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Hatufim – saison 2 “Á la quête d’une nouvelle identité” ?

Hatufim est la série israélienne dont est inspirée la série américaine Homeland. Même s’il y a quelques similitudes au départ entre les deux séries, le traitement des survivants de retour au pays est totalement différent entre autre à cause de la culture. En Israël, on se méfie de ceux qui ont trop long fréquenté l’ennemi alors qu’aux États-Unis, il devient rapidement le héros du pays.

Hatufim propose une vision non héroïque voire pessimiste du retour de Uri et Nimrod mais bien plus intéressante que celui de l’agent Brody. La saison 1 de Hatufim était très réussie : les deux survivants doivent se réintroduire dans une société qui a évolué sans eux et ils luttent avec leur passé traumatisant. Puis, il y a aussi le sort de Yaël, la sœur du soldat mort Amiel qui doit accepter le décès de ce dernier. La série est pleine de surprise et la fin de la saison 1 en réserve une de taille ! Amiel est en vie !

La saison 2 : rencontre avec l’ennemi ?

La saison 2 répond à la question : qu’est devenu Amiel ? Le personnage est devenu Youssef et il est totalement intégré en Syrie, son nouveau lieu de vie. Le changement d’identité est extrêmement bien traité avec une question en suspens peut-on oublier son passé ? Même si on fait tout pour vous le faire oublier en passant par des stratagèmes de torture. Amiel est un être humain perdu et qui a perdu beaucoup. Il en est touchant et bouleversant. Difficile de le suivre car le téléspectateur n’en sait pas plus sur lui ce qui rend son retournement final encore plus extraordinaire.

Partagé entre deux camps qui sont pires ennemis, Amiel essaie de s’adapter. Son pays lui manque mais il a également fondé une famille de l’autre côté de la barrière en Syrie. Ismaël, le fils de Jamal son mentor (et bourreau) décédé pour qui il a une affection éternelle (syndrome de Stockholm) et il est également tombé amoureux de la fille du cheik (chef de l’organisation terroriste), Leila avec qui il forme un couple touchant et soudé. Dans les deux cas, Amiel perd quelque chose : sa famille passée ou sa famille d’aujourd’hui. Quand Amiel révèle à Leila la vérité, son désir de revenir au pays, cela donne lieu à une scène ralentie de toute beauté montrant le tourment d’un homme désemparé.

Pourtant, Amiel a joué le jeu jusqu’au bout ne laissant peu transparaître ses attentions. La saison 2 introduit le camp syrien avec des nouveaux personnages inquiétants comme Abadallah, terroriste sanguinaire ou le cheik qui sous ses airs de sagesse se trouve à la tête d’une organisation terroriste. Mais, il y a aussi l’émouvante Leila dévouée à son mari et qui contraste avec les personnages masculins plus empreint à faire la guerre. Amiel n’aura de cesse de prouver sa loyauté à l’organisation et à justifier son statut de fidèle descendant de Jamal. Il est d’ailleurs très convaincant dans ce rôle. Une lutte permanente rendant ce personnage d’autant plus complexe. Malgré un retour au pays tant espéré, il ne sait plus qui il est…

Pendant ce temps, de l’autre côté de la frontière…

Les femmes en plein action !

De l’autre côté en Israël, Nimrod et Uri commencent une nouvelle vie. Le premier s’éloigne de Talia, celle qui l’a attendue pendant 17 longues années. Même si le tourment que traverse Nimrod est réel, c’est Talia qui captive l’attention. Elle a abandonné sa vie de femme et s’est engagée pour un homme qui n’est plus le même. Son sacrifice paraît terrible mais est-il préférable à celui de Nurit ? Pas de meilleure solution, pas de comportement plus exemplaire.


Nurit vit désormais avec Uri, laissant son fils et le frère d’Uri, Yaki, derrière elle mais au final, elle revient avec son premier amour ce qui peut arriver. La jeune femme joue un rôle plus actif car elle participe à une mission d’espionnage en Syrie même si la peur est présente, d’ailleurs, la réalisation y est pour beaucoup. La scène de tourbillons dans l’ascenseur transmets parfaitement l’angoisse du personnage en territoire ennemi. Nurit accepte aussi ce défi pour prouver à Uri qu’elle aussi s’est battue pour son retour mais son combat apparaît moins glorieux que celui de Talia et qu’il a sûrement été sali par son histoire avec Yaki. Deux femmes ayant une place de choix dans la série même si cette saison s’intéresse moins à l’attendrissante Yaël. Le peu de scènes avec la jeune femme sont touchantes car sa douleur se lit sur son visage.

Opération Judas : sauvetage en vue !

Nimrod et Uri apprennent qu’Amiel est en vie et ils font tout pour participer à l’opération Judas en vue de le libérer. Un nouveau souffle pour les deux ex-otages toujours en marge dans la société. Cette mission commando est l’occasion de comprendre l’ensemble de la stratégie derrière l’enlèvement des trois soldats. Tout n’est pas du hasard complet et saluons le génie de Gideon Raff, créateur de la série, qui a créé tout un cheminement de réflexion époustouflant et très prenant car il est quasi impossible de ne pas enchaîner les épisodes.

Un nouveau personnage Yinon est introduit et il charme Yaël lui redonnant un peu le sourire. Même si Yinon a vécu une tragédie plus jeune, il est moins attachant que nos trois soldats. Cependant, l’homme agit en héros en sauvant Amiel même s’il y a des longueurs qui paraissent un peu surréalistes. Mais, de manière générale Hatufim ne manque de réalisme alors on dira que c’est pour servir la fiction. Le suspens est au rendez-vous lors de la libération d’Amiel.

La saison 2 d’Hatufim est tout aussi réussie que la saison 1 se concentrant davantage sur le personnage Amiel mais explorant toujours les tourments de Nimrod et Uri et leur famille. Le tout porté par un pléiade d’acteurs excellents ! Hatufim est une série bouleversante à voir.

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