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The A Word : un mot et c’est un monde qui change…

Rencontre avec un bonhomme très spécial du nom de Joe !

Il y a des mots une fois prononcés, ils changent votre vie à tout jamais. C’est ce qui est arrivé à la famille Hughes quand pour parler de Joe, leur fils de 5 ans, le mot Autisme a été énoncé. Tel un couperet, cette affirmation médicale provoque un séisme chez les Hughes. Leur progéniture a un trouble et elle est incurable. Joe n’est pas normal, il est différent. Son état peut faire peur aux autres et à sa propre famille. Accepter que son enfant a un problème et que son état évoluera peu ou pas.

The A Word explore avec finesse ce traumatisme qui vient secouer cette famille ordinaire : Alison, mère de Rebecca issue d’un premier mariage et de Joe, fils de Paul avec qui elle vit au quotidien. Puis, il y a le reste de la famille aussi impacté car le téléspectateur fait connaissance avec le père d’Alison, Maurice et son frère Eddie avec sa belle-soeur Nicola. Tous vivent ensemble le changement d’état de Joe : de petit garçon normal, il devient différent une fois le mot commençant par un A prononcé. Certes, Alison et Paul ont échappé à la sentence en ignorant sans le vouloir la réalité. Ils sont humains après tout. Joe n’a pas changé à cinq ans, les symptômes étaient présents bien auparavant. C’est seulement une fois le diagnostic établi que tout change.

De la réalisation du changement à l’acceptation, la série propose un portrait réaliste à l’échelle d’une famille moderne. En totale empathie avec les parents, leur désarroi est accessible à tous. The A Word s’intéresse à un sujet pas évident et très touchant : l’autisme ou le trouble du spectre de l’autisme comme expliqué par le médecin. Les Hughes connaissent alors des turbulences que ce soit au niveau des parents qui n’ont pas la même approche sur une situation imprévue et nouvelle à gérer, la soeur qui se sent mise à l’écart, le grand-père qui a vouloir bien faire fait des erreurs irritantes tout comme le frère et la belle-soeur trop intrusive de part son expérience professionnelle dans le milieu médical. Tous souhaitent le bonheur de Joe mais ils sont déstabilisés par cette situation. C’est cette recherche de solutions qui est merveilleuse dans cette série. De la tension créée par un imprévu en ressort une forme d’acceptation et comme dit Rebecca en fin d’épisode 1 :

Rebecca : He’s Joe, he’s always been Joe. Why wouldn’t we want him to be Joe?

C’est Joe, il a toujours été Joe. Pourquoi ne voudrions pas qu’il soit Joe ?

Pourquoi changer ce petit garçon ? Peut-il changer ? Difficile à savoir et la série ne laisse pas de faux espoirs sur le sujet. En revanche, elle permet de parler de l’autisme et de voir l’impact sur les familles. Souvent les parents des enfants autistes se séparent (selon les études 80% de divorce), peut-être qu’Alison et Paul sont un espoir en soit malgré le stress et les tensions que l’état de Joe provoque chez eux. Leur couple reste uni et en plus, ils ont l’air d’être de si bons parents.

En dehors de l’histoire de Joe, les personnages secondaires vivent une vie assez banale mais c’est vraiment tout ce qui tourne autour de Joe qui est intéressant, c’est là où il y a le plus d’imprévu et d’émotions.

Toutes mes félicitations à Max Vento, ce très jeune acteur qui propose une performance époustouflante pour son âge et avec son regard à croquer, la compassion pour Joe est si naturelle dès les premières minutes où il chante à tue-tête ▶ « World Shut Your Mouth » de Julian Cope sur son chemin encerclé de montagne.

Quelques minutes de The A Word diffusées au MIPDRAMA screenings m’avait suffisamment émue pour avoir envie de découvrir la série dans son ensemble. En trois jours, trois épisodes visionnés complétement fasciné par cette famille essayant de comprendre son petit Joe. Le saviez-vous, The A Word est une série adaptée d’une série israélienne Yellow Peppers.

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