Site icon Lubie en Série

Rencontre François Loriquet – Un Village Français

Jules Bériot, c’est le sympathique proviseur de l’école de Villeneuve qui devient lors de la Libération, préfet du gouvernement provisoire au nom du Général de Gaulle. Cet homme joyeux est interprété par François Loriquet avec lequel j’ai pu m’entretenir sur l’évolution de son personnage au cours de 6 saisons d’Un Village Français.

François LORIQUET (Jules Beriot)

Bériot, c’est le personnage sympathique de la série ?

François Loriquet : “Je pense qu’au départ Frédéric Krivine (un des créateurs d’Un Village Français) quand il a créé ce personnage, il avait très peu de matière. Il arrive dans cette école, il remplace Madame Morhange qui ne peut plus exercer parce qu’elle est juive. Lui, ça n’a pas l’air de le gêner. De Kevern qui l’aime et la défend parle de lui (Bériot) comme quelqu’un de mou. Je pense que jusqu’au moment avec cette relation avec Kurt, on se demande est-ce qu’il va la dénoncer. Mais, franchement dans la toute première saison, il aurait pu être l’opposé. Je pense aussi que ce qui se dégageait de ma personnalité a peut-être influencé l’écriture donc il y a une part de soi”.

Bériot dans le rôle du préfet qui est-ce ?

François Loriquet : “Il y a une urgence et il a un rôle à jouer. Un poids c’est pas son rôle mais ça le révèle aussi dans son rôle politique, dans ses ambitions. On découvre son âme humaniste. Tout le monde le découvre comme lui se découvre par rapport aux événements”.

Bériot préfet, un moyen de fuir une vie privée décevante ?

François Loriquet : “Je pense qu’il est républicain 100% convaincu, en plus, il est Gaulliste parce qu’il l’a longtemps suivi, il est parti à Lyon, à Londres, à Alger, il est chef d’un réseau de Résistance, ça on ne le voit pas parce qu’il faut que ça avance. Il a mûri. Mais, si sa vie conjugale fonctionnait avec Lucienne, il est possible qu’il aurait pu dire, j’abandonne, je fais un choix. Peut-être ? Mais, comme dans sa vie, ça ne va pas du tout et l’arrivée de Kurt et l’accueil de Lucienne est si froid. Puis, il a besoin d’exister, besoin d’avoir une reconnaissance, ça révèle chez lui en dehors de son goût pour la liberté, l’égalité et la fraternité, c’est un homme qui se durcit et qui laisse surgir des choses sombres qu’il ne s’autorisait pas lui-même parce que son éducation, sa vie”.

Bériot en souffrance avec Lucienne ?

François Loriquet : “Par rapport à Lucienne, il ne montre pas, il est pudique par rapport à sa souffrance. Ça c’est très beau. On pense qu’il emmagasine beaucoup de choses mais il dit rien. Il accepte, il sait qu’elle ne peut ne jamais l’aimer, il a toujours cet espoir d’être aimé mais il ne lui en veut pas”.

Comment travaillez-vous la relation Bériot/Lucienne avec Marie Kremer ?

François Loriquet : “On en parle avant le tournage sur le plateau, on se concerte sur les zones d’ombres. Quand le réalisateur nous amène très clairement à une situation, on n’a pas besoin. Parfois dans la rapidité du tournage, on a besoin de se dire voilà où on en est. Tracer l’un pour l’autre le parcours parce qu’un an se passe à chaque fois et il faut se remémorer tout ça”.

Avez-vous fait des recherches sur la période historique décrite dans Un Village Français ?

François Loriquet : “Énormément, je me suis passionné pour cette période. C’est fascinant car dans ces quatre années, j’ai l’impression que l’on peut faire une étude de l’être humain incroyable. C’est fou cette concentration de dictature à un moment : Franco, Mussolini, Hitler. De voir l’atrocité qu’on ne peut même pas imaginer et le comportement exceptionnel des êtres humains”.

À l’école, on apprend des dates mais on ne parle pas de l’état des gens.

François Loriquet

Rendez-vous à Villeneuve, Un Village Français à voir sur France 3

Exit mobile version