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Poldark, ce héros romanesque !

Ross Poldark, c’est un héros ténébreux, sombre, valeureux et avec une cicatrice qui part de l’œil et s’étale sur toute la joue. Un héros de roman, ceux de l’auteur Winston Graham qui a publié 12 romans entre 1945 et 2002. Ce n’est pas la première fois que Poldark investit le petit écran, une adaptation en série composée de deux saisons a été diffusée entre 1975 et 1979 sur BBC One. Et c’est cette même chaîne britannique qui remet le couvert avec Poldark.

Quelle est l’histoire de Poldark ? Après avoir combattu pendant trois ans la Guerre d’Indépendance Américaine, Ross Poldark revient chez lui aux Cornouilles au Royaume-Uni en 1783. Il découvre que son père est décédé, sa fiancée promise à son cousin et que son patrimoine traverse une très mauvaise passe. Les 8 épisodes de la première saison montrent comment Poldark fait face à cette situation.

Même si malchanceux à son retour au bercail, Poldark trouve assez rapidement ses marques voire trop vite. En effet, Ross règle ses problèmes principaux assez vite. À part les soucis de trésorerie, le reste ne lui donne pas de véritables challenges à affronter. Or, c’est le principal reproche de la série : Poldark manque de véritables enjeux.

Alors, certes, il sauve une demoiselle en détresse, Demelza, de son père abusif et il s’illustre dans deux-trois actes de bravoures mais pas de véritables fil conducteur d’autant plus que quand il parle sous, cela donne lui a des scènes soporifiques avec ses investisseurs. Excepté une scène de jeu de cartes assez intense dans l’épisode 6 du moins cette scène parvient à capter l’attention. Scène prévisible car on se doute bien que Poldark n’est pas du genre à perdre sauf s’il y a anguille sous roche.

Ce manque de véritables enjeux donnent lieux à des petites missions par ci par là mais toujours dans le court terme. Cela dessert la série dont on a l’impression que les épisodes durent une éternité. Beaucoup de parlottes et de scènes romantiques pleine d’effets mais rien de véritablement captivant au point de vouloir enchaîner les épisodes. Voici un exemple de phrases à l’eau de rose prononcée par le couple phare de la série en parlant de leur enfant (saison 1, épisode 5) :

Ross : I’ll make a better world for her
Demelza : and me ?
Ross : I am already a better man because of you

Ross : Je ferai une meilleur monde pour elle.
Demelza : et pour moi ?
Ross : Je suis déjà un meilleur homme grâce à toi.

Cependant, à défaut du scénario le point fort de la série, c’est cinématographie avec des superbes plans de paysages sur les Cornouilles. Les personnages cheveux au vent sont bien filmés dans ce paysage. L’esthétique de la série est bien plus soigné que son contenu.

Poldark a été promu comme la série remplaçante de la regrettée Downton Abbey. Ceux qui veulent pousser la comparaison trouveront des ressemblances comme le sujet sur les classes sociales anglaises ou bien tante Agatha assez proche d’une Lady Violet mais ce n’est pas flagrant non plus ! Poldark est davantage un héros romanesque avec ses tourments à affronter. La série a bien démarré en Angleterre avec un pilote réunissant 9,51 millions de téléspectateurs sur BBC One et le dernier épisode finit à 7,86 millions. Pourtant, le final de la saison 1 laisse sur sa fin avec un terrible cliffhanger (quoique un peu hâtif) heureusement la saison 2 est commandée et peut-être une troisième si Poldark parvient à conquérir le public au-delà des Cornouilles !

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