Site icon Lubie en Série

Les dessous de The Collection

Cousu Main

“Ce qui compte ce n’est ce qu’ils portent, mais ce qu’ils cachent” ! Découvrez ce dossier cousu main sur The Collection. La première co-production entre France Télévisions, Amazon et BBC Worldwide diffusée sur France 3. Après avoir aperçu quelques images au Festival Série Séries Saison 5, j’ai eu la chance de rencontrer Alix Poisson, Alexandre Brasseur et la costumière Françoise Bourriec de Chattoune & Fab pour parler de The Collection.

Alix Poisson est Charlotte

L’actrice joue Charlotte, vêtue de noir quand elle travaille chez les Sabine, un costume habituel pour une première vendeuse dans une maison de mode réputée. Un vêtement qu’Alix Poisson considère comme “une carapace” pour son personnage qui se découvre rarement mais assez pour voir ce qu’elle renferme comme secret…

Aviez-vous envie de faire une co-production ?

Alix Poisson : “En fait, ça ne se passe pas comme ça. C’est ce que je dis à chaque fois, nous, ont lit, du moins je suis comme ça en tout cas, je lis, je vois si c’est bien écrit, intéressant. Si la personne qui porte le projet a une vision et une vision qui est enthousiasmante. Si c’est le cas, j’y vais. Après que ce soit une co-production anglaise, italienne, autrichienne comme j’ai fait l’année dernière, ça importe peu. Moi, j’étais vraiment contente car c’est un réel plaisir de l’ordre de la madeleine de Proust de parler en anglais et de jouer en anglais. C’était très challenging comme ils disent de réussir à prendre l’accent anglais alors que je suis bilingue en américain, j’ai l’accent américain. Il y a une sorte de défi qui m’excitait beaucoup de me dire il faut qu’on y croit. J’ai tant de temps et tant d’heures de travail pour qu’on y croit que je suis anglaise et que je parle cet anglais parfaitement à travers ce personnage”.

Comment voyez-vous les rapports entre Charlotte et Nina ?

Alix Poisson : “Elles ont quelque chose comme une similitude. Il y a quelque chose qui les relie dans leurs failles et parcours de vie en tant que femme. Je pense que quand c’est le cas dans la vie, vous le sentez chez la personne et du coup, elle le sent chez Nina et du coup, elle sent qu’il faut la protéger. Comme les autres sont aux abois pour essayer de la déstabiliser. Elle sent qu’il faut quand même la protéger”.

Alexandre Brasseur est Victor

L’acteur joue Victor, homme de main de Paul Sabine voire de sa mère ? Discret que cache comme secret ce personnage…

Qui est Victor ? Quels rapports avec Paul Sabine ?

Alexandre Brasseur : “Sur le papier, je suis l’homme de main. Au delà de ça, des rapports avec plus ou moins de profondeur, des rapports qui sont plus ou moins lointains. Après chacun est libre de construire ce qu’il y souhaite. Nous, on a voulu construire un rapport qui va quasi au-delà du professionnel. Il se trouve qu’on a eu la chance de s’entendre extrêmement bien avec Richard (Coyle) et c’est du coup c’est quelque chose que l’on a creusé avec Oliver Goldstick, le showrunner y compris avec la mère, il y a un rapport filial. C’est vrai qu’il est l’homme de main, lui a besoin d’avoir les mains très propres et je pense qu’ils sont liés de part ce qui s’est passé pendant la guerre. Dans l’absolu, c’est une série qui parle plus de ce que les gens ont vécu. Plus toutes les casseroles qui ont aux fesses, plus que la création d’une maison de couture. C’est ce qui en fait son intérêt, je trouve. Et ce qui fait que les intrigues sont plus sulfureuses et plus croustillantes que le simple postulat d’une maison de couture qui est très bien exploité au demeurant car on bénéficie de ces beaux costumes et beaux décors”.

Si on veut faire de la belle série, de la série ouvrage, de la série premium comme on dit. On ne travaille pas en français.

Le fait que ce soit une série anglaise, cela vous a-t-il fait impressionné au départ ?

Alexandre Brasseur : “Non, au contraire. Je pense que c’est comme cela qu’on doit travailler aujourd’hui. Si on veut faire de la belle série, de la série ouvrage, de la série premium comme on dit. On ne travaille pas en français. Il faut être capable de travailler à l’étranger et tout ça doit se passer tranquillement et sereinement. Ils acceptent le fait que l’on reste malgré tout des francophones parlant anglais. Quand vous prenez Versailles, il y a beaucoup d’acteurs allemands, des acteurs du monde entier et tout ça se passe très bien. Regardez The Young Pope, on retrouve des italiens, des françaises et tout cela se passe très bien. Je crois qu’aujourd’hui le monde est en pleine mutation. J’ai envie de dire, c’est la télé de demain mais non, c’est la télé d’aujourd’hui. C’est comme ça. Et quand on a la chance de parler anglais, il faut le mettre à profit”.

