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Sur le Tournage de MARION !

tournage série MARION

Direction la banlieue parisienne dans des bureaux diplomatiques abandonnés et lumineux un jour de novembre où les bonnets et écharpes sont de rigueur en extérieur. Décor idéal pour établir les bureaux de la Crim’ où le personnage de Nathalie Duval (Jina Djemba) y reçoit la commissaire divisionnaire Edwige MARION et son équipe composée de la lieutenant Valentine Cara (Gwendolyn Gourvenec) et du lieutenant Luc Abadie (Bertrand Nadler). Mais comme le dit Louise Monot, interprète de Marion : « On s’appelle beaucoup par les noms de famille. Moi aussi d’ailleurs, je m’appelle Edwige et oui ça existe. »

Accompagnée d’une camarade journaliste, nous avons été accueillis par les équipes de 13ème Rue et la boîte de production Nolita que nous avons suivis dans un dédale de couloirs pour arriver sur le lieu de tournage. Jacques Kugler, réalisateur et co-auteur, nous explique ce que l’on filme en ce jour : « On est dans le premier épisode et on est à l’étage du bureau de Nathalie Duval. De la pièce de tapissage et vous allez voir du très grand Marion puisque Marion va avoir une conversation assez sympathique avec Valentine Cara, donc avec Gwendoline (Gourvenec) et qui est assez représentative, je pense, de son personnage. On est sur une direction artistique qui est un peu plus claire que le reste. Puisque aujourd’hui, quand vous allez au 36 qui n’est plus au Quai des Orfèvres, vous êtes dans un endroit un peu comme ça. Donc on a eu beaucoup de chance de le trouver. Ça ressemble à n’importe quelle assurance ou aux banques aujourd’hui. Donc c’est un peu ce qu’on a voulu et c’est plus clair et doux. L’endroit a plus de vitres, des parois comme ça ». En effet, la Crim’ a longtemps résidé au mythique 36, quai des Orfèvres sur l’Île de la Cité à Paris mais ces locaux anciens et exigus n’étaient plus adaptés aux besoins des effectifs. Ainsi, la Crim’ a déménagé au 36, rue du Bastion dans le 17ème Arrondissement de Paris et le bâtiment a pris le surnom du « bastion ». Si vous avez vu l’épisode 1 de Marion sur 13ème Rue, nous avons assisté à la scène entre Marion et Cara où la patronne lui reproche ses liens tendancieux avec Nathalie Duval. La scène a été jouée de nombreuses fois par les actrices Louise Monot et Gwendolyn Gourvenec afin d’avoir plusieurs angles de prises de vue. Par ailleurs, nous avons enchainé avec une scène dans le bureau de Nathalie Duval avec le personnage de Cara. On sent une vive tension entre les deux amantes…

© Elodie Daguin / 13ème Rue

Durant cette journée de tournage, j’ai pu échanger avec l’équipe et notamment Jacques Kluger à l’origine de la version audiovisuelle de Marion. Comment et pourquoi a-t-il décidé de mettre en images Marion ? Jacques Kluger raconte la genèse : « En fait, Marion, c’est l’adaptation des ouvrages de Danielle Thiéry. C’est aussi la première fois que 13ᵉ Rue, dans le cadre de ses créations originales, opte pour l’adaptation d’une œuvre littéraire en œuvre audiovisuelle. Ce qu’on a fait. Et on a surtout accepté un pari qui était assez fou et qui l’est encore aujourd’hui qui était de dire qu’à la différence des créations originales que vous avez aujourd’hui sur 13ᵉ Rue, on a accepté de traiter trois intrigues différentes à partir d’un groupe de personnages qui partent d’un point A et qui vont à un point Z et qui vont évoluer au fur et à mesure de la saison. Ça, c’est très classique, mais à travers trois intrigues et pas à travers une seule intrigue comme c’est le cas des créations originales jusqu’à maintenant. Ce qui est un défi assez fou parce que dans l’économie qui est la nôtre et dans les exigences qui sont les nôtres, on avait plus de personnages et plus de situations. Mais on a relevé le défi et on est arrivé, je pense, à une écriture, une réalisation et une image qui est extrêmement forte et riche. Oon est parti donc des œuvres de Daniel Thiéry qui sont des ouvrages qu’elle a écrit. Elle a commencé maintenant, il y a une quinzaine d’années. Il y en a un peu plus de un peu plus de dix et qui mettent en scène un personnage principal qui est le commissaire divisionnaire Edwige Marion, mais qui déteste son prénom. »

 

Comment l’auteur de Marion a-t-elle participé à la version audiovisuelle de son héroïne ?

