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OVNI(s) saison 2 : écrire et filmer des OVNI(s) !

ovni saison 2 canal plus

Didier Mathure et son équipe n’en ont pas fini avec les OVNI(s) ! La preuve, ils reviennent pour une saison 2 tout aussi extra-terrestre que la précédente sur Canal + ! Depuis que Didier Mathure a vu de ses propres yeux un ovni, il sillonne, en vain, la France à la recherche de nouvelles apparitions. Alors qu’il s’apprête à tout arrêter, un phénomène étrange se produit dans une centrale nucléaire. Un défi pour l’équipe du GEPAN, Didier, Marcel, Rémy et Véra, dépassée par ce mystère qui attise tous les fantasmes. Pour Didier, c’est sûr : une intelligence venue d’ailleurs cherche à établir le contact. Et il va tout faire pour essayer de lui répondre, à moins que Claire Carmignac du ministère de l’Équipement et de l’Énergie ne l’en empêche…

Pour discuter de cette saison 2, j’ai pu rencontrer en table ronde les auteurs Clémence Dargent, Martin Drouaire et Maxime Berthemy et le réalisateur Antony Cordier.

 

Le retour des OVNI(s) !

Quels défis de la saison 2 OVNI(s) ?

Clémence Dargent : « On avait laissé le GEPAN éclater en fin de saison, donc c’était un des enjeux de ce début de saison est de réunir à nouveau nos personnages parce que c’est vrai que ce qui marche très bien dans OVNI(s) c’est le groupe aussi, cet esprit un peu Scooby-Doo. Donc, c’est vrai qu’il y avait cet impératif là. Et puis, au delà de ça, on avait laissé Didier face à cette découverte d’un vrai ovni, face à une rencontre du Troisième Type, donc, évidemment on est parti de ce qu’on avait laissé à la fin de la saison. Et l’idée, c’était de faire de Didier un peu un naufragé de sa propre vie. Quelqu’un qui tout d’un coup est marginal et a tout perdu. Et en même temps, à cette quête de retrouver cette expérience très très forte qu’il a vécue. En tout cas, Didier n’est plus le même. Et c’est vrai qu’on ne pouvait pas, de toute façon, il fallait renouveler. Justement, on pouvait pas répéter la même histoire qu’en saison une où c’était un rationnel qui finissait par se laisser tenter par l’irrationnel. Il fallait trouver quelque chose de tout à fait différent, tout en gardant évidemment l’âme du personnage et des personnages et de la série.  C’est vrai que c’est un travail assez différent. C’est assez difficile. C’est presque même aussi difficile que d’écrire une saison une parce qu’il faut réinventer un nouveau concept quelque part. Après, ce qui est très agréable, c’est qu’on connait mieux les personnages qui ont été incarnés aussi. C’est vrai qu’en tant que scénariste, quand on a vu les personnages vivre, c’est quelque part un plus facile d’évidence de les écrire, les faire vivre en saison 2. Donc, voilà donc les thématiques. On s’est un peu inspiré du contexte historique. Qu’est ce qui nous a inspiré à la sortie de Superman avec le film Christopher Reeves,  qui est complètement extraterrestre ? Et les boat people de la crise humanitaire des boat people qui résonne évidemment cruellement avec ce qu’on connaît aujourd’hui. Ces réfugiés du Sud-Est asiatique qui se sont retrouvés naufragés eux aussi, un peu comme Didier et qui ont agité beaucoup l’espace médiatique. Et donc, voilà, c’est les deux thématiques qui nous ont intéressées dans cette saison 2″

