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Joanne Froggatt dit toute la vérité sur la série LIAR !

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Après avoir connu le succès avec le personnage d’Anna dans Downton Abbey, Joanne Froggatt revient avec un autre succès avec la série Liar. Elle y joue le rôle de Laura Nielson, une jeune femme, qui se retrouve à prouver qu’elle a été violée. De passage à Paris, l’actrice a répondu à mes nombreuses questions sur la série et sur son personnage.

Quelle a été votre première impression en lisant le script de Liar ? Quelle a été votre premier sentiment sur le personnage de Laura ?

Joanne Froggatt : « J’ai lu le premier épisode et j’ai toute de suite que ce script était brillant, un thriller psychologique brillant. Je ne savais vraiment pas qui disait la vérité et je ne savais pas réellement ce que j’en pensais. Cela m’a mis mal à l’aise de ne pas savoir qui mentait. De nombreuses questions intéressantes ont fusé dans ma tête et évidemment, c’est un moyen de créer le divertissement. C’est un thriller psychologique avec une réelle intelligence derrière et je me suis dit que les questions que je me posais moi-même étaient des questions réellement importantes. Quand j’ai rencontré James Strong, le réalisateur des trois premiers épisodes, j’avais déjà travaillé avec lui donc j’ai totalement confiance en lui et c’est un homme très talentueux. Je lui ai dit : ‘le scénario est brillant, qui dit la vérité ?’ C’était ma première question. Puis, il m’a expliqué sa vision de la série du point de vue esthétique et émotionnel et il m’a parlé des lieux qu’il avaient repérés pour le tournage. Sa vision était excitante et j’avais déjà ce scénario brillant de Jack et Harry William donc je me suis dit je ne peux pas dire non à ce projet parce que c’était juste un concept fascinant. Je n’ai jamais vu une série ou un film qui aborde le sujet de l’agression sexuelle sous cet angle : petit A du point de vue du viol et petit b du point de vue de qui dit la vérité et qui ment dans l’affaire. Dans la réalité, c’est ce qui arrive aux gens. C’est extrêmement compliqué de dire ce qui est arrivé dans une pièce entre deux personnes quand il n’y a pas de preuves irréfutables et qu’une personne à sa version des événements et que c’est la version de quelqu’un contre quelqu’un d’autre ».

 

Downton Abbey, Liar deux époques différentes, un sujet le viol

Dans Downton Abbey, Anna Bates fait face à la même situation, le viol, que Laura Nielson, est-ce que votre expérience dans Downton Abbey vous a été utile dans la construction de votre personnage dans Liar ?

Joanne Froggatt : « Avec le personnage d’Anna la situation était réellement différente. Les personnages sont réellement différents et le monde dans lesquels elles vivent sont très différents. Avec Anna, une femme ouvrière qui travaille dans les années 1900, elle n’a pas beaucoup de choix ou du moins elle n’a pas l’impression d’avoir des droits parce qu’une femme à cette époque a sa réputation et c’était l’essentiel. Si vous aviez une réputation ternie, vous pouviez perdre votre travail, votre mari, vous vous retrouvez sans le sous. C’était du sérieux et la société ne voulait pas croire et parler de ce sujet. Lors de cette histoire d’Anna, j’ai reçu quelques lettres de survivantes d’agressions sexuelles. Elles ont toujours l’impression qu’elles ne peuvent pas en parler et que quand elles le font, on ne les croient pas. C’était une réelle révélation pour moi. Je n’ai jamais eu une expérience de ce genre personnellement. J’espère que l’on bouge dans la société. C’était très instructif pour moi et que ces femmes ont été sincères avec moi dans ces lettres me disant que les choses n’ont pas changé alors qu’elles auraient dû. Cela est resté gravé en moi d’avoir appris tout cela. Encore une fois dans Liar, c’est une angle différent, une personne très différente, une situation très différente et une période différente. Un femme qui est intelligente, moderne, qui avait l’habitude d’être respectée, qui avait une bonne carrière et qui avait l’habitude d’être écoutée dans une pièce. Elle, qui veut que justice soit faite pour ce qu’elle pense lui être arrivée et parfois, elle prend des mauvaises décisions dans la manière d’obtenir sa justice. Elle le fait de façon moderne à travers les réseaux sociaux. Quand elle poste sur ses réseaux sociaux à la fin de l’épisode 1 peu importe ce qui est arrivé, c’est une mauvaise idée. Si elle dit la vérité, cela peut avoir un impact sur son dossier légalement. Mais, si elle ne dit pas la vérité, elle détruit la vie de quelqu’un. Dans les deux cas, ce n’est pas la bonne chose à faire. C’est ce qui est intéressant. Bien sûr que l’on ne prend pas toujours les bonnes décisions dans la vie. Vous allez découvrir pourquoi elle prend cette décision plus tard. Néanmoins, cela vous laisse la possibilité d’interroger son intégrité. Mais, est-ce que je questionne l’intégrité de cette personnage parce que je n’aime pas la façon dont elle réagit ? Est-ce juste ? C’était ce genre de questions complexes qui émergeaient à chaque décision prise par les deux personnages. Je pense que c’est important que l’on parle de ce sujet de société ».