Danielle Thiéry fut la première femme commissaire divisionnaire en France en 1991. Elle a entre autres dirigé la sécurité d’Air France. Mauvaise graine, son premier polar a paru en 1997. Beaucoup d’autres ont suivi, dont certains ont été traduits. Elle est également l’auteur de la série télévisée Quai n°1 diffusée sur France 2. Danielle Thiéry « est co-auteur de la bible, ce qui donne à la bible une certaine proximité forte avec les livres, même si on n’avait pas forcément la place de tout mettre en deux épisodes. Mais surtout, on a une proximité avec la réalité du monde policier qui est ce qui nous a rassemblés avec Danielle quand on a commencé à parler des adaptations » dit Jacques Kluger.

© Elodie Daguin / 13ème Rue

Le réalisateur explique qui est sa co-autrice : « Danielle Thiéry a vraiment géré cette brigade. Elle l’a créée sous l’impulsion de Joxe qui lui a donné les moyens de le créer alors qu’elle avait proposé quelques années avant. Et donc, elle a une très bonne connaissance de ce qui se passe. C’est très particulier parce que les gares sont des lieux très particuliers, tant au niveau de la multiplication et de la particularité des gens qu’on y croise sont des lieux ou on ne reste pas, ou très très peu. Mais c’est aussi des lieux qui voient cohabiter toutes les formes de délinquance de la plus petite. Le vol à la tire, les petites agressions à la très grande délinquance, délinquance internationale, délinquance sans frontières qu’on traite d’ailleurs dans un de nos épisodes puisqu’on a un braqueur de banque qui est parti en Belgique, qui revient en France ».

Comme vous l’avez compris la série Marion est composée de 6 épisodes et une enquête donc un roman correspond à deux épisodes. Jacques Kluger explique son coup de foudre avec les romans et à partir de quel roman sur les 14 publiés a-t-il commencé l’histoire de la série Marion : « J’ai commencé le roman qui se joue dans les deux derniers épisodes de la saison, les épisodes cinq et six. Et en fait, j’ai eu un coup de cœur sur ce qui se passait. Paris est sous une pluie diluvienne. La Seine et les bâtiments qui sont collés, et notamment la Salpêtrière, le palais de justice, sont évacués. Il arrive plein de choses, notamment à Marion. Le cinquième ou sixième roman où elle arrive à Paris et après elle reste pendant trois romans à la brigade ferroviaire et ensuite elle part à Nanterre à l’une des directions de répression du grand banditisme. Mais nous, on a décidé de prendre ces trois romans qui se suivent et donc en terme de d’évolution de nos trois personnages principaux et des autres secondaires. On avait déjà les accroches. En fait, je ne dis pas que c’était facile, mais on avait déjà cet univers littéraire qui pouvait nous guider ».

C’est d’ailleurs la profondeur des personnages qui ont motivé les acteurs à vouloir défendre ce projet. Gwendoline Gourvenec : « Qu’est ce que j’aime bien dans cette série ? C’est que c’est vraiment le mélange de choses qui donne de l’épaisseur. C’est le fait que dans le film, elle est vraiment dans un moment d’intimité encore une fois, et qu’on montre le côté vraiment humain et ça qui touche les gens éventuellement, on verra si on n’y arrive pas, mais parce que bien sûr qu’elle enquête et qu’ils fournissent des enquêtes, ça, c’est hyper important. Mais je pense que c’est aussi créer un lien et une dynamique aussi. C’est le rapport entre nous tous ». Louise Monot insiste sur cette humanité des personnages qui lui a donné envie de défendre la série et de jouer le personnage de Marion à tout prix : « Qu’est ce qu’il y a dans cette série ? Pas juste le côté enquête. Parce que moi, je pense, il y en a tellement aujourd’hui. Et avec des intrigues, des enquêtes, des noms improbables et tout, il y en a peu d’humanité derrière et qui on est vraiment. Moi, c’est ça pourquoi j’ai eu un coup de cœur sur le projet et les personnages. Et encore, il y a des choses qu’on a dû enlever pour des raisons budgétaires. C’est évidemment riche comme dans le roman ».

 

 

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