Martin Drouaire, co-scénariste, ajoute aussi que le nucléaire a été aussi une thématique forte de la saison 2, il dit : « l’ouverture de Fessenheim aussi. » Concernant la trajectoire de Didier Mathure, Martin Drouaire ajoute : « Ça a pu être une histoire de doutes. Maintenant, ça va être une histoire de foi, presque de conviction, de quelqu’un qui a quelque chose, une vérité chevillée au corps à partir de maintenant. Et qu’est ce qu’il en fait ? Quel impact ça a sur sa vie ? Comment est ce que ça l’éloigne des siens? » Quant au troisième co-scénariste Maxime Berthemy et nouvelle recrue de la saison en écriture, il dit : « Je crois qu’il y avait aussi une envie d’une soirée un tout petit peu plus chorale aussi, c’est à dire de ne plus creuser des personnages secondaires, notamment, Vera et Élise ».

melvil Poupaud & Daphné Patakia
© Canal +

Croire aux OVNI(s)

Ce qui est fascinant dans OVNI(s), c’est ce jeu permanent entre les ovnis existent mais en fait non ils n’existent pas. Comment travaillez-vous cette ambiguïté à l’écriture ?

Clémence Dargent : « C’est toute la difficulté et difficulté encore plus importantes qu’en saison 2. En saison 1, On a quand même fait un choix assez décisif toute la saison. Voilà, c’est la question est ce qu’il y a des ovnis ? Et s’il y en a pas?  Et la fin de la saison, on prend quand même une option assez claire. Donc c’est vrai que là, c’est le fantastique prend une part un peu plus importante. Mais c’est vrai qu’on est dans une forme de fantastique un peu spéciale, qui n’y va pas non plus franchement, parce que ce qu’on aime bien, c’est cette espèce d’inquiétante étrangeté ou quelque chose de plus surréaliste que fantastique. Totalement comme des images, un peu poétique, des choses surprenantes. Mais c’est sûr qu’on n’ira jamais vers des monstres à quatre bras ou des trucs de science fiction traditionnelle. Par exemple, la barbe à papa on peut en parler entre nous. Mais c’est vrai que c’est une image. Tout de suite, on s’est dit ça, c’est vraiment ovni. Une barbe à papa géante dans une centrale. Une barbe à papa, ça existe. Mais dans une barbe à papa de 6 mètres, dans une centrale, tout de suite, ça pose vraiment question. Ce qui nous amuse, nous, c’est de voir des gens très, très, très, très sérieux, un directeur de centrale qui se demande qu’est ce que je fais avec ça ? Comment on communique là-dessus ? Mais c’est un équilibre. C’est vrai qu’on s’inspire souvent de films Aliens, par exemple, mais on se dit comment est-ce qu’on peut intégrer ça dans notre cadre réaliste d’OVNI ? Mais c’est toujours la grande difficulté d’être surprenant et cohérent en même temps. Parce que forcément, quand on met des idées, des éléments étranges dans le réel. Après, il faut se débrouiller pour que ce ne soit pas complètement n’importe quoi non plus. Mais là, c’est un équilibre. On espère que les gens nous suivront et qui vont pas dire qu’on a complètement lâché la rampe mais en tout cas, c’est ce qui nous plaît. En tout cas, à nous fait vraiment sur cette ligne de crête entre on y croit pas du tout et en même temps, on a envie d’y croire parce que ça nous sort du quotidien et du réel ».

 

Aux États-Unis, les Objets Non Identifiés sont un objet d’étude depuis longtemps et le patron de la NASA évoque des récentes observations OVNI. Est-ce qu’en dehors du GEPAN, vous vous êtes inspirés des recherches américaines pour la série ?

Clémence Dargent : « D’ailleurs, les fameux échos radar en épisode 11 il me semble, c’est directement inspiré des récentes révélations. Il y a des vidéos assez impressionnantes. On voit des objets qui passent sous l’eau et qui remontent à un temps. Je ne crois pas du tout aux ovnis. Mais oui, récemment, il y a eu un vrai débat. »

