Interview SOUS PRESSION avec Eva Mrogan et Vinette Robinson !

Interview SOUS PRESSION avec Eva Mrogan et Vinette Robinson !

Récompensée par trois Nymphes d’or au Festival de Télévision de Monte-Carlo 2024 (Meilleure série, Meilleure actrice pour Eva Morgan, Meilleur acteur pour Warren Brown), SOUS PRESSION (The Gathering) est une série britannique d’Helen Walsh qui plonge une petite ville anglaise dans le chaos après l’agression violente d’une adolescente lors d’une fête clandestine.
L’agression violente d’une adolescente lors d’une fête illégale sur une plage provoque une onde de choc et de suspicion dans une petite ville près de Liverpool. Chaque épisode dévoile les rivalités entre les adolescents mais aussi celles entre leurs parents. Cinq familles différentes mises en lumière tout au long de la série et dont les secrets et mensonges, progressivement révélés, conduiront à exposer les raisons de l’agression de la jeune fille.  

C’est lors du Festival de Télévision de Monte-Carlo que j’ai rencontré en table ronde les actrices Vinette Robinson et Eva Morgan, dont c’est le tout  premier rôle, ainsi que la créatrice Helen Walsh et la productrice Laura Cotton.

Robin Vinette & Eva Morgan
Robin Vinette & Eva Morgan

Jouer SOUS PRESSION !

Même si vos personnages partagent peu de scènes, quel rôle ont joué vos partenaires de jeu dans votre expérience sur cette série, que ce soit sur le plan professionnel ou humain ?

Vinette Robinson : « Curieusement, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de travailler avec Eva. Nous n’avons pas réellement de scènes ensemble. J’ai davantage travaillé avec Sadie, qui interprète ma fille et qui est déjà très accomplie dans son domaine. Mais oui, j’espère avoir été une présence bienveillante et soutenante sur le tournage. Elle n’avait certainement pas besoin d’aide pour jouer la comédie, mais parfois il s’agit simplement d’apprendre à évoluer sur un plateau de tournage. Je pense qu’il est très important, lorsqu’on est une actrice plus âgée ou plus expérimentée, d’aider et de soutenir les plus jeunes membres de la distribution. »

Eva Morgan : « En réalité, Vinette et moi n’avions pas vraiment de scènes ensemble, mais elle a été d’un grand soutien pour moi et je l’admire énormément. C’était précieux d’avoir quelqu’un comme elle à mes côtés, surtout pour mon premier rôle.
C’était à la fois très excitant et très intimidant. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Je savais que ce serait beaucoup de travail, mais je savais aussi que j’y mettrais toute mon énergie parce que ce projet me tenait énormément à cœur.
J’ai davantage travaillé avec Warren Brown, qui interprète évidemment Paul. Nous avons développé une belle relation père-fille, à l’image de celle de nos personnages. Dans la série, il y a des scènes plus lourdes, plus tristes et émotionnelles. C’était donc agréable d’avoir Warren avec qui partager des moments plus légers et rire un peu entre les prises.
Warren et moi tenions beaucoup à la relation entre Paul et Kelly. C’était vraiment la base sur laquelle nous voulions travailler et que nous souhaitions développer avec le plus grand soin. J’ai énormément appris grâce à cette expérience. »

Kelly est une gymnaste incroyable. Eva, comment avez-vous travaillé la partie physique du personnage ?

Eva Morgan : « J’ai eu d’incroyables doublures pour les cascades, car certaines étaient vraiment très difficiles. Les saltos, notamment, étaient particulièrement impressionnants. Il y avait aussi des séquences sur les bâtiments et en hauteur. Avec certains autres membres du casting, nous avons suivi un entraînement en amont. Nous avons notamment pratiqué un peu de parkour afin de nous mettre dans l’état d’esprit de Kelly et de comprendre l’adrénaline qu’elle ressent, ainsi que les raisons pour lesquelles elle aime autant cette discipline. J’ai d’ailleurs passé beaucoup de temps avec ma doublure de parkour, Rachel Gough. Elle a à peu près mon âge et c’est une véritable athlète de parkour. C’était très enrichissant d’écouter son expérience et son parcours. Mais oui, j’ai quand même réalisé quelques cascades moi-même. À un moment, c’est bien moi qui saute par-dessus une barrière, et je fais également une roulade. »

Eva Morgan et Vinette Robinson dans la série sous pression • The gathering
Eva Morgan et Vinette Robinson

Créer SOUS PRESSION !

Laura Cotton, la productrice de la série Sous Pression raconte que l’idée est venue d’Helen Walsh, romancière de profession, qui a approché sa société de production pour penser le projet en série. Laura Cotton dit : « Tout est parti de l’idée, en réalité. Helen avait d’abord commencé à l’écrire sous la forme d’un roman, mais elle a vite eu le sentiment que cet univers, qui plonge dans le monde de la gymnastique et du freerunning, était extrêmement visuel. Elle voulait donc en faire une série télévisée. » Helen Walsh était très inspiré puisqu’elle ajoute : « Helen est alors revenue avec… 70 pages ! Elles détaillaient l’ensemble de l’intrigue, tous les personnages et tout l’univers de la série. » Un travail bien important que ce qui était demandé mais qui a séduit la chaîne anglaise Channel 4 qui a seulement exigé que le développement se fasse « autant les personnages des parents que ceux des jeunes protagonistes« .

