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MOLOCH : interview enflammée de l’équipe de la série !

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MOLOCH a enflammé Canneseries en remportant le prix du meilleur scénario écrit par Arnaud Malherbe et Marion Festraëts. La série nous emmène dans une ville de bord de mer industrielle et labyrinthique, où des inconnus prennent feu de manière inexplicable. Une journaliste Louise (Marine Vacth) et un psychiatre Gabriel (Olivier Gourmet) endeuillé mènent l’enquête. Ce thriller fantastique est à découvrir sur Arte. Lors d’une conférence de presse autour de la série, j’ai rencontré les acteurs Marine Vacth et Olivier Gourmet ainsi que les auteurs Arnaud Malherbe et Marion Festraëts et le producteur Xavier Matthieu (Calt studios).

 

MOLOCH : un thriller fantastique !

« C’était important pour nous de ne pas faire un polar »

 

Marion Festraëts, Olivier Gourmet, Arnaud Malherbe, Marine Vacth et Xavier Matthieu

 

Dans la série, les policiers ne mènent pas l’enquête correctement mais c’est le duo journaliste/psychiatre qui dirige l’enquête. C’était volontaire de votre part de rendre les policiers inutiles et de ne pas tomber dans le genre du polar que vous frôlez sans jamais y succomber ?

Arnaud Malherbe : « Une des identités de la série, c’était justement de pas se dire, on va faire un scandi noir ou on va partir avec un duo de flic qui va partir enquêter parce que c’est des véhicules narratifs extrêmement identifiés et très connus et beaucoup plus facile à traiter. Il n’y avait pas ce désir-là. En revanche, on se trouve quand même confronter à des besoins de circulation d’information et des tentatives de crédibilité pour rapprocher les choses. Donc, il y a un personnage de policier qui ne s’est pas imposé, qui est là et qui a eu une interaction avec un des personnages principaux. Mais qui est malgré tout là dans le récit et émotionnellement un peu en retrait. C’était important pour nous de ne pas faire un polar. Après, on peut toujours mettre des genres et des étiquettes. L’idée c’était de faire un récit fantastique peut-être un thriller parce qu’on est un peu tendu et encore ça ne fait non plus très peur. Mais je pense qu’à travers le détour fantastique notre désir, c’était de parler de façon un peu décalé, poétique de problématique que d’ordinaire dans les fictions, on attaque plus frontalement. Et aussi de passer par l’émotion, l’intime pour pouvoir raconter ces choses-là. Oui, il y avait un vrai désir de ne pas marquer le polar ».

 

On apprécie vraiment ce duo atypique avec une Louise impulsive et incomprise par sa famille et un Gabriel qui porte un lourd chagrin. Cette affaire de gens qui s’enflamment va véritablement réveiller la flamme qui vibre en eux et les lier dans cette histoire surnaturelle. Olivier Gourmet explique que son personnage : « c’est un psychiatre qui a un passé extrêmement douloureux car la perte d’un enfant, on ne s’en remet jamais vraiment ». Il ajoute aussi : « c’est un psychiatre qui se reconstruit et qui se retrouve au milieu d’une histoire où il est peut-être ou pas responsable ». Moloch est la première série pour Marine Vacth et pour Olivier Gourmet sa première série où il a le rôle principal. Tous deux ont apprécié ce côté non polar de la série et Olivier Gourmet dit : « le personnage ne se construisait pas uniquement dans le polar ou dans juste uniquement un mystère ». C’est véritablement une force de la série d’aller à la frontière du polar sans jamais tomber dans ce genre.

 

Qui est MOLOCH ?

Comment avez-vous intégré la divinité Moloch dans le récit ?

Arnaud Malherbe : « Le titre, c’est un tampon, un package. Moi, c’est un mot que j’aime beaucoup. Très vite, il positionne le téléspectateur dans un référencement, un dieu antique et c’est un dieu auquel on sacrifiait des enfants. Mais nous, dans la série, il n’y a pas que des enfants qui sont sacrifiés. Donc, est-ce que ça a du sens ? En fait, ça a du sens parce que ça nous plaît et ce n’est pas très grave parce qu’il aime les sacrifices et les morts ».

Marion Festraëts : « Puis, en écrivant on s’est aussi intéressé à la symbolique du feu. On a évidemment réfléchi un peu autour de ça, de ce que ça avait pu vouloir dire dans diverses mythologies, dans divers rites anciens et donc, ça s’est un peu imposé de cette manière-là. Cette idée du sacrifice des innocents, quelque chose de pré-chrétien qui viendra comme ça un peu du fond des âges pour dévorer les gens ».

 

Moloch une entité moralisatrice ou vengeresse ?

Arnaud Malherbe : « C’est la certitude, c’est discutable, c’est la politique, a un certain degré d’injustice sociale, environnemental et tout ce que vous voulez à un certain degré d’hyper pression. Moi, je pense ça ne peut pas tenir ».

Marion Festraëts : « C’est surtout l’expression d’une colère finalement et d’un désir de plus de justice entre guillemets ».

Arnaud Malherbe : » Une colère dont on sait qu’elle peut mener à pire ».

Moloch est une série bouclée sans vocation à avoir une saison 2. Ainsi, au bout de six épisodes vous aurez la réponse sur les origines de Moloch. Comme expliqué par les créateurs, c’est surtout une colère envers notre société et ses dérives qui nous embrasent 🔥

Moloch à voir sur Arte

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