Martin Drouaire : « Barack Obama a annoncé que cette vidéo était parfaitement authentique. Il y a des choses qu’on ne comprend pas, comme l’explique à chaque fois très bien, les ufologues modérés éclairés que moi j’aime bien écouter parfois, ils disent que l’hypothèse extraterrestre est dans le spectre d’hypothèses possibles pour expliquer ça. Ça en est une. Ça ne veut pas dire que ne pas comprendre signifie extraterrestre. Après nous, on aime bien généralement faire ce raccourci là. Mais effectivement, il y a eu des choses. Nous, on s’est un peu lié d’amitié avec certains cercles d’ufologues qui sont un peu actifs sur les réseaux et qui ne sont pas forcément des frappadingue qui pensent qu’il y a un complot reptilien, etc. Mais qui sont justement des gens un peu comme ceux qu’on décrit dans la série qui cherchent, qui rêvent, qui ont parfois des idées un peu extravagantes, mais qui sont plutôt très sympathiques. Et il nous disait vraiment c’est incroyable. Vous avez vraiment sorti cette série dans l’année dans laquelle ça a été la plus dingue. Les ufologues vivent 2021 comme l’année sur les ovnis où ça y est, on a fait le plus grand pas en avant pour la recherche, pour la grande révélation à venir que là, maintenant, elle est vraiment très proche. Donc, on voit s’il y avait une synchronicité entre les événements ufologiques réels et l’arrivée de la série qui était étonnante. »

 
Samy Cafonnette, Daphné Patakia, Melvil Poupaud, R.Jonathan Lambert & Michel Vuillermoz
© Canal +

 

Le personnage d’André apparaît à la fin de la saison 1 et on l’imagine personnage récurrent en saison 2 mais on s’aperçoit vite que ce ne sera pas le cas. Quelle était votre volonté avec le personnage d’André ?

Maxime Berthemy : « J’ai l’impression qu’on a réfléchi au personnage d’André vraiment, par rapport au personnage de Marcel,c’est-à-dire qu’est ce qu’on avait envie que Marcel traverse dans cette saison ? Et on avait à la fois envie de lui créer une déception amoureuse et ensuite reconstruire une relation amoureuse avec Michel Dervaux, qui était un peu un gag à la fin de la saison 1. Mais on s’est dit il y a quelque chose qui pourrait être drôle et touchant à cet endroit là et ensuite, au niveau de sa trajectoire professionnelle, de faire de Marcel le directeur du GEPAN. On avait vraiment envie de voir ça. Et du coup, en fait, c’est vrai que le personnage d’André, j’ai l’impression qu’on a un peu construit, en fait, par rapport à ce dont on avait envie pour pour Marcel et Michel Vuillermoz ».

Martin Drouaire : « Oui, c’est exactement ça. Contrairement à Élise et Véra, qui ont arrêté d’être des contrepoids pour Didier pour le coup, le personnage d’André il avait été pensé pour faire fonctionner l’histoire qu’on voulait raconter pour Marcel. Pourtant, on l’aime beaucoup. On avait à peine entrevu à l’écriture quand on a vu Jonathan Lambert dans la saison 1. Mais on avait vu une scène et on a pris vraiment énormément de plaisir à découvrir son personnage pendant l’écriture de la saison 2″.

 

Petites anecdotes OVNI(s)

– Le réalisateur Anthony Cordier dit qu’entre un flamant rose, un cochon et un chat, le pire c’est le chat. Il dit : « on peut rien faire faire à un chat » et ajoute : « plus les animaux sont domestiques, plus c’est compliqué. Le flamant rose, c’est très facile, bizarrement ». Donc, ce fut compliqué avec le chat Schrödinger en saison 1.

– Ce ne sont pas de vrais acteurs Inuits mais ils ont un professeur de langue inuit pour apprendre les mots en phonétique. Ils ne parlent pas le Yupik car ils n’existent pas d’enregistrements.

– Le premier véritable directeur du GEPAN et son créateur, Claude Poher, est parti un an après son investiture faire le tour du monde sur son voilier et personne n’a su ce qu’il lui a pris de faire ça tout juste un an après avoir créé et être à la tête du GEPAN. Un mystère demeure qui a inspiré le personnage d’André pour les auteurs.

OVNI(s) saison 2 – Canal +

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