Lubie en Série

Séries Mania S7 jour #1

Séries Mania saison 7, c’est parti ! Chaque jour, je vous fais un compte-rendu de mon immersion totale au festival Séries Mania pendant 10 jours de passion séries.

Cette septième commence bien car la ministre de la Culture, Audrey Azouley, a reçu favorablement la proposition deLaurence Herszberg, directrice générale du Forum des Images  de “créer en France un festival des séries de renommée internationale“. Une très bonne nouvelle ! La ministre a également fait part de sa volonté de distinguer les séries du cinéma ce qui encore plus appréciable pour les sériephiles.

Rencontre avec le jury international

C’est une première ! En effet, c’est le premier jury international du festival Séries Mania et donc la première conférence de presse de ce type. Cinq chaises hautes où s’installent David Chase au centre, président américain du jury et créateur de la série The Sopranos, Yaël Abecassis, actrice israélienne de Hatufim, Amira Casar, actrice dans Versailles, Fanny Herrero, créatrice de Dix Pour Cent et Toni Grisoni, créateur britannique de la mini-série Southcliffe.

Pourquoi avez-vous accepté de rejoindre ce jury international du festival Séries Mania ?

Yaël Abecassis : “Pour moi l’impact de la série israëlienne que j’ai faite Hatufim m’a surprise et je me suis mise à réfléchir sur l’importance de la télévision et du cinéma à la télévision. C’est faire passer une vérité comme je suis curieuse et dans un état où je suis consciente de ce qui se passe. Les changements radicaux qui se passent dans le monde. Je suis curieuse d’être là, de voir la réalité des autres, de me nourrir de ça et aussi faire passer des choses que je pense que je vis. C’est pourquoi j’ai accepté. Je veux dire merci d’être là”.

Fanny Herrero : “Moi, j’étais très honorée, distinguée de faire partie de ce jury guide par David Chase qui est dans le monde des scénaristes plus que Madonna, enfin entre Madonna et Le Pape. Je suis assise à côté de lui 🙂 Sans blagues, c’est un grand honneur, une grande fierté, une grande joie. Puis, de rencontrer les membres du jury. C’est toujours excitant de se dire qu’on va passer quatre jours un peu en vase clos à discuter à bâton rompu de création, de séries. En tant que scénariste aussi, il faut attendre un festival autour des séries pour que les scénaristes soient invités à faire partie du jury. Vous savez à Cannes, ça n’arrive jamais, dans les grands festivals, ça n’arrive jamais. Ce que je trouve un peu honteux donc évidemment quand nous ouvre cette porte, on y vient en courant, réjouit, heureux. Je suis très excitée de découvrir toutes ces séries surtout quand on écrit beaucoup, on a un besoin de s’éloigner un peu des créations des autres. En tout cas, moi c’est mon cas, il y a des moments où j’en perds un peu le fil. J’en regarde moins car je suis un peu en saturation de fiction à cause de mon propre travail. Et là d’avoir accès à huit séries d’un coup, de me refaire un bain de la création des autres ça m’excite beaucoup”.

David Chase : “Je suis venu car j’étais très honoré d’avoir reçu l’invitation. Je ne m’y attendais pas. J’adore venir à Paris de toute façon mais ce festival, j’en ai entendu parler par des amis qui sont déjà venus en disant que c’était vraiment bien. J’étais très fier qu’on m’invite. Mais, pour être honnête avec vous, je n’ai pas lu attentivement l’email. Donc, je n’avais pas réalisé que c’était la première fois qu’il y avait un jury. Je n’avais pas compris jusqu’à que j’arrive. J’ai hâte de voir la compétition internationale. J’ai fait partie du jury de Venise il y a quelques années et la nourriture était très bonne donc je pense que ça sera encore mieux ici donc me voici”.

Amira Casar : “Je suis ici pour apprendre. Je suis nouvelle dans le monde des séries, j’en ai fait qu’une. Les séries permettent beaucoup d’espace pour les acteurs et les scénaristes. C’est très créatif. Certaines séries que j’ai vu sont souvent bien mieux que des films. Je pense qu’elles reflètent ce qui se passent dans le monde. Chaque pays montre un aspect différent de ce beau et sombre monde dans lequel nous vivons. Je suis ravie d’être avec ce jury et on a déjà eu des verres de bon vin français. Je suis très excitée et comme vous le savez j’aime tellement Paris”.

