Lubie en Série

La Trêve : pause dans les Ardennes

Le saviez-vous, la Belgique fait de bonnes séries ? Qu’elles soient côté wallonne ou flamande à Séries Mania, j’ai découvert de bonnes séries de ce pays et La Trêve en fait partie. Après avoir vu les deux premiers épisodes au festival, je me suis penchée sur la suite de ces aventures dans les Ardennes et non sans plaisir.

L’histoire suit Yoann Peeters, qui ne travaille plus depuis la mort de sa femme, et qui décide de venir s’installer à Heiderfeld, le village de son enfance, avec sa fille Camille. Un poste s’est libéré à la police locale. Yoann y voit l’occasion de se mettre au vert et de prendre un nouveau départ. L’idée : faire une trêve dans sa vie.

Mais de courte durée car quelques jours après le carnaval, le corps d’un jeune footballeur togolais, Driss Assani, est retrouvé dans une rivière. Personne n’a l’expérience de ce genre d’enquête dans le village. Sauf lui. Alors que tout le monde se désintéresse du sort de ce gamin mort à des milliers de kilomètres de chez lui, Yoann Peeters se met à déterrer les secrets les plus enfouis de cette petite communauté qu’il connait bien.

Plus qu’une série policière

Plus qu’une série policière, La Trêve suit le parcours d’un homme tourmenté. Le téléspectateur est invité à ses séances avec la psychiatre spécialiste en criminologie. Même si on apprend qu’à partir de l’épisode 8 que cette thérapie n’est en parallèle de l’enquête sur la mort de Driss mais à la suite d’un événement. D’ailleurs, une surprise quand on le découvre persuadé que Yoann avait obligation de voir la psychiatre à cause de son passé et entre autres cette fameuse affaire Berger.

Sur un air de Broadchurch, la série est à la recherche d’un assassin d’un village. L’enquête avance lentement au départ (épisode 1,2,3 et 4) mais tout s’accélère et les temps morts sont quasi inexistants. Notre détective est obsédé par cette enquête et cette obsession devient contagieuse. En plus, Yoann Peters n’est pas le plus patient des policiers quitte à brutaliser ses suspects pour obtenir un aveu même les enfants ne parviennent pas à le rendre plus calme. Yoann un homme sur le fil et très impulsif. Parfois, son jugement apparaît comme pas fiable à tel point qu’on se demande s’il faut le suivre dans ses investigations.

Les derniers épisodes à l’approche de la fin, plusieurs suspects plausibles sont présentés avec des preuves tangibles mais à chaque fois, il y a un détail qui ne colle pas bien souvent l’alibi. Yoann Peters a sûrement suspecté tous les village au final. Le scénario est bien fait car on tombe à chaque fois dans le piège même si le fait de savoir que c’est l’ avant avant-dernier épisode ou l’avant-dernier vous laisse penser que non c’est une supercherie aussi bien faite soit elle, ce n’est pas le coupable.

Même si comme moi, les policiers ne sont pas votre dada, La Trève a l’avantage de ne pas jouer uniquement sur ce genre. Yoann est un être torturé et le suivre en psychanalyse est passionnant. Puis, il y les gens du village qui ont eux aussi leurs secrets. Chaque rêve qui introduit l’épisode présente une personnalité et son lien avec Driss. Certains de ses rêves font froid dans le dos…

Dans la famille Peters : la fille

Camille se retrouve dans le village de Heiderfeld sans connaître personne. Tout comme son père elle va y découvrir des gens avec des secrets étranges. Tel père, tel fille, Camille n’a pas sa langue dans sa poche et elle ne se laisse pas impressionner encore moins par le fils du riche diplomate obsédé par les trucs macabres. Pour se faire intégrer elle fait des choses pas forcément éthiques.

Suivre la jeune fille est aussi intéressant que suivre son père. Indirectement avec elle, le téléspectateur découvre des indices qu’elle ignore et en même temps, on apprend plus sur la vie des jeunes du village comme sa copine Zoé pas si innocente que ça ou bien son frère Kevin.

Camille, c’est aussi une jeune fille qui doit retrouver ses repères après la mort de sa mère et apprendre à vivre dans un autre lieu après avoir quitté Bruxelles pour un village de campagne où elle n’a jamais eu d’attaches.

Crime et châtiment

Attention ! Si vous lisez la suite, vous allez apprendre des éléments essentiels de l’intrigue de la série.

Yoann Peters est le seul à se soucier du meurtre de Driss Asani à Heiderfeld. Alors qu’un coupable avait été trouvé, le détective refuse d’y croire et part enquêter quitte à déranger les moeurs des habitants. Ceux-ci n’ayant aucun souci d’accuser un innocent car ce monsieur est bizarre et parce qu’il fait office de parfait coupable. Que ferait-il pour le prix de la tranquillité ?

C’est un crime passionnel ! Driss ne passait pas inaperçu dans le village et visiblement, c’était un bourreau des coeurs. En couple caché avec Zoé, Inès ne le supporte pas. Persuadée que son amour a eu la tête retournée par Zoé. Abandonnée par Yoann, il y a quelques années de ça, amoureuse de Driss, elle refuse que celui-ci la rejette. Folle alliée, elle ne porte pas un coup à Driss mais plusieurs. De la passion à la haine, c’est peut-être comme cela qu’il faut définir son geste ?

Une coupable qui nous a laissé des indices mais invisibles avant qu’on approche de la fin :

Même si le dernier épisode expédie la fin, La Trève a le mérite d’être une bonne série. Le scénario est cohérent, l’écriture correcte et une réalisation remarquable. L’intrigue va crescendo et cet univers étrange au plein milieu des Ardennes captive. Une belle réussite belge !

Degré de Lubie

La Trève
73%

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