Site icon Lubie en Série

[SÉRIES MANIA S6] Table ronde Allociné : Tous critiques de séries TV

Un bon festival Séries Mania commence toujours par la traditionnelle table ronde Allociné animée par Thomas Destouches ! Pour cette sixième édition, une question épineuse « Tous critiques de séries TV » ? Autant vous dire, un sujet qui me parle tout particulièrement en tant que blogueuse séries TV.  Pour débattre autour de la table Aurélia Baranès (Be Magazine), Renan Cros (Cinémateaser, Extérieur nuit et universitaire), Olivier Joyard (critique de séries, réalisateur de documentaires), Carole Lombart (Series addict, so what?), Julia Menez (Les Showrunners), Cédric Melon (Télé Câble Sat’Hebdo), Marie Turcan (Les Inrockuptibles).

Des idées notables sont sorties de ce débat même si une confrontation avec le public présent aurait été tout aussi intéressante. Mais, le temps manquait… Que retenir de cette table ronde ? Voici l’essentiel résumé en quelques lignes suivi d’un storify du livetweet.

Première question : c’est quoi être critique de série pour vous ? Chacun apporte sa définition avec ses propres mots. Olivier Joyard débute en établissant une comparaison avec la critique d’art et de cinéma : « réfléchir à ce que l’on voit« . Julia Menez rétorque ; « Prolonger mon expérience de spectatrice« . Renan Cros assimile le critique séries à une « tête chercheuse dans la critique« . Quant à Cédric Melon, il parle de « passeurs de plat« . Après la définition vient la distinction entre critiques de séries et journalistes et selon Olivier Joyard, ce sont deux mondes différents car « être critique de séries et journaliste ce n’est pas du tout pareil, et c’est très important à distinguer ».

Évidemment à un moment dans le débat, la confrontation critique cinéma et séries est arrivée sur le tapis. Premier constat assez juste, la critique séries existe depuis des années en France, mais cela ne fait que quelques temps qu’on lui donne plus de visibilité. D’ailleurs, Carole Lombart rappelle que la série est trop souvent considéré comme un art mineur par rapport au cinéma. Renan Cros renchérit : « Le processus de légitimation de la série par l’arrivée des réalisateurs de cinéma est un peu désagréable« . Il cite l’exemple de Martin Scorsese pour Boardwalk Empire.

Puis, il y a la question du chef d’œuvre ! Olivier Joyard lance : « Il faut savoir reconnaître les chefs-d’oeuvre » tout en faisant référence à la série The Wire. Le journaliste est radical allant jusqu’à dire : « Si tu n’as pas aimé The Wire, tu n’es pas critique de séries« . Il continue le fil de sa pensée en expliquant qu’il faut une culture de la série pour pouvoir être critique de séries : « un regard objectif sur la qualité« . Cédric Melon rétorque très justement que l’on peut ne pas aimer The Wire tout en reconnaissant que c’est un chef d’œuvre. Il ajoute également : « être critique de séries, c’est être amené à regarder une série que l’on aurait pas forcément vu par goût personnel« .

La table ronde en détails, lire le livetweet ci-dessous :

Petit aparté : ce moment The Wire me paraissait inévitable et m’a un poil agacé. Personnellement, comme la Critique me disait c’est un chef d’œuvre alors par curiosité, j’ai regardé le pilote. Je me suis ennuyée car l’univers ne me captivait pas et j’ai sûrement vu des séries plus récentes qui me parlent davantage. Est-ce que ne pas aimer The Wire fait de moi, une non-intellectuelle de la série ? Je ne pense pas. Cependant, je comprends que l’on puisse apprécier la série et y voir des qualités indéniables.

Selon moi, journaliste ou sériephile, on peut tous être critiques de séries TV. Après chacun à ses contraintes, le journaliste consacre son temps aux séries car c’est son métier mais il est confronté à sa hiérarchie et donc, un choix éditorial plus ou moins imposé. Quant aux sériephiles, ce n’est pas son métier et la critique est une activité annexe et récréative, sa limite sera plus le temps. Dans les deux cas, regarder des séries et les critiquer cela demande du temps car même en s’y consacrant à 100% que tout voir est un véritable défi mais quel plaisir ! Je pense surtout qu’écrire sur les séries est un droit pour tous. Ceux qui peuvent en faire leur métier, c’est une chance et leur spécialisation sur les séries est un atout pour leurs lecteurs. Les autres sont tout aussi légitimes même si ce n’est pas leur métier d’origine. Tout le monde à sa place dans le monde merveilleux des séries.

Quitter la version mobile