Toni Grisoni : “C’est ma troisième année au festival Séries Mania et donc, j’ai l’impression de faire partie du mobilier maintenant. Mais, je suis très heureux d’être invité. Je me souviens de la première fois, c’était une opportunité de parler de la télévision, du drama et de parler des idées. C’était très excitant et c’est pourquoi je suis là aujourd’hui. J’ai hâte de voir des séries qui nous challengent. Plus, je suis content que David Chase soit le président du jury car j’ai des questions sur le dernier épisode des Sopranos”.

Vous avez deux solutions en tant que jury : faire des recherches au préalable sur les séries que vous allez voir ou bien y aller sans rien savoir. Quelle option prenez-vous ?

Tous les membres prennent la seconde option. Donc, notre jury international ne sait que le strict minimum sur ce qu’ils vont visionner !

En dehors de la sélection que vous devez visionner, avez-vous des séries présentées au festival que vous aimeriez voir ?

David Chase : “Je ne savais pas qu’il y avait d’autres séries en dehors de la sélection. Je serai ravi de tous les voir”.

Quels sont vos critères pour juger une série ?

Yaël Abecassis : “Pour moi, tout est émotion. Je ne regarde pas beaucoup la télévision, je regarde habituellement deux ou trois épisodes rien ne me surprend. Je suis une vieille personne dans un corps de jeune. Donc, l’émotion”.

Toni Grisoni : “Pour moi, c’est l’originalité au service de l’émotion. Mais, l’originalité est mon premier critère”.

Fanny Herrero : “Pareille pour moi tout particulièrement parce que la sélection est remplie de thrillers et des séries dans un style sombre. Comment vont-ils faire pour nous apprendre quelque chose de différent. D’être plus ouvert que l’intrigue du polar qui l’a fait. Puis, ce qui est important pour moi, c’est l’empathie. La manière dont les personnages sont construits et montrés. Ce qui m’intéresse le plus, les personnages”.

David Chase : “Je ne veux pas qu’on me caresse dans le sens du poil, je ne veux pas être traité comme un enfant. Je veux quelque chose qui me challenge et me surprend”.

Vous allez voir que deux épisodes de chaque série et on sait souvent que le pilote ne reflète pas l’ensemble d’une série qui peut s’avérer excellente malgré un pilote bancal. Comment allez-vous faire pour jugez sur seulement deux épisodes ? Les phrases clefs de notre jury international :

Fanny Herrero : “Émotionnellement, le pilote c’est toujours là où c’est dur car les fils ne sont pas encore tendus souvent ça paie au bout du trois, quatrième mais je pense qu’on est suffisamment éclairé pour sentir le potentiel”.

David Chase : “Pour moi, les meilleurs pilotes sont ceux qui n’apparaissent pas comme des pilotes. Ils semblent tenir tout seul comme un film. Mais, c’est très difficile à réaliser”.

Toni Grisoni : “Pour moi, c’est le monde proposé. Si j’ai envie de revenir dans ce monde”.

Puis, il y a eu la fameuse question différence entre séries et cinéma. À tel point qu’ils se battaient gentiment pour le micro et un véritable débat a été lancé. Toni Grisoni trouve que la télévision repose davantage sur l’intrigue alors que le cinéma s’attache à la narration. David Chase rappelle que la série est centrée sur le personnage avant tout. Fanny Herrero explique que le plus dur “c’est de créer des relations qui vont durer des heures”. Pour Yaël Abeccassis c’est une vision différente :  “ma perception des films à changer avec les séries TV“.

Un beau jury international pour cette première et hâte de découvrir leur choix lors de la soirée de clôture !

Table ronde Allociné

Cette année, c’est la première fois que j’arrive en retard à la traditionnelle table ronde Allociné que j’affectionne depuis la première saison. Mais, bon, j’étais retenue par le jury du festival. Toujours Thomas Destouches (Allociné) aux commandes et pour l’accompagner dans le débat sur “l’avenir des séries est-il dans le passé”? : Aurélien Allin (Cinemateaser), Nicolas Robert (ACS), Alix Kerrest (Daily Mars), Benoît Lagane (France Inter), Pierre Langlais (Télérama).

