BROKENWOOD : les secrets d’un succès qui dure depuis plus de dix ans !

BROKENWOOD : les secrets d’un succès qui dure depuis plus de dix ans !

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Plus de dix ans que Brokenwood et ses mystères connaissent le succès que ce soit dans son pays d’origine en Nouvelle-Zélande ou en France. D’ailleurs, la saison 11 arrive chez nous alors que la Nouvelle-Zélande a déjà été diffusée la saison 12. Dans cette 11ᵉ saison, le commandant Shepherd, le capitaine Sims, le lieutenant Chalmers et le docteur Kadinsky se retrouvent une nouvelle fois confrontés à des crimes aussi macabres qu’inventifs et totalement déroutants, et à une galerie de suspects excentriques et complexes.

Lors d’un passage à Londres pour le Content London, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Kelly Martin, productrice exécutrice de la série et à la tête de la société South Pacific Pictures qui produit la série Brokenwood depuis 2014. Elle est devenue productrice après une longue carrière côté diffuseurs, notamment TVNZ et MediaWorks. Avec Kelly Martin, nous avons échangés sur les clefs de succès de Brokenwood.

La série est un succès en France, avec de très bonnes audiences le dimanche. Les Français l’adorent. Après plus de dix ans, comment expliquez-vous le succès de la série ?

Kelly Martin : Quand nous avons commencé à la produire, nous avions une idée très claire en tête : rester fidèles à ce que nous savions faire. Nous ne voulions pas partir dans des directions étranges concernant les acteurs ou la vie personnelle des personnages. Nous ne les suivons pas chez eux le soir pour voir leur mari ou leur femme, ou ce qu’ils préparent pour le dîner.

En dix ans, nous n’avons eu qu’un seul épisode dans lequel nous sommes allés un peu plus loin dans la vie personnelle des personnages. Et à la fin, nous étions tous d’accord : ce n’est pas ça, Brokenwood.

Je pense que le public sait qu’en regardant la série, il va avoir droit à un crime et à nos quatre personnages principaux qui vont enquêter dessus. Ils ont tous leur propre personnalité, et nous nous appuyons toujours là-dessus, mais l’histoire reste centrée sur le crime. C’est ça, la série.

Chaque épisode offre une histoire complète, du début à la fin. Vous n’avez pas besoin de revenir la semaine suivante… mais vous reviendrez, parce que vous vous êtes amusé.

Et comment expliquez-vous son succès à l’international ? La série a été vendue non seulement en France, mais aussi dans de nombreux pays.

Kelly Martin : Elle a été vendue dans plus de pays que je ne pourrais en compter, quelque chose comme 40 ou 50. C’est assez fou. C’est un immense succès pour nous.

Je pense que nos acteurs sont presque plus célèbres dans certains pays qu’en Nouvelle-Zélande, ce qui est finalement une réaction très typiquement néo-zélandaise !

Je pense que nous avons réussi à capturer cette atmosphère néo-zélandaise très agréable et douce, et que le public apprécie cela. C’est une série profondément néo-zélandaise. Elle ne cherche pas à être autre chose que ce qu’elle est. Quand on la regarde, on se dit : « Oui, c’est vraiment très kiwi. »

brokenwood kelly martin
Kelly Martin, productrice de Brokenwood
Après plus de dix ans, comment faites-vous pour que la série reste fraîche et continue de surprendre ? Combien de meurtres différents peut-on encore imaginer ?
 
Kelly Martin : Je pense que la série s’est vraiment améliorée au fil des années. Quand je regarde les premières saisons aujourd’hui, j’ai envie de dire : « Accrochez-vous, ça s’améliore ! »
 
Pour continuer à se renouveler, il faut trouver différentes manières d’aborder les crimes, mais aussi imaginer de nouveaux décors et de nouveaux univers. Nous avons déjà exploré les vignobles, les boucheries… Il faut toujours se demander : « Quel est l’univers dans lequel nous ne sommes pas encore allés ? » Nous ne voulons pas nous répéter.
 
Cette saison 11, par exemple, nous avons un épisode de Noël qui est vraiment très amusant. Nous avons également un épisode autour de lycéens, avec des personnages un peu plus jeunes. C’est intéressant parce que la série peut aussi bien aller vers des personnages très âgés que très jeunes.
 
L’épisode de Noël fait revenir une famille déjà apparue dans la série. Ses membres sont assez sournois et un peu loufoques.
 
