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I MAY DESTROY YOU : le trauma qui change une vie !

I May Destroy You serie avis OCS

Récompensée d’un BAFTA de la meilleure actrice dans une comédie en 2016 pour sa série Chewing-Gum, Michaela Coel revient avec une deuxième série qu’elle a de nouveau écrite, réalisé (quelques épisodes, l’autre réalisateur est Sam Miller) et dans laquelle elle joue le rôle principal. Cette mini-série HBO s’intitule I MAY DESTROY YOU et compte 12 épisodes de 30 minutes à découvrir chez nous sur OCS. C’est l’histoire d’Arabella Essiuedu qui après le triomphe d’un de ses articles sur Internet se retrouve malgré avec le titre de « voix de sa génération ». Du jour au lendemain, elle se retrouve avec un agent, une commande de livre et une sacrée pression. Mais sa vie bascule lorsqu’elle se fait agresser sexuellement dans une boîte de nuit. Arabella est obligée de tout remettre en question : sa carrière, ses amis et même sa famille. Alors qu’Arabella peine à comprendre ce qui s’est passé, elle commence une introspection.

 

Pourquoi regarder I MAY DESTROY YOU ?

La fantastique Michaela Coel ! Si vous ne connaissez pas Michaela Coel et son univers, il est essentiel d’y remédier en regardant sa mini-série I May Destroy You. Si HBO lui fait confiance, c’est qu’elle a quelque chose d’unique, n’est-ce pas ? Cette jeune femme est tout simplement talentueuse dans ce qu’elle écrit, réalise et dans ce qu’elle joue. L’actrice porte sa série et son personnage est attachant. Un jeu naturel sans surjeu qui invite le téléspectateur à la suivre dans cette histoire effrayante. Michaela Coel est également aidée par de bons acteurs qui lui donnent la réplique.

Le cheminement de l’héroïne après un traumatisme. L’agression que subit Arabella, on l’imagine par des flashbacks. C’est confus. Est-ce que c’est quelque chose que le personnage a rêvé comme elle le pense au début. Cette agression est très suggérée mais elle est bien là. En fait, cette agression est racontée de façon subtile afin que le téléspectateur essaie de ressentir comme le personnage d’Arabella l’impact que cet événement a eu sur elle. La réalisation tente de capter cette sensation avec brio. L’introspection d’Arabella est particulière et décalée mais à la fois fascinante.

Entre humour et horreur ! Malgré le propos principal et les sujets annexes abordés qui ne sont pas évidents, Michaela Coel a tout de même glissé des notes d’humour dans cette mini-série. Alors, ce n’est pas de l’humour a se fendre la poire mais c’est le genre d’humour subtil. En fait, le type de situation où c’est tellement grotesque qu’on se dit qu’il vaut mieux en rire. Le personnage d’Arabella joue beaucoup avec cet humour à la limite de la décence parce que rappelons-le le sujet principal est atroce.

 

 

Michaela Coel © HBO

Le titre aguicheur I May Destroy You peut donner l’impression que Michaela Coel propose une mini-série sur la revanche sanglante d’une femme violée un soir en boîte de nuit. Non, c’est bien plus poétique et ingénieux que ça. C’est vraiment le cheminement d’une jeune femme qui remet en question son existence à partir de cet événement. C’est une mini-série qui met mal à l’aise et qui aborde le sujet épineux du consentement sexuel à travers plusieurs expériences de vie. En effet, si Arabella et son viol en boîte de nuit est le fil conducteur de la mini-série, il y d’autres expériences vécues par les autres protagonistes qui posent la question du consentement sexuel comme son ami Kwane et son expérience du viol traité différemment par la police ou Theo et son accusation du viol au lycée vu par certains dont Arabella comme un acte raciste. Mais, malheureusement la mini-série ne va pas au fond de ces autres problématiques vécues par les autres personnages. Si l’histoire d’Arabella trouve une forme de résolution, les autres sujets abordés sont traités à moitié ce qui est dommage car il y avait de vraies bonnes idées. En fait, en douze épisodes, Michaela Coel perd le fil parfois en proposant des épisodes digressions. Mais, ces épisodes qui peuvent aborder un sujet intéressant n’aboutissent pas et l’écho avec l’histoire principale est trop hasardeux. I May Destroy You est une mini-série très particulière qui ne fera sans doute pas l’unanimité. Personnellement, j’ai eu beaucoup de difficulté à me plonger dans l’histoire même si j’ai regardé attentivement les 12 épisodes de 30 minutes. En fait, dès le pilote on comprend qu’il y a un souci avec ce qu’a vécu Arabella mais on doute trop. Ce n’est qu’à partir du moment où elle entame la démarche d’aller voir la police que l’on comprend que cette histoire de viol est du sérieux. C’est très décousu comme histoire sûrement pour coller à un état psychique qui n’est pas forcément clair après un tel événement sauf que pour le téléspectateur ça peut être repoussant. Avec I May Destroy You, Michaela Coel signe une oeuvre singulière tout comme l’était Chewing-Gum en son temps. La jeune auteur confirme son statut de « voix d’une génération ».

 

Ma note :

 

I May Destroy You est à voir sur OCS

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