

Honnêtement étant une très grande fan de Fais Pas Ci, Fais Pas Ça, Faites des Gosses m’a évidemment fait penser à elle et la comparaison était inévitable. Il y a un style qui est le même et que j’appellerai le style Elephant Story. Il s’applique aux séries familiales de cette boîte de production. Par exemple, on le retrouve dans Le Grand Bazar produit par eux pour M6. Mais, moi j’aime ce style et je l’encourage car il nous raconte des histoires de vie avec une justesse rare. Même si les Lepic et les Bouley me manquent, ces nouvelles familles font largement l’affaire et on a plaisir à les suivre dans leurs aventures. Les 6 épisodes sont bien écrits et bien rythmés. Faites des Gosses a un vrai potentiel et comme le dit très justement Jonathan Lambert, le pitch n’est pas fou, c’est un pari et c’est par la force des personnages que le téléspectateur sera cueilli. Ce fut mon cas et j’espère que ça sera le vôtre.

 

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