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GANGS OF LONDON : comment on produit une série de gangster ?

Derrière la série britannique GANGS OF LONDON, il y a un français ! Le producteur, Thomas Benski, qui est à la tête de la société de production Pulse Films. Gangs of London, c’est sa première série longue, la première de son réalisateur et auteur Gareth Evans (connu pour le film Raid et sa passion pour les arts martiaux indonésiens) et c’est un véritable succès sur la chaîne Sky au Royaume-Uni. Chez nous, la série de gangster est diffusée sur Starzplay. J’ai eu la chance d’interviewer le producteur Thomas Benski pour en savoir plus sur le succès de Gangs of London et vous donner envie de voir cette série coup de poing ! Une interview charmante avec un peu de franglais conservé pour le fun.

 

La genèse de la série

Comment est née la série Gangs of London ? Comment Gareth Evans est arrivé sur le projet ?

Thomas Benski : “Je suis tombé amoureux du titre Gangs of London donc j’ai acheté le jeu vidéo qui n’a pas vraiment avoir avec le show. C’est quelque chose qui m’a un peu inspiré d’essayer de déjouer les intentions sur qu’est-ce que le genre gangster au Royaume-Uni. Donc, on a acheté le jeu vidéo et on voulait chercher un auteur qui puisse ramener quelque chose de très différent. On voulait depuis le début faire quelque chose qui ait une ambition forte. Quelque chose qui puisse amener à l’écran quelque chose que l’on n’a pas vu avant. On était grand fan de Gareth et on s’était rencontré à Sundance car il avait son film pendant que nous, on avait un film-là. On est allé le voir et tout de suite, il a vu la possibilité. Il nous a montré sa vision et c’est quelque chose qui nous a excité depuis le début. On était tellement fan de son travail et c’était vraiment le type d’auteur avec qui on voulait s’associer. Le travail de Gareth s’inspire beaucoup plus du travail asiatique. Du cinéma coréen, du cinéma de Hong-Kong et le travail qu’il a fait en Indonésie. Dès le début, c’est ce qui a fait tilt pour tout le monde parce que trop souvent les références de ce type de projet sont souvent américaines c’est-à-dire en Europe, on essaie de faire un peu la version de Michael Mann ou Martin Scorsese, sur ces trucs-là et ce n’est vraiment pas ce que l’on avait envie de faire. On est super fan du travail bien sûr, mais je pense qu’il y avait une opportunité de faire quelque chose d’un peu plus fresh et de vraiment chercher un monde un peu original. Quand Gareth s’est intéressé au projet, c’était super excitant et une évidence pour nous de travailler avec lui. Il a vraiment ramener la vision que l’on voit à l’écran. C’est lui qui a ramené cette intention artistique”.

 

Gangs of London a eu un véritable succès en Angleterre et maintenant la série arrive sur Starzplay en France. Qu’est-ce qui a séduit le public, selon vous ?

Thomas Benski : “Je pense que c’est ce truc très ambitieux, très poussé. C’est vraiment quelque chose qui n’est pas timide et je pense que c’est un peu la réalité du monde dans lequel on est. Les gens ont envie de voir des choses fortes, des choses engagées et des choses très bien exécutées. C’est que l’on a réussi à faire. C’était l’ambition de Gangs of London d’avoir un côté prestige avec des acteurs fantastiques. On espère une écriture forte et un monde beaucoup plus ludique du genre et de l’action. Réussir à avoir un monde qui a un peu des deux et c’est quelque chose qui passe vite, c’est un rush d’adrénaline mais en-dessous il y a quand même de la substance. Et le côté moderne. Ce n’est pas le types de personnage et d’histoire que l’on voit, tous les jours mais c’est un peu la réalité du monde dans laquelle on est maintenant. On n’a pas eu peur d’être très ethnique dans la façon dont on a écrit le show. Cela nous a donné un côté un peu fresh que beaucoup d’autres shows anglais n’ont peut-être pas. Cette ambition de réussir à exporter le show et rencontrer des publics à travers le monde qui découvre un Londres qu’ils ne connaissaient pas. Ce qui s’exporte en Angleterre, ce n’est peut-être pas ce côté-là”.

© Sky / Pulse Films

 

L’atmosphère Gangs Of London ?

La série est souvent comparée à un Peaky Blinders des temps modernes, ce qui est flatteur comme comparaison. Que pensez-vous de cette comparaison ?

Thomas Benski : “Moi j’aime beaucoup le show. C’est une référence qui est venue plutôt après que ça soit fait, on a jamais intentionnellement été  stratégique là-dessus. Aucune des décisions qu’on a fait de casting était stratégique. On a vraiment essayé d’aller chercher des acteurs de grande qualité et les mettre dans un type de projet où on ne voit pas ce type d’acteur. Joe Cole, Lucian Msmati, Michelle Fairley, c’est des gens qui travaillent sur des projets très prestigieux pas nécessairement des projets d’action ou de genre”.

Pour info, le héros Sean Wallace est interprété par Joe Cole connue pour son rôle de John Shelby dans Peaky Blinders.

 

Gangs Of London est une série très violente peut-être pas le genre de série à recommander à tout public. Pourquoi tant de violence ?

Thomas Benski : “Bien sûr, on était conscient que c’est très graphique et très violent. Mais, on a essayé de créer un monde à nous, c’est-à-dire, que Londres, ce n’est pas Londres, c’est une version gothamisée. C’est un peu plus proche de Gotham que de la réalité. On n’essayait pas de faire ça gratuitement. On est dans un univers de genre, de la télé de genre. Donc, c’était important de pouvoir poussé le côté graphique et esthétique. On a essayé de faire ça avec du flair. Parfois, les scènes qui sont très violentes, c’est plus de la danse que quelque chose de frontal et un peu plus grotesque. Bien sûr, ce n’est pas pour tout le monde. Mais, on a vu un public très varié que ce soit des gens plus âgés, des gens en famille avec des enfants plus âgés, ils ont regardé ça ensemble. Je pense que les gens ont compris la raison de la violence du côté graphique. On n’essaie pas d’être gratuit mais que ce soit quelque chose dans le personnage. La première scène avec Joe Cole, c’est très graphique mais c’est la réaction extrême bien sûr de quelqu’un qui perd son père et la rage que l’on peut avoir. Ce qu’on fait ici, on visualise ça de façon plus manifeste alors qu’en réalité, on est beaucoup plus réservé. On essayait de partir de vraies émotions que de le faire de façon gratuite et réussir à pousser. Être dans un monde où on n’a pas peur de faire ça”.

 

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Gangs of London à voir sur Starzplay

 

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