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Totally Serialized : jour 2

Deuxième journée au festival Totally Serialized au programme toujours des panels intéressants axés davantage sur l’écriture et des projections dont la série anglaise Banana en présence de l’équipe.

Panel : comment écrire une série ?

Les intervenants : Ashley Pharoah (The living and the dead, Eternal Law, Life on Mars), Frédéric Krivine (Un Village français) et Ben Harris (Transporter) animé par James Rampton journaliste TV Independent.

Un échange entre un auteur français et deux auteurs anglais idéal pour comparer les deux savoir-faire. Frédéric Krivine explique que les chaînes françaises ne sont pas à cheval sur la longueur de l’épisode mais ça se joue à quelques minutes près. Les intervenants anglais sont surpris et aimeraient avoir ce luxe. L’auteur français poursuit en expliquant qu’il n’y a pas de recette toute faite pour les séries, sinon, les américains l’aurait vendue depuis longtemps.
Les trois auteurs en arrivent à parler du retour des exécutants des chaînes sur leur script. Ce qui en ressort tout dépend de la relation entre le scénariste/créateur de la série et les exécutants. Ces derniers sont parfois à côté de la plaque. Ben Harris raconte avoir eu sur un seul script le retour de sept personnes sous formes de notes et toutes disaient le contraire les unes des autres. Enfin, un des problèmes majeurs soulignés par les intervenants : c’est la peur des exécutants des chaînes qui nuit aux scénaristes.

Panel : Workingirls : écrire une comédie

Questions/Réponses avec la scénariste de la série Béatrice Fournera.

Workingirls est une adaptation de la série allemande appelée Toren C. d’après Béatrice Fournera au début la série était à 60% une adaptation et 40% de création maintenant, les chiffres sont de l’ordre de 30% d’adaptation et 70% de création. L’objectif de la série d’après les mots de Béatrice Fournera : “On ne veut pas être féministe mais juste drôle”.
La scénariste avoue que le travail des anglais en matière de séries l’inspire beaucoup. D’ailleurs, elle pense qu’il est nécessaire de regarder le travail des autres et on peut en être influencé. Béatrice Fournera explique qu’en ayant ce genre de démarche, on peut que s’élever par le haut. Sinon, personnellement, elle est admiratrice de Ricky Gervais et Stephen Merchant. Enfin, à la question de faire une version anglaise Workingirls elle aimerait beaucoup que cela arrive ou que la série soit diffusée en Angleterre mais elle reconnaît que le titre de la série doit changer car il n’a pas été pensé pour l’international. En anglais, le terme signifie prostituée.

Masterclass avec Toni Grisoni, créateur de Southcliffe

L’ambiance de Toni Grisoni avec Southcliffe, c’était d’abordé les thèmes du deuil et de la perte. Il voulait faire une série sur ces thèmes. Il connaissait le lieu : Faversham dans le Kent qui devient Southcliffe. Une fois le lieu choisi, la question était de savoir : “qu’est-ce qui tue ces gens ? Est-ce un désastre naturel comme un désastre industriel ? Mais si vous parlez d’une fusillade et que celle-ci soit réalisée par un membre de la communauté, cela rend l’histoire plus complexe parce que vous allez vous demander : pourquoi ? Et vous allez vouloir savoir et comprendre. C’était un angle intéressant à travailler”, explique le créateur.

Masterclass BAFTA : entrer dans le milieu de l’écriture TV

Les intervenants : Daniel Fajemisin Duncan, Marlon Smith (Run), Lucy Kirkwood (The Smoke, Skins), John Jackson (Being Human, In the Flesh) et Benjamin Dupas (Un Village Français, Kaboul Kitchen) animé par Hilary Martin à la tête des séries dramatiques pour la BBC en Angleterre du Nord.

Dans ce panel, un frenchy et d’autres jeunes scénaristes talentueux anglais dont les deux scénaristes de Run qui ont remporté un BAFTA pour leur série. Et pourtant, Run devait être à l’origine commencer sur le web et si le succès était au rendez-vous, les scénaristes avaient prévu de faire d’autres épisodes. D’ailleurs, un des créateurs de la série, Daniel Fajemisin Duncan estime que une plateforme comme You Tube est un moyen de faire connaître son travail et se faire repérer par une chaîne, d’où son idée de départ de partir sur une version  digitale de sa série.
Tous ces jeunes scénaristes disent que leur métier vaut le coup mais qu’il faut de la patience et de l’endurance. Accepter que son travail soit retouché par le créateur de la série au départ selon Benjamin Dupas. Afin qu’un jour, il n’y ait plus de retouches et que ça soit votre script. A cela Daniel Fajemisin Duncan donne un bon conseil aux aspirants scénaristes : “Si on vous rejette, c’est à ce moment-là qu’il faut travailler davantage”. Ne pas relâcher la pression et tous sont d’accord pour dire que le travail paye un jour du moins ils ont en vécu l’expérience. Lucy Kirwood appuyée par Hilary Martin dit : “ils veulent simplement de bons scripts” ! Le “ils” fait référence aux chaînes et elle insiste sur le fait de ne pas avoir d’expérience n’est pas un problème si le script est bon. Hilary Martin rajoute qu’il ne faut pas penser budget au moment de l’écriture mais laisser son imagination fleurir.

Masterclass avec la productrice de Red Production Company, Nicola Shindler

Véritable personnage et toujours à la recherche de nouveaux talents, Nicola Shindler est une productrice à la tête d’une importance entreprise de production mais elle ne se préoccupe pas des chiffres, elle a des gens de confiance pour le faire. Quand elle choisit un script, c’est en fonction de son goûts même si parfois, elle reconnaît un bon script sans avoir plus d’affinités avec son univers. Les auteurs engagés par la productrice peuvent s’essayer à la réalisation de leur série. Une expérience intéressante car l’auteur donne des éclairages différents sur la série que le réalisateur ne perçoit pas. Même si Nicola Shindler encourage ce genre d’initiative, elle ne veut pas que cela se fasse au détriment des réalisateurs de métier car elle essaie de dégoter des nouveaux talents dans cette branche.

La soirée s’est achevée avec la projection des épisodes 4 et 5 de  Banana (les épisodes sont dissociables les uns des autres) suivi d’une séance de questions/réponses avec l’équipe de la série : Bethany Black (actrice), Luke Newberry (acteur), Luke Snellin (réalisateur), Matt Barry (réalisateur), Lewis Arnold (réalisateur) et Emily Feller (productrice).

Luke Newberry a été intéressé par le scénario de Banana et en particulier la relation entre Sophie et Josh plus que la première scène de l’épisode dont il redoute les gifs sur les réseaux sociaux. Pour Bethany Black, c’est son premier rôle à la télévision. Elle est plus habituée à faire du stand up. Elle a passé l’audition Banana sur le conseil d’un ami ayant vu l’annonce. En une semaine, elle décrochait le rôle d’Helen et se retrouvait à tourner l’épisode 4 centré sur son personnage. Dans ce fameux épisode, les amis Facebook qui commentent les photos et vidéos d’Helen sont en réalité des amis du réalisateur Matt Barry ! Le tournage de cette scène est assez complexe car la caméra devait filmer à des endroits précis et tout le reste du travail est de la post-production. Sachant qu’un épisode de Banana prend cinq jours et demi de tournage et deux semaines de post-production. Vu en aparté, Luke Newberry travaille sur un film et il n’a pas d’ambition américaine pour le moment. Il se voit continuer sa carrière en Angleterre voire en France.

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