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Instant musical avec Max Richter pour The Leftovers

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Dans The Leftovers, la musique est quasi un personnage de la série. Elle est envoûtante et indispensable pour plonger dans ce monde si particulier imaginé par Damon Lindelof et Tom Perotta (auteur du livre Les Disparus de Mappleton). Derrière cette ambiance musicale, un compositeur Max Richter.

Grâce à OCS, lors de sa venue pour le festival Séries Mania saison 8, j’ai eu la chance de discuter musique avec lui. The Letfovers est la première série sur laquelle Max Richter a travaillé.

Le travail de la musique sur une série

Quelle est la principale différence entre produire la musique d’une série et d’un film ?

Max Richter : « La principale différence avec la télévision c’est que vous avez beaucoup plus de temps avec les personnages et c’est bien. Cela veut dire que vous n’avez pas à raconter toute l’histoire et partir. Prenons un personnage comme Kevin, j’ai dû faire plus d’une centaine de scènes de Kevin ou plus. Vous avez tellement de temps pour aller en profondeur et faire sortir les différents aspects de cette personne. Et c’est très satisfaisant ».

Le générique

Le générique est crucial pour une série : comment ça marche dans The Leftovers ? Vous avez les images en amont ou la musique vient en premier ? Ou on vous donne une idée ?

Max Richter : « J’ai des images statiques et on avait cette idée de la Chapelle Sixtine. Mais au-delà de ça, il n’y pas vraiment de brief. Mon idée de départ était cette idée de l’après un choc, après l’image. Comme quand vous fermez vos yeux et que vous voyez une lumière éclatante. Par conséquent, c’est un générique frappant comme si après le ravissement, vous avez cette sorte d’écho. C’était l’image que j’avais en tête ».

Qu’en est-il du générique de la saison 2 différent de celui de la saison 1 ?

Max Richter : « ça n’a rien à voir avec moi. Je trouve que cette musique est géniale. L’idée c’était d’évoquer le changement de lieu. Nous allons ailleurs et c’est un langage un peu différent ».

Cohérence musicale sur une saison

Comment faites-vous pour garder une cohérence dans la musique sur une saison complète ?

Max Richter : « Je dirai que la clef, c’est qu’il y a des éléments basiques de grammaire qui reviennent. Il y a le morceau du ravissement, le morceau d’orchestre et d’autres morceaux qui deviennent une partie de ce monde. On les utilise régulièrement suffisamment assez pour nous garder à l’intérieur du monde de The Leftovers. Puis, il y a d’autres éléments de musique qui viennent autour mais on revient toujours à la base ».

Comment cela se passe-t-il le travail de la musique sur la saison. Vous travaillez tous les épisodes d’une traite ou au fur et à mesure de la production ?

Max Richter : « On fait un épisode à la fois. Cela va juste du premier montage au dernier montage à la musique, on la crée et on passe à l’épisode suivant ».

Comment bien de temps cela vous prend de créer la musique d’un épisode ?

Max Richter : « Cela varie. Certains épisodes sont compliqués à faire prenant du temps en écriture et enregistrement et d’autres épisodes sont très minimes ».

Avez-vous en tête un de ces épisodes compliqués ?

Max Richter : « Je dirais que la saison était plus compliquée car on essaie de trouver notre monde. Donc, il y avait davantage ‘exploration à faire. Beaucoup d’énergie passée dans la découverte. Mais au fur et à mesure, nous connaissions bien ce monde de The Leftovers. On sait comment faire ».

La musique du ravissement

Le ravissement est la traduction française du mot « departure » en anglais.

Pouvez-vous nous parler de ce son spécifique au ravissement ?

Max Richter : « Le ravissement est d’une manière un morceau de musique simple et en même c’est tout en nuances ce qu’il produit. Ce morceau utilise un peu de musique du 18ème siècle appelé la basse d’Alberti et je l’ai combiné avec un langage harmonique qui oscille entre un mineur et un majeur, une sorte de son content/ triste, content/triste, content/triste. Je pense que cela marche sur nos émotions, c’est à la fois confortant et après ça devient triste. ça crée une sorte d’équilibre et il y a quelque chose percutant ».

La chansons dans la série

Max Richter m’explique qu’il travaille que sur la partie classique et n’a pas de décision à prendre sur les chansons entendues dans la série. Cependant, il m’a expliqué la fameuse scène du trampoline avec un musique pop/rap dans l’épisode 2 saison 2 avec Regina King et Carrie Coon.

Max Richter : « Les chansons sont principalement décidées par Damon Lindelof et Liza Richardson, la responsable de la musique parce qu’il tourne une scène pour la chanson. Par exemple, la scène du trampoline était tournée pour cette musique. Parfois, il y a des décisions prises par la suite dans lesquelles je suis impliqué. Mais, concrètement les décisions sur les sources de musique sont déjà prises. Je trouve que les chansons dans la série sont incroyables. Elles sont vraiment bonnes. Pour moi, c’est comme Noël, je me dis encore un titre incroyable ».

Ces chansons n’influencent pas votre travail par la suite ?

Max Richter : « Quand il y a une chanson, je dois savoir laquelle s’est et dans quel état d’esprit sont les gens. Bien sûr, vous devez prendre en compte cet aspect. Mais comme je le disais, ils prennent tout simplement de bonnes décisions ».

Taboo et autres séries en musique

Souhaitez-vous faire davantage de séries à l’avenir ?

Max Richter : « Je travaille sur des projets qui me semblent naturels pour moi. J’ai besoin d’être excité par ce projet que ce soit une série, un film, un ballet, un opéra ou un enregistrement. C’est mon test : suis-je excité réellement par ce projet ? Et avec The Leftovers, c’était évident toute de suite ».

Vous travaillez sur Taboo, une série anglaise : est-ce que le travail est différent ?

Max Richter : « C’est assez similaire du fait que la télévision a le même rythme avec les épisodes, vous en faites un, puis, vous passez au suivant. Taboo a une émotion différente, c’est lyrique. C’est un peu dingue, tout est dans les airs. C’est génial et j’apprécie d’en faire partie, c’est fun ».

Avez-vous d’autres projets en séries ?

Max Richter : « Oui, une autre série avec John Ridley appelée Guerilla. C’est une bonne série. Et l’autre projet que je fais un projet de cinéma, un film appelé Hostiles avec Scott Cooper. C’est vraiment fantastique ».

Lors de la projection au Grand Rex de The Leftoves saison 3 vous avez été chaleureusement applaudi par la salle, c’est le pouvoir de la musique ?

Max Richter : « C’est magnifique de savoir que votre travail est communicatif. La musique c’est du langage parlé et vous avez besoin de deux personnes dans une conversation. Si personne n’écoute c’est un monologue donc vous demandez pourquoi vous le faites. C’est bien de savoir que cela signifie quelque chose pour les gens et qu’ils y répondent ».

The Leftovers saison 3 sur OCS !

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