Comment s’est passé le travail avec les équipes anglaises ?

Alexandre Brasseur : “Très engagé. Le travail chez les anglosaxons demande aux acteurs beaucoup d’investissement, beaucoup de rigueur. Beaucoup de choses qui manquent en France sur certains plateaux de tournage. Et c’est pas désagréable de se mettre à ce diapason-là. C’est vraiment le pays du travail. Je me souviendrais de cette lecture au tout début janvier avant le tournage et ensuite, on faisait des séances de travail groupe par groupe sur des scènes un peu complexes. Richard Coyle, il faisait les scènes texte fermé. Autant, vous dire qu’il avait travaillé. Il y a certain acteur qui le font en France au théâtre quand ils arrivent en répétition, il y a notamment Michel Bouquet. C’est très agréable. En tout cas, ça me plaît les ambiances de travail”.

Le secret des costumes de la série

C’est la maison Chattoun et Fab qui assure la partie costume de la série et qui a créé la plupart des pièces que vous allez voir à l’écran. Le savoir-faire français dans toute sa splendeur. Françoise Bourrec alias Chattoune explique son travail et comment la robe rouge est devenu en quelques sortes et malgré elle, l’emblème de The Collection.

Comment vous êtes-vous retrouvé sur ce projet ? 

Françoise Bourrec : “On a d’abord mis en compétition avec d’autres gens. La réalisatrice avait beaucoup aimé ce que l’on avait fait sur Coco Chanel & Igor Stravinsky. Elle avait bien aimé notre vision, notre démarche costume. Et on s’est entendu”.

Combien de costumes fabriqués pour la série ?

Françoise Bourrec : “On a fabriqué environ 40 costumes. La première collection que l’on voit dans le premier épisode, pas dans le défilé mais dont on voit les modèles. Tous les costumes de Paul et Claude. Quelques robes d’Hélène et de Charlotte vers la fin. C’est déjà énorme. Ce sont des robes fabriquées d’une façon moderne mais aussi d’une façon couture”.

La robe rouge, signe emblématique de la série, s’est imposée toute de suite ?

Françoise Bourriec : “Non, le showrunner m’a dit ‘comment osez-vous mettre une robe rouge à une fille rousse’!. Mais pourquoi c’est magnifique. Il y croyait tellement pas. La robe rouge, c’est la robe la plus simple et la plus compliquée à faire”.

Puis sans compter le nombre de robe à déchirer comme la robe rouge ou bien à brûler comme la robe de la mariée.

The Collection / Cousu Main sur France 3 !

Verdict sur The Collection

The Collection, c’est beau, élégant tout est fait pour éblouir et en mettre plein les yeux. Les costumes font rêver, l’époque fait rêver (La séance de photos de Nina sur les bords de Seine est splendide), les photos sont belles, mais les personnages ne captivent. Ils n’ont pas assez de profondeur pour nous embarquer dans leur aventures. Les frères Sabine ne cessent de se chamailler comme s’ils ne pouvaient pas se parler correctement une seule fois.  Tout est dispute, ils ne communiquent, ils s’aboient dessus constamment et sans relâche. Au bout de la troisième engueulade, on se lasse…. Même si les acteurs Tom Riley (Claude) et Richard Coyle (Paul) sont taillés pour leurs rôles. Nina est la cendrillon de la série. Seul le personnage de Mamie Gummer, Helen, quoique un peu trop bien élevée, a su m’émouvoir un peu. Quant à nos frenchies Alix Poisson, Alexandre Vasseur et Jenna Thiam, ils assurent dans leur prestation surtout cette dernière qui après Les Revenants, a su montrer son potentiel d’actrice de l’autre côté de La Manche. Un peu cocorico est mérité 🙂

The Collection / Cousu Main est une série d’époque racontée par un créateur, Oliver Goldstick (Pretty Little Liars et quatre épisodes de Lipstick Jungle), coincé dans celle-ci. Ce genre de série semble à partir à une autre temps, un style dépassé pour notre époque moderne. Des séries comme The Collection sont passée de mode, si j’ose dire. Le scénario est aseptisé et les personnages clichés (cendrillon, querelles fratricides, mère toxique, gay incompris…etc.)

Alors il faut regarder The Collection sous un angle plus simple, un premier degré, celui le plus plaisant : le monde de la mode dans un Paris d’après-guerre. Sous cet objectif, la série a un côté charmant. C’est comme ça que j’ai perçu The Collection et que j’ai pu m’évader dans un autre Paris le temps de quelques photos prises par le photographe attitré Billy !

NB : tous les acteurs se sont doublés en français.

Degré de Lubie

Degré de Lubie
31%

Exit mobile version