Helen, vous êtes romancière à l’origine et la série SOUS PRESSION est votre première expérience de scénariste. Pourquoi avoir eu envie de franchir le cap avec ce projet en particulier ?

Helen Walsh : « Je pense que j’écris de manière assez visuelle. Mais je crois aussi que chaque histoire doit être abordée de façon unique. Avec Sous Pression, j’ai vraiment eu le sentiment que son médium naturel était la télévision. J’avais commencé à l’écrire sous la forme d’un roman, c’est un univers tellement saisissant. Et puis, j’aime profondément ma ville, Liverpool, et je voulais la montrer d’une manière qui, selon moi, capture véritablement son âme. Liverpool a un immense cœur. C’est une ville vibrante, dynamique, obstinée. Elle refuse d’avaler la pilule et préfère toujours faire les choses à sa manière. On retrouve cet état d’esprit chez tous les personnages, en particulier les adolescents. Malgré les difficultés auxquelles ils sont confrontés, ils possèdent tous une énergie et une force de caractère remarquables. La ville elle-même dégage une incroyable vitalité, malgré tous les problèmes qu’elle a pu traverser. C’est quelque chose que je tenais vraiment à montrer, et je voulais le faire de manière visuellement marquante. Le réalisateur, Gareth Bryn, a passé du temps à Liverpool lorsqu’il était étudiant, à la fin de son adolescence. Il connaît donc la ville de façon très intime. »

sous pression série
© ITV Studios
 
Quel a été le principal défi à écrire votre premier script de série télévisée ?
 

Helen Walsh : « Le principal défi, c’est d’écrire des épisodes de 43 à 46 minutes, avec de nombreux personnages, plusieurs univers et de multiples lieux. C’est là que l’on s’appuie énormément sur les autres. J’appelle souvent Laura mon guide éditorial. Vous arrivez parfois à la fin d’un épisode et vous réalisez qu’il reste encore huit scènes essentielles à intégrer alors que tout est déjà extrêmement serré. Vous passez des heures à regarder votre texte sans voir comment le retravailler. Puis Laura arrive et dit : C’est simple, on déplace cette scène ici, celle-là là-bas, et on introduit cet élément plus tôt. C’était donc vraiment agréable d’avoir ce soutien. Le processus d’écriture d’un roman est très solitaire et très long. Travailler sur une série était différent, et finalement très appréciable. Cela ne s’est pas fait sans une certaine appréhension, car il faut partager son travail beaucoup plus tôt. Pour un roman, on réécrit, on retravaille, on corrige encore et encore avant de se dire : Cette fois, je suis prête à le montrer à tout le monde. Pour une série, c’est plutôt : Les quatre semaines sont écoulées, il faut rendre le script. Et c’est terrifiant ! Mais je pense aussi qu’il est beaucoup plus douloureux de supprimer deux pages d’un roman après avoir passé tant de temps à peaufiner chaque phrase. Avec un scénario, c’est plus facile. En réalité, c’est même parfois libérateur de couper une scène ou une séquence. On travaille à un rythme tellement rapide qu’on ne s’attache pas de la même façon au texte. Le processus devient plus fluide et plus libre. »

Que souhaiteriez-vous que le public retienne de la série, une fois qu’ils ont vu l’ensemble des épisodes ?

Helen Walsh : « Les performances absolument incroyables des acteurs. Là-dessus, je n’ai aucun mérite : tout revient aux comédiens et aux réalisateurs. Je pense que ce sont toujours les personnages qui restent en mémoire lorsqu’on termine une série. Bien sûr, on peut écrire et construire de grands personnages sur le papier, mais au final, tout dépend de l’interprétation. On est entre les mains des acteurs. Il y avait énormément de complexité dans les personnages adolescents de la série, et avec un autre casting, tout cela aurait pu ne pas fonctionner du tout. Je me sens donc extrêmement reconnaissante et privilégiée d’avoir pu compter sur ces acteurs remarquables pour donner vie à ces personnages. Et ils ne se sont pas contentés de les interpréter tels que je les avais imaginés. Ils les ont fait évoluer, ils les ont enrichis, ils les ont développés à l’écran. C’est ce que j’espère que le public retiendra de la série. »

Sous Pression (The Gathering 6×45′) est disponible sur France.tv

 

Lubiie

Experte dans le domaine des séries, blogueuse passionnée depuis 2006, professionnelle de l'audiovisuel, reporter de festival, jury de festival et intervieweuse aux multiples questions en séries. Tout mon monde tourne autour de l'actualité des séries.

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