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WENTWORTH saison 6 et 7 hors des murs ?

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Là où Orange is The New Black pêche avec l’inégalité entre ses saisons sans jamais revenir au niveau de la saison 2, Wentworth monte en puissance à chaque saison sauf après la cinquième où il y a vraiment une cassure. J’ai enchaîné la saison 6 et 7 de Wentworth et j’ai vraiment senti cette cassure. Même si j’étais excitée à l’idée de revenir dans l’enceinte de Wentworth, j’ai ressenti assez rapidement un relâchement dans l’écriture de ces deux saisons de la série australienne. Une fois, The Freak alias Joan Ferguson enterrée, c’est comme si l’équipe de scénariste n’avait plus d’inspiration…

 

Comment faire pire que The Freak au sein de Wentworth ?

En même temps, je les comprends ces scénaristes avec Joan Ferguson dans le genre super vilaine, ils ne pouvaient pas rêver mieux. Après The Freak, les autres antagonistes peuvent apparaître soudainement insipides. En plus, Bea Smith n’est plus là et Frankie reste le temps de quelques épisodes du début de la saison 6 pour quitter la série. Heureusement, il reste la rigolote Boomer, la touchante maman des détenues Lizzie, la sensible Allie et la redoutable mais juste Kaz. Sans oublier du côté de l’ordre, la poignante Vera, son fidèle allié Will, la peu souriante Miles et le fourbe Jake. Pour bouger tout ce petit monde, de nouveaux personnages : Rita et sa soeur Ruby et l’impitoyable Marie Winter (interprétée par Susie Porter qui était venue en France pour présenter Seven Types of Ambiguity à Séries Mania). Pour info, si vous êtes posé comme moi la question pourquoi Rita ne porte pas l’uniforme, c’est parce qu’elle est en détention provisoire et dans la saison 1, il est spécifié à Bea Smith que si elle le souhaite, elle n’est pas obligé de porter l’uniforme tant qu’elle n’est pas officiellement détenue à Wentworth.

Alors, même si elles ont toutes leur petit caractère, les nouvelles recrues ne secouent pas assez les choses pour rendre les intrigues aussi addictives et captivantes que les saisons précédentes. Par exemple, la vengeance de Marie Winter par rapport à son fils et le motif de sa mise en prison sont un peu surfaits pour les actes qu’elle commettra par la suite. Rita et sa soeur sont bien gentilles mais elles n’inspirent ni la sympathie ni la peur malgré une Ruby un peu têtue limite agaçante. En plus, on sent qu’il y a une volonté de faire monter la sauce à chaque épisode de façon un peu artificielle.  Objectivement, la prison de Wentworth est la moins efficace des prisons de toute l’Australie. Meurtres, prise d’otages, empoisonnements, chute mortelle, incendie volontaire ou autres événements catastrophiques s’enchaînent au fil des épisodes. Il y a longtemps que j’aurais remis en cause les capacités de Vera a assuré le rôle de gouverneur. Les deux saisons sont égalitaires niveau événements glauques. Même si clairement la saison 7 avec l’épisode 4 sobrement nommé « Karen » est le plus émouvant. Toujours un petit pincement au coeur quand une « top dog » quitte l’arène et surtout quand la mise en scène est plutôt bien orchestrée. Kaz quitte le psy, confiante, on attend les mots qu’elle a prononcé chez le psy avant l’irréparable :

 

Karen Proctor : When I was a kid, I was the victim. I was Karen. But I refused to let that be my story. Ever since, I’ve been fighting. All I ever wanted to do was protect the vulnerable. But now I can see a new way forward. Not controlling the women but supporting them, encouraging them to make their own choices. I feel respected, appreciated and loved. You know, I am proud of my achievements and I’m proud of the woman that I’ve become. And I’m hopeful for the future.
Karen Proctor : Quand j’étais une enfant, j’étais une victime. J’étais Karen. Mais, j’ai refusé que ce soit mon histoire. Depuis ce jour, je me bats. Tout ce que j’ai toujours voulu faire, c’est protéger les vulnérables. Mais, maintenant je peux voir un nouveau chemin à venir. Ne pas contrôler les femmes mais les encourager, les soutenir à faire leurs propres choix. Je me sens respectée, appréciée et aimée. Vous savez, je suis fière de mes accomplissements et je suis fière de la femme que je suis devenue. Et je suis optimiste pour le futur.

 

ça c’était avant… même si Ruby n’a pas été débusquée en fin de saison 7, sans leader, Marie prend la relève et l’histoire se recentre sur elle et sa vengeance pour son fils. Comme si on essayait de nous faire oublier qu’il n’y a plus de leader dans le jeu parce que Marie Winter est, certes, redoutable, mais elle passe après bien plus puissante qu’elle.

En fait, ce qui m’a dérangé dans cette saison 6 et 7 de Wentworth, c’est comme ci ces deux saisons étaient décorrélées du reste de la série et des saisons précédentes. Comme si de nouvelles intrigues devaient effacer le passé de Wentworth. Comme si ces deux saisons étaient deux morceaux à part dans l’histoire de Wentworth reliée par des liens bien trop fragiles comme le trio Will, Vera et Jake réunit autour d’un chantage sur Ferguson. Ah oui ! Le personnage tant regretté qu’on nous fait apparaître dans des hallucinations de Will et qui même retrouve la vie ? Comme ressuscitée d’outre-tombe ?! Grave erreur avec cette dernière image de la saison 7, Wentworth perd sa crédibilité à mes yeux…

Visiblement les scénaristes n’ont pas su lâcher ce personnage de The Freak car même si le personnage n’est pas présent physiquement, il hante les esprits de nos héros. Comme si son retour était orchestré et comme si il y avait un refus d’enterrer pour de bon un personnage emblématique de la série Prisoner des années 80. Jouer sur la nostalgie et admettre que le personnage de Joan Ferguson est un personnage trop puissant voire indispensable au bon fonctionnement de la série. Dommage parce que sa fin avait bien mise en scène en fin de saison 5.

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