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Sur le tournage d’Un Village Français

Direction l’hôpital psychiatrique de Maison Blanche à Neuilly-sur-Marne sur le décor de la série Un Village Français. C’est dans ce lieu follement atypique que l’on y tourne la série française culte de la chaîne France 3. En plein tournage de la saison 7 et dernière de la série, J’ai pu entrer dans ces lieux magiques avec deux collègues.

Tout commence par une visite des décors en compagnie de François Chauvaud, le chef décorateur de la série présent depuis le début. Visite des décors du tribunal occupés pour le tournage à ce moment-là, visite de la salle de classe,  de la prison, de l’appartement de Marchetti, celui de Lucienne et Bériot et du logement d’Ezekiel transformé en chambre de bonne avec un coup de peinture et quelques artifices de notre chef décorateur. Le mieux c’est de regarder les photos dans ce diaporama pour avoir une idée de la réalité transformée par la caméra afin de créer l’illusion parfaite :

Interview de Frédéric Krivine

Il est un des 3 créateurs de la série et plutôt en charge de l’écriture d’Un Village Français. Sur une table de pique-nique, nous nous sommes posés pour discuter de la série et les enjeux de la saison 7.

La dernière saison est axée sur le devoir de Mémoire. Le drama est toujours au coeur de la série et une règle importante au Village Français : “Le Village Français au plan historique et politique c’est de ne pas avoir un discours fermé sur ce qu’est l’histoire d’un individu, ce qu’est l’histoire des hommes collectivement”.

Est-ce que par rapport à votre projet initial de la série qui a commencé il y a dix ans, vous êtes satisfait de ce que vous avez accompli, est-ce que ça correspond à vos attentes ?

Frédéric Krivine : “Dans les travaux qui sont les nôtres, c’est-à-dire les travaux qui sont essentiellement créatifs, vous avez deux points de  vue possibles. Ou vous êtes de l’intérieur par rapport à votre projet et donc, là en gros, vous êtes toujours en mouvement en vous fichant éperdument de l’histoire de votre projet. Donc, vous êtes là en saison 7 et vous fichez qu’il n’y ait pas d’autres expériences que les vôtres. On voit pas ça comme ça. On écrit, on fait des trucs, il y a des épisodes réussis, il y a des épisodes ratés, il y en a des moyens, bon bah c’est la vie. Le quotidien c’est de ne jamais avoir une autre vision que ça en ce qui me concerne. Après, vous dites ça dure depuis 10 ans, il y a 72 épisodes, ça va laisser une trace peu importe exactement laquelle. Évidemment qu’on est content mais je suis rarement dans cette position là”.

Avez-vous un épisode favori ?

Frédéric Krivine : “Non, je ne peux pas dire ça. Mais le dernier épisode de la saison 6 est vraiment intéressant pour moi parce qu’il va assez loin dans la comédie humaine. J’ai beaucoup aimé celui du bal mais je suis assez isolé parce que j’ai des proches qui m’ont dit que ça aillait mais qui se sont un peu ennuyés et j’ai eu sur les réseaux sociaux aussi des gens qui disaient ouais c’est bien mais bof quoi. Alors que pour moi, c’est un épisode emblématique et j’ai bien vu qu’il avait atteint le public comme je pensais. Beaucoup gens n’ont pas été sensible à la concentration dans la forme narrative qui évidemment moi m’avait beaucoup intéressé. J’ai un épisode que j’aime beaucoup c’est l’épisode  10  qui est pourtant un des rares que je n’ai pas écrit, enfin, dont j’ai écrit que 60 à 70% “Votre nom fait un peu juif”, il est bien construit celui-là. Mais, il y a surtout la scène au Lorrain, le mari de Marie rencontre l’autre braconnier et comprend qu’il est cocu, abandonne les juifs qui vont se faire descendre”.

Avez-vous l’image de fin de la série ?

Frédéric Krivine : “Oui, l’image de fin ça je l’ai toujours eu”.

Le destin des personnages a-t-il changé en 10 ans par rapport à leur trajectoire initiale ?

Frédéric Krivine : “L’histoire des personnages, c’est vraiment un aller-retour avec les comédiens, c’est-à-dire on commence par écrire pour des gens qu’on ne connait pas en général. Dans PJ, dans la réécriture car France 2 a hésité d’abord 2 épisodes, puis 6 épisodes, puis 2 puis re-6 et ça au sein du séquencier. Très tard on a su qu’il voulait qu’on en fasse 6. Alors quand j’ai fait la réécriture des 6, je savais que c’était Bruno Wolkowitch et Charles Schneider alors qu’avant ça devait être Francis Huster. Dans le cadre du Village, on apprend assez tard donc on écrit. Audrey Fleurot, je ne savais pas du tout que c’était elle. Après vous voyez les rushs des comédiens, sur 15 prises ça vous renseigne vraiment sur ce que le comédien peut donner”.

Vous n’avez pas de droit de regard sur le casting ?

Frédéric Krivine : “En saison 1, c’était vraiment très clair, on était trois producteurs Philippe Triboit, Emmanuel Daucé et moi. Moi, c’était le récit, les personnages, le montage image. Philippe Trioboit, c’était l’esthétique, le casting, la direction du plateau, le choix des chefs de poste technicien. Emmanuel Daucé, c’était la production pour faire que tout ça tourne. Du coup, moi j’étais en droit de veto sur tout et c’est à peu près resté comme ça. J’ai le droit de veto quand j’ai le temps de l’exercer en dehors de l’écriture. Les comédiens, c’est le réalisateur qui va se les taper donc il faut vraiment être sûr, c’est arrivé quand même, il faut être quasi sûr que ça ne va pas, que ce n’est pas le personnage pour vous mettre dans une position de dire j’en veux pas. Après moi, j’ai une influence importante car si j’aime bien un comédien sur une saison x, donc je vais le faire monter. Par exemple, Bériot ça devait être un personnage secondaire. A l’origine, c’était madame Bériot qui tombait amoureuse de Lucienne. Madame Bériot, Action Française, psycho-rigide qui tombait amoureuse de Lucienne. Je vois arriver ce mec qui avait deux ou trois séquences dans l’épisode 5-6, rien d’important et bon. Il est parfois arrivé l’inverse qu’un comédien m’emballe pas et prenne une balle perdue. Mais, disons que ça reste une force de proposition de la mise en scène. J’ai effectivement proposé  mon épouse Axelle Maricq, mais je ne suis pas polygame donc ça ne va pas arriver une deuxième fois ou sinon, j’aurais des problèmes avec ma femme”(rires).

La suite pour Frédéric Krivine ? Une série sur la Commune de Paris !

Quelques secrets de tournage :

Cyrille Couton alias Servier dans Un Village Français

Un Village Français saison 7 partie 1 sur France 3 !

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