Il y a aussi un épisode autour d’une séance de spiritisme, qui est très amusant, avec là encore le retour d’un personnage qui incarne la femme organisant la séance.
 
Si je devais résumer cela en deux mots, je dirais que tant que c’est amusant et un peu loufoque, ça fonctionne. C’est ça, Brokenwood.
 
Après toutes ces années, rencontrez-vous encore des difficultés de production ?
 
Kelly Martin : Oui, parce que nous sommes en Nouvelle-Zélande et que nos budgets ne sont jamais aussi importants que nous le souhaiterions !
 
Mais quand nous comparons Brokenwood aux autres séries que nous produisons, nous en plaisantons souvent parce que c’est une mécanique tellement bien rodée. Nous avons l’impression de rencontrer de moins en moins de difficultés.
 
Mais il faut aussi veiller à ne pas tomber dans la facilité. Si tout devient trop simple, on risque de perdre quelque chose en chemin.
 
Il faut donc trouver le juste équilibre, rester fidèle à ce que nous voulons que la série soit et ne jamais se dire : « Ça ira bien comme ça. » Il faut toujours continuer à faire des efforts et chercher à s’améliorer.
 
BROKENWOOD saison 11
Jarod Rawiri (Lieutenant Daniel Chalmers), Fern Sutherland (Capitaine Kristin Sims) & Neill Rea (Commandant Mike Shepherd).
© South Pacific & All3Media
 
En matière de production, pensez-vous au public international ou cherchez-vous au contraire à préserver l’identité locale de la série ?
 
Kelly Martin : Je pense qu’une partie de son succès vient justement du fait que nous ne pensons pas vraiment au public international.
 
C’est assez remarquable qu’une production aussi profondément néo-zélandaise rencontre un tel succès. La série est entièrement écrite et produite en Nouvelle-Zélande.
 
Aujourd’hui, beaucoup de séries que nous produisons dans notre pays nous obligent à faire venir des acteurs étrangers ou à mettre en place des coproductions qui nécessitent de penser davantage à l’international. On pourrait par exemple imaginer un policier irlandais qui arrive en Nouvelle-Zélande pour résoudre une enquête.
 
Je suis très fière que Brokenwood ne fonctionne pas comme ça. Je pense que cela fait partie de son charme et je souhaite préserver cette identité autant que possible.
 
Cela dit, si un excellent acteur français avait envie de venir s’amuser dans la série, ce serait plutôt génial ! Ce genre d’opportunité pourrait permettre de créer quelque chose de spécial pour le public d’autres pays.
 
Et la France serait évidemment le choix le plus naturel, puisqu’elle a été l’un des premiers pays à véritablement adopter et soutenir la série.
 
Combien de saisons supplémentaires imaginez-vous encore pour la série ?
 
Kelly Martin : J’aimerais qu’elle continue jusqu’à ce que j’arrête de travailler !
 
Peut-être qu’un jour, nous arriverons à un point où nous nous dirons : « Il est temps de s’arrêter. » Mais je ne pense vraiment pas que nous en soyons là. Je pense que la série a encore beaucoup de vie devant elle… et de morts, bien sûr.
 
Qu’aimeriez-vous que le public retienne de la série ?
 
Kelly Martin : Qu’il a passé un bon moment et qu’il a eu l’impression de découvrir un petit bout de Nouvelle-Zélande, je suppose.
 
Je suis très fière de cette série. Quand j’ai commencé à travailler chez South Pacific Pictures, c’était l’une des premières productions auxquelles j’ai participé. Nous la produisons depuis presque aussi longtemps que je travaille au sein de la société, alors la voir continuer encore et encore est un véritable cadeau.
 
Un cadeau qui s’est mérité, soyons honnêtes, parce qu’il y a eu énormément de travail derrière.
 

Mais j’en suis vraiment très fière, et je pense que nos acteurs peuvent l’être eux aussi. Ils sont toujours au rendez-vous, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes et ils ont créé des personnages formidables.

Je crois que j’aimerais que le public se souvienne de ces personnages et de ce que les acteurs ont réussi à en faire.
 
Brokenwood (6×90′) est découvrir sur France 3 et France.tv !
 

Lubiie

Experte dans le domaine des séries, blogueuse passionnée depuis 2006, professionnelle de l'audiovisuel, reporter de festival, jury de festival et intervieweuse aux multiples questions en séries. Tout mon monde tourne autour de l'actualité des séries.

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