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Racines : l’importance des origines

Une main dans cette terre, sentir les racines…

Racines est le remake de la mini-série du même nom de 1977 qui avait montré visuellement à l’Amérique ce que décrivait l’auteur Alex Haley dans son roman. Ce dernier avait expérimenté le voyage en bateau dans les mêmes conditions que son ancêtre Kunta Kinte (Kounta Kinte en version française) de l’Afrique à l’Amérique coloniale. Ses descriptions devenues plus réelles avec la télévision ont choqué l’Amérique des années 70. Faire un remake est un pari osé de la chaîne History et encore plus à l’occasion de ce jour symbolique du Memorial Day (jour de congé aux États-Unis et de commémoration aux troupes américains correspondant au dernier lundi du mois de mai).

Ne jamais oublier ses racines, d’où on vient, qui on est. C’est ce que Racines nous enseigne. C’est le projet initial d’Alex Haley qui en écrivant son livre “Roots” (traduit en “Racines” en français) voulait revenir à ses racines, celles de ses ancêtres et comprendre d’où il venait. Racines l’a conduit à Jufferey en Gambie là où débute notre périple de téléspectateur…

La lignée Kinte est longue et tous ont leur personnalité aussi remarquable les unes que les autres. De cette histoire de 4 épisodes d’une heure et demi, je retiens trois personnages, trois personnalités et trois grands acteurs qui m’ont profondément marqué dans cette aventure d’une autre époque et en même temps pas si lointaine…

Kunta Kinte

Il est la racine de cette histoire et dès sa naissance, il fascine. Kunta Kinte, ce guerrier valeureux africain dont le commandement principal est d’assurer la survie de sa famille à travers le temps. Son père Omoro lui dit :

The first duty of a Mandinka warrior is to raise a family, to have children, to pass on our way of life.

Le premier devoir d’un guerrier mandingue est d’élever une famille, avoir des enfants, transmettre ses traditions.

Dès les premiers instants passés avec le personnage, on a envie de le suivre dans son aventure. Il passe par des moments atroces et le pire reste le moment où il a été frappé de plus de 30 coups de fouets pour avoir dit son nom Kunta Kinte. Et quel nom ! Lui s’en souvient comme son identité propre et nous, dans l’esprit du téléspectateur, il résonne. L’acteur Malachi Kirby, interprète de Kunta Kinte, est tout simplement bluffant dans ce rôle. Il joue avec tellement de justesse qu’aimer son personnage est facile. Une vraie performance. Ma préférée de tout le cast talentueux.

Kizzy

Kunta Kinte n’avait pas envisagé d’avoir une fille comme seul et unique enfant. Il a eu Kizzy comme fille. Plus plus intelligente et forte qu’elle, ce n’est pas possible. Kizzy a su utiliser son intelligence avec la lecture et user de sa force avec les entraînements acharnés infligés par son père. Quand elle s’essaie à la montée à cheval à la façon des guerriers Mandingues au départ on sourit et sa persévérance est telle que l’admiration en ressort.

Kizzy n’a pas un seul moment fléchit et oublié ses racines. Elle, aussi comme son père a été mise à rudes épreuves surtout entre les mains de l’affreux Tom Lea. Quand Kizzy s’enfonce dans le lac avec son nouveau né, on comprend la tristesse de la jeune fille et le retour à la raison de la mère. Cette scène est bouleversante. Là aussi deux actrices talentueuses pour donner vie à Kizzy : Emyri Crutchfield pour l’adolescente et Anika Noni Rose pour la femme. Cette dernière avec une performance plus aboutie marque encore plus les esprits dans le rôle.

Chicken George

Fils de Kizzy et Tom Lea, George est un fougueux gentleman plein d’esprit. C’est lui qui parviendra à libérer sa famille de l’esclavage. Une mission qu’il accomplit à force de sacrifices et le plus terrible d’entre eux partir loin des siens de l’autre côté de l’Atlantique en Angleterre.

Pourquoi Chicken George ? Parce que le jeune homme poussé par son père, dont il ignorait la paternité, s’est lancé dans les combats de coqs. L’enfant puis l’adulte a vu un moyen de s’émanciper par cette activité. Un choix osé qui aurait dû tenir ses promesses… Sa réputation Chicken George lui fera du tort.

Personnellement, je n’ai pas vu dans son ensemble Racines, la mini-série d’origine parce que j’étais tout simplement pas née lors de la diffusion. Mais j’avais entendu parler de l’oeuvre romanesque et sa première adaptation télévisuelle vue sous la forme d’extraits en cours d’anglais. Roots faisait office de cours d’histoire sur l’Amérique coloniale.

Voir ce remake poignant est un choc et un rappel. Non seulement, il rappelle la barbarie humaine et fait office de devoir de mémoire. Se rappeler de l’époque coloniale, de ses horreurs. En dehors de la violence, Racines propose une histoire familiale touchante, captivante avec des personnages tous aussi émouvants les uns que les autres. Le tout est interprété avec justesse par une pléiade d’acteurs remarquables.

Racines sur Numéro 23 !

 

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