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How To Get Away With Murder saison 3 : justice pour l’enfant perdu

How To Get Away With Murder a toujours du punch mais j’ai trouvé cette saison 3 compliquée à suivre.

Dans How to Get Away With Murder, on a jamais le temps de s’ennuyer et tant mieux car c’est ce qui fait le charme de la série mais je me suis demandée si parfois, ça allait un peu trop vite à tel point que l’intrigue en devient confuse. C’est le jeu dans How To Get Away With Murder, l’affaire de meurtre n’est jamais simple et tous les moyens juridiques sont bons pour obtenir la vérité ou la dissimuler.

Cette saison 3 s’attaque à l’affect du téléspectateur car celui qui est assassiné n’est pas un sombre inconnu ou l’obscur époux de l’héroïne de la série. Non, c’est Wes Gibbins ! Ce charmant Wes. Sérieusement, qui n’aime pas Wes ? Ce personnage est génial et Alfred Enoch l’a rendu si attachant dans son interprétation (et pour l’avoir rencontré ma peine est encore plus grande). J’avoue si j’avais parié sur l’élimination d’un des membres du gang, j’aurais parié sur Laurel ou Asher même si ce dernier m’aurait aussi fait de la peine car il est super drôle et atta-chiant.

Après, si on y réfléchit, il y a une certaine logique dans le choix de Wes et la dernière scène de l’épisode 15 de la saison 3 l’explique. Cette scène magnifique avec une Viola Davis (qui n’a jamais autant mérité ses récompenses TV & ciné) qui pleure ce fils, celui qu’elle aurait dû avoir et qu’elle a vu en la personne de Wes. Elle fait un parallèle entre Wes et son fils mort-né en aucun cas, elle est la mère de Wes Gibbins dont les parents sont Rose Edmond et Charles Mahoney et non Wallace (père de Charles), celui que Wes aurait tué pensant que c’était son père.

Annalise : I mean, if I had just left him alone, he would’ve been fine, but I just I just wanted to I wanted to love him. I wanted to hold him tight. I wanted to keep him safe this boy, my student, who was really just a stranger to me. That’s a lie. He wasn’t just a stranger. He was, um. He felt like my son. He felt like my son because he was. He was my son.

Annalise : je veux dire, si je l’avais juste laisser tranquille, il aurait été bien, mais je voulais juste, je voulais l’aimer. Je voulais le tenir serrer contre moi. Je voulais le garder en sécurité, ce garçon, cet étudiant, qui était réellement un étranger pour moi. C’est un mensonge. Il n’était pas juste un étranger., il était, euh. Il était comme mon fils. Il était comme mon fils car il l’était. Il était mon fils.

Dès le départ, Annalise avait une relation particulière avec Wes. Il est le seul à avoir défié son autorité en premier étant prêt à la dénoncer contre une immunité juridique. Il est le seul à avoir  vu l’humaine en elle et ne pas l’avoir mise sur un piédestal. Annalise aimait cela. Elle est même allée en prison à cause de cette vulnérabilité. Un passage que j’ai trouvé étrange comme si on voulait mettre Viola Davis dans une situation difficile pour recréer l’émotion de la scène de la perruque dans l’épisode 4 saison 1.  Je ne sais pas pourquoi mais je l’ai ressentie ainsi. Comme si la série voulait puiser les ressources de la grande actrice qu’ils ont avec eux en la confrontant forcément dans des situations rudes. Cette incarcération brève ne m’a pas épatée, je ne l’ai pas trouvé véritablement justifiée sauf pour le côté spectacle.

Pas d’erreur de procédure mais une révélation décevante !

 

Comment échappez au crime ? On accuse le mort, celui qui ne peut rien dire, ne peut pas témoigner. Annalise a quand même décidé en échappatoire d’accuser Wes du meurtre de Sam et Rebecca. Cela arrange aussi bien les affaires de Connor, Frank et Annalise. En effet, son opposant le procureur Denver doit abandonner les poursuites contre elle. La mort de Wes, la tristesse d’Annalise et en même temps sa liberté ?

Mais ce n’est pas elle qui a tué Wes. Non, le complot est encore plus fourbe. Il s’agit de Dominic, homme de main du père de Laurel. Si, si, ce n’est pas une blague et vous ne l’avez pas vu venir ? Moi, je reconnais que je n’ai pas été assez vigilante. Quand je rembobine la saison et revient sur les faits, il y a une certaine logique. Laurel et Wes tombent amoureux subitement. Leur histoire d’amour est quand même très soudaine peut-être trop. Une impression de fabriqué pour que les morceaux se collent correctement. En plus, ce couple n’est pas crédible ce ne sont pas des opposés compatibles comme les adorables Asher et Michaela. Puis, le père de Laurel à qui on consacre subitement, l’épisode 3 de la saison 3. J’avais oublié que l’on avait déjà vu monsieur Castillo en saison 1, il faut dire que l’acteur a changé de tête donc forcément on risquait pas de se rappeler de lui. Donc pour justifier le meurtre de Wes, on nous montre son tueur (indirect car c’est Dominic qui exécute) dans un seul épisode de la saison en plus du dernier. Un peu léger ? Et le motif, Wes flirtait avec sa fille et ça ne lui plaisait tout simplement pas. Un peu radical comme solution pour récupérer sa fille ! Et How To Get Away With Murder nous a habitué à mieux, non ?

Alors, oui du point de vue su scénario, les éléments essentiels ont été donnés aux téléspectateurs : la romance entre Laurel et Wes aussi soudaine soit-elle et l’épisode consacré au père de Laurel. Mais c’est un peu mince, votre honneur ! Objection et surtout déception… Comme à son habitude Peter Nowalk (showrunner) et ses équipes ont su nous captiver sur l’ensemble de la saison 3 en nous enduisant en erreur avec une disparition de cadavre, un Wes qui réapparaît l’écran et un potentiel suspect le procureur Denver. Tout ça pour nous sortir du chapeau, un coupable à peine vu, pour un motif insignifiant. Là où la série a été intelligente c’est qu’elle a su nous tenir en haleine pendant 15 épisodes d’où une déception encore plus intense lors de la révélation. Heureusement, Viola Davis exerce sa magie pour effacer de nos esprits cette révélation foireuse et nous laisser cette scène mémorable où elle pleure enfin son fils, pour clôturer la saison 3.

Adieu Wes Gibbins !
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