Site icon Lubie en Série

Rencontre avec un couple de showrunner : les KING !

showrunner michelle king robert king the good wife the good fight monte-carlo

Ils avaient déjà un nom de famille évocateur : King ! Dans le milieu des séries, ce sont les « king » des showrunners. Un couple hors-norme qui a créé de nombreuses séries dont deux emblématiques : The Good Wife and The Good Fight. Lors du 58ème festival de télévision de Monte-Carlo, j’ai eu l’immense chance de rencontrer ce couple de showrunner incroyable : Michelle et Robert King. Autour d’une table ronde, ils ont répondu à mes questions d’admiratrice de leur talent.

Vous êtes une sorte de couple fascinant parce que vous écrivez ensemble. Michelle, écrivez-vous le premier épisode et Robert le corrige-t-il ensuite, ou écrivez-vous les deux ? Expliquez-nous le processus ?

Robert King : « Quand nous avons écrit le pilote, on est côte à côte. En gros, je suis celui qui tape sur le clavier, Michelle est à côté. Ensemble, nous nous critiquons et on fait sans cesse des allers et retours.
Michelle King : Après ça, Robert assemble tout dans sa tête et écrit à tout vitesse.
Robert King : En terme de showrunning, il y a tellement d’aspects, Michelle gère le casting, les costumes, les décors, je gère plus la salle d’écriture, mais on gère tous les deux la salle d’écriture et je gère le montage.
Lubiie : Regardez-vous ce que l’autre a écrit ?
Michelle King  : toujours, des va-et-vient.

Pensez-vous que vous avez établi un style d’écriture qui vous est propre. Par exemple dans votre série Braindead qui n’a rien à voir avec l’univers de The Good Wife ou The Good Fight, on reconnaissait votre style d’écriture.

Michelle King : S’il y a quelque chose, c’est l’humour.
Robert King : Oui, Braindead se moquait de la politique donc c’était censé être fou, vous savez que le monde est absurde et pourquoi pas le traiter comme absurde. Alors que The Good Wife est un gros plan adulte sur elle, à la manière dont tout le monde vit, sans trop de folie. On le voit dans la manière dont Tony Shalhoub a géré Braindead et dans celle de Christine Baranski. Les gens dans The Good wife pouvaient pleurer quand ils souffraient, ils pouvaient mourir. Mais, dans Braindead vous aviez toujours l’impression que c’était complétement fou.

Vous avez un truc pour la justice ? Qu’est-ce qui vous fascine dans ce monde de la justice ? Après toutes ces années à écrire sur la justice, êtes-vous de bons avocats ?

Michelle King : Je ne pense que nous serions de bons avocats car nous voulons constamment inventer des choses.
Robert King : Vous ne pouvez pas vivre dans notre pays sans vous rendre compte du nombre de nos institutions qui sont compromises. Et je pense qu’un des aspects amusants dans le showrunning pour moi, c’est que nous adressons à une petite échelle. Je viens de lire un cas. Trois enfants ont balancé des caddies du haut d’un parking, une femme est blessé et elle attaque en justice. Elle a obtenu 35 millions de dollars, pas des enfants mais du supermarché. Si vous analysez la situation, cette expérience est très spécifique à un individu. Mais que dit-elle des grandes entreprises ? Je veux dire, les avocats s’attaquent au supermarché. Et si c’est un système de supermarché français alors, cela passe à l’international. Dès que vous intéressez au micro, vous atteignez la macro. Ce qui, à mon avis, est meilleur que si vous imaginez une série à la Maison Blanche, vous avez toujours affaire à la macro.

Pouvez-vous revenir sur la fameuse gifle de la fin de The Good Wife ? Comprenez-vous que certains fans soient déçus par cette conclusion ? Et pour votre prochaine série, saviez-vous déjà que vous vouliez faire revenir le personnage de Diane Lockheart ?

Robert King : Nous ne savions pas que Diane Lockheart serait dans notre prochaine série. Je suis au courant que quelques fans sont déçus.
Michelle King : C’est dans les deux sens, parce que cet épisode a été nommé aux Emmys. C’est vraiment partagé.
Robert King : C’était en accord avec ce que l’on voulait dire que la victime devient l’agresseur. Il y avait deux claques, celle du début et celle de la fin, c’est difficile à contenir avec 156 épisodes, on voulait faire comme un serre-livre. D’un côté, On voulait que le personnage de Julianna soit victimisée autant que possible. D’un autre côté, on voulait en quelques sortes qu’elle réalise après 156 épisodes, qu’elle se trouve dans une situation où elle est aussi insensible que son mari l’était. Je pense qu’il y a une déception en partie parce qu’ils ne savaient pas que ce qu’ils regardaient, était  une tragédie, parce que c’est drôle avec des personnages folkloriques. Puis, les gens adoraient le triangle amoureux comme si c’était un tout. Mais, nous ne pensions pas que le triangle amoureux était important, pas autant que ce qui arrivait au personnage de Julianna. Donc, je sympathise avec leur déception mais je pense que ce qui était plus important que tout s’achève en paix.

 

Et si, un personnage de The Good Wife devrait venir dans The Good Fight ça serait….

Robert King : Alan Cumming, on veut qu’Eli Gold revienne. C’est un bon. On a Marissa dans notre série, c’est son père. On a besoin de le retrouver.

Quitter la version mobile