Beaucoup de remakes/reboots ont été évoqués du catastrophes comme Heroes Reborn, Ironside, Les Drôles de Dame au mieux réussis comme Battlestar Galatica ou bien Hawaï Five O. Il n’y a pas vraiment de pour ou contre car comme évoqué les reboots/remakes ne sont pas de mauvaises séries par défaut, il y a aussi de bonnes surprises. Cela soulève une question intéressante : “le manque de curiosité  du public” qui font qu’au final les responsables des chaînes ne sont pas les méchants mais répondent à une demande du public et donc un remake/reboot devient une stratégie de sécurité pour la chaîne.

Puis à ma petite question habituelle, Benoît Lagane a répondu. Je les interrogeais sur le nombre d’années nécessaire selon eux pour envisager un reboot/remake. On me répond 12 ou 17 ans mais la meilleure réponse reste : “un reboot peut être envisagé avec un renouvellement de génération”.

Soirée d’ouverture

Pour ouvrir le septième édition du festival Séries Mania, en plus d’un jury international prestigieux, un invité de marque : Bobby Cannavale, acteur vedette de la série Vinyl dont il est venu parlé sur scène au Grand Rex avant le visionnage public.

Avant sa prestation sur scène, j’ai pu échangé trois mots avec lui sur son personnage de Richie qu’il semble à voir un vrai plaisir à jouer à l’écran. Il m’a répondu : “j’ai eu six mois pour rentrer dans le personnage et donc je suis devenu lui”.

Le pas décontracté, Booby Cannavale monte sur la scène du grand rex pour répondre aux questions de la journaliste Charlotte Blum qu’il ponctue de petit mot en français comme “exactement” “ouais” et autres mots qui paraissent charmants prononcés par l’acteur.

Qu’est-ce que ça fait d’être choisi par Martin Scorcese et Mick Jagger pour jouer le rôle principal dans leur série ?

Bobby Cannavale : “C’est un rêve qui devient réalité. J’ai grandi dans le New Jersey, Jersey nouvelle, regardant tous ces films. La première que j’ai été choisi, c’était dans Boardwalk Empire. C’est la première fois que je travaillais avec Marty et l’excellent Terrence Winter, créateur de Boardwalk Empire et de Vinyl. C’est un grand honneur d’être choisi par eux”.

Comment vous êtes-vous émergée dans cette culture des années 70 ?

Bobby Cannavale : “J’étais très chanceux car j’ai eu beaucoup de temps pour travailler sur le projet, j’avais quelques années pour travailler. J’avais trois ans avant le tournage. J’ai beaucoup lu et fait beaucoup de recherches. Je n’avais que 3 ans en 1973 mais je me souviens des années 80 de la musique et la culture des années 70 à laquelle j’étais réceptif. J’étais fan. Grâce à Marty, Terrence et HBO, j’avais plusieurs sources et des gens à qui je pouvais parler comme Mick, Danny Golberg, David Johnson et Patti Smith. Des gens qui vivent dans le voisinage avec qui je pouvais trainer et avec qui je peux discuter de cette époque. Mais à la fin de la journée, c’est le personnage qui fait le ton de la série

Qu’est-ce que ça fait de changer de réalisateur entre le pilote et le reste des épisodes : de passer de Martin Scorcese à d’autres réalisateurs ?

Bobby Cannavale : “C’est la nature du genre de la télévision qui fait que vous travaillez avec différents réalisateurs. C’est juste la manière dont ça fonctionne, je l’ai déjà fait aupravant. Le pilote, c’était comme tourner un film car ça a pris beaucoup de temps à être réalisé environ un mois. J’avais l’impression de tourner un film puis, on a tourné le second épisode une année après. Puis, on a tourné trois épisodes réalisé par Allan Coulter qui a travaillé plusieurs années avec Terrence Winter et David Chase. Il a vraiment défini le ton de la série. Lui, Terrence et Marty sont aussi réalisateurs donc ils se consultaient beaucoup entre eux.

Bobby Cannavale finit par un mot en français écrit sur un bout de papier avec un petit accent américain :

Je déclare ouverte la septième édition du festival Séries Mania !

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