Laura ne devient-elle pas folle plus l’affaire avance ?

Joanne Froggatt : « Elle devient clairement obsessionnelle. Bien sûr, nous découvrions plus tard les raisons pour lesquelles elle se comporte ainsi. Elle devient obsédée par ce qu’elle considère comme étant la justice. Ce n’est pas sain pour elle. mais vous pouvez comprendre pourquoi ».

Est-ce que Liar est une preuve que la justice comporte des failles dans ce genre d’affaire

Joanne Froggatt : « L’objectif est avant tout  de proposer une discussion sur le sujet. Vous pouvez également comprendre que la police a un travail très difficile à réaliser. C’est incroyablement frustrant pour eux ce genre de situation parce que si il n’y a pas de preuves ADN irréfutables ou même si vous avez des preuves ADN s’il n’y a pas de blessures significatives ou autres éléments, c’est extrêmement difficile de prouver ce qui s’est passé entre deux individus dans une pièce. Dans le cas de Laura et Andrew, ils ont eu une relation sexuelle mais elle dit que ce n’est pas consenti mutuellement et lui dit le contraire. Puis, elle n’arrive pas à s’en souvenir, elle a bu quelques verres mais elle se demande pourquoi elle ne peut pas s’en souvenir. Alors, vous vous interrogez sur elle pour elle ne peut pas se souvenir de ce qui s’est passé. Je pense que c’est une question qui doit être toujours posée et qu’il doit y avoir des améliorations que l’on peut tous faire pour quelqu’un qui signale une agression sexuelle que ce soit un homme ou une femme ou un enfant. Bien sûr, que l’on doit vérifier. Si on peut essayer de rendre ce process calme et moins pénible dans ce genre de situation horrible. Mais comme traiter ce genre de difficultés, la police fait face à un système frustrant et un événement frustrant. Comment pouvez-vous le résoudre ? J’aurais voulu le savoir. »

 

Liar, le travail des frères William

C’est votre première expérience avec les frères William, Jack et Harry, qu’en avez-vous retiré ?

Joanne Froggatt : « C’était vraiment super. C’était une expérience très collaborative comme une famille très soudée. Jack et Harry avaient complètement écrit 3 épisodes quand on a commencé le tournage. Jack et Harry sont venus aux répétitions et on a travaillé quelques éléments et on a réfléchi ensemble sur d’autres éléments. C’était principalement à cause des flashbacks où il fallait être cohérents car si vous bougez ce verre d’un endroit à l’autre, cela change tout. Si on ne fait pas les choses bien, les gens re-regardent depuis le début. On voulait évidemment que tout ait du sens. Donc, on devait prendre le verre dans cette main et le reposer sur cette partie de la table. C’était beaucoup de logistique. Jack et Harry sont géniaux, chaque passage qui ne fonctionnait au niveau du dialogue, ils disaient de changer. Mais, on a respecté les dialogues la majeure partie du temps mais on a interverti des scènes ou parfois on a changé l’ordre de la conversation. Dans l’épisode 1, quand je me rends dans le centre de police* pour signaler l’incident, tout était improvisé. C’était très intéressant de pouvoir faire ça. Ils ne pouvaient pas en mettre trop dans cette scène. Quand Jack et Harry ont vu les rush, ils ont dit que ça ressemblait à un film à lui seul. C’était un process très utile d’être capable de faire ça en tant qu’actrice. Puis, cela reste encré en vous parce que vous en avez un souvenir émotionnel. C’était un manière utile de filmer cette scène. On a filmé cela la première semaine. On avait beaucoup de liberté dans les scènes. Matt Gray, notre directeur de la photographie avait une caméra portative donc on n’était pas obligé de marcher jusqu’à un repère, il nous suivait. C’est une expérience très libre parce que l’on pouvait faire ce que l’on pensait être instinctif. C’était très enrichissant créative ment ».

*Au Royaume-Uni, vous avez au sein de la police un centre spécial appelé SARC (Sexual Assault Ressource Center) qui est destiné à accueillir les individus ayant subis des violences sexuelles ou d’autres natures. Les anglais ne vont pas au commissariat mais dans un centre spécialisé dépendant de la police.

 

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