[VIDEO] THE FLAWS : et si vos pires défauts au travail devenaient une série ?

[VIDEO] THE FLAWS : et si vos pires défauts au travail devenaient une série ?

Quels sont vos petits défauts au travail ? Et si on faisait une petite analyse en série ? Découvrez THE FLAWS, ce sont les failles des fonctionnaires allemands typiques : obéissants, discrets et incroyablement incompétents. Menacés de licenciement, un quiproquo les propulse dans un programme de formation avancée. À bord d’un bus autonome, ils entament un périple absurde, entre révolution en chariots élévateurs et une tentative très malavisée d’entrer au paradis, bref, un désastre professionnel total. 

Imaginée une troupe de théâtre allemande à l’origine du concept, The Flaws remporte le prix de la meilleure réalisation à Séries Mania 2026 – compétition Panorama International décerné au réalisateur Arne Ferdlusen. Ce dernier que j’ai eu la chance de rencontrer en compagnie de Bastian Reiber qui est également co-créateur de la série, un des scénaristes et membres de la troupe. À chaque épisode, le comédien joue un rôle différent.

Les sous-titres français sont disponibles sur la vidéo mais j’ai aussi réalisé une retranscription ci-dessous :

Quel a été votre principal défi sur cette série ?

Bastian Reiber : « Le plus grand défi, c’était de réussir à mettre sur papier des idées pensées pour de la comédie physique. D’abord, il a fallu se demander : comment écrit-on une série basée sur la comédie physique ? On a dû inventer des méthodes, ruser un peu. »

Arne Ferdhusen : « Pour moi, le plus grand défi, c’était de mettre en scène onze acteurs, tous sur un pied d’égalité, comme un collectif. Chacun a une opinion, et chacun veut être entendu. Donc, en cas de désaccord, on en discutait. Mais avec peu de temps, ça peut devenir compliqué. Cela dit, ça a très bien fonctionné. C’est presque devenu sportif : c’était à celui qui proposait une meilleure idée. Et dès qu’une idée était meilleure, elle était acceptée par le groupe et on avançait.

Normalement, le réalisateur est le chef d’orchestre mais dans cette série le réalisateur n’est-il pas au service de la troupe ?

Bastian Reiber : Oui, en quelque sorte, le principe était : la meilleure idée gagne. Mais il fallait quand même déterminer qui a le dernier mot. Et ça reste bien sûr le réalisateur. Mais lui aussi ne peut travailler qu’avec ce que les acteurs lui proposent.

Arne Ferdhusen :  » Moi, je faisais surtout des propositions. Elles étaient discutées en groupe, et on choisissait ensemble la meilleure. C’est un projet qui, dès le départ, devait être créé collectivement. Et en réalité, on ne savait pas dès le début qui allait être auteur. On s’est demandé : qui peut écrire, pour qu’on ait au moins une base, un scénario, une direction.

Bastian, comment avez-vous déterminé les rôles que vous incarnez dans chaque épisode ?

Bastian Reiber :  » On vient tous du théâtre, les onze acteurs. Et au théâtre, beaucoup de choses naissent pendant les répétitions. On n’écrit pas tout à l’avance : on monte sur scène, on teste, on improvise. Les personnages se développent à partir de ces situations. Donc, s’ils sont comme ils sont, c’est simplement parce qu’ils se sont construits ainsi, au fil du travail. »

 

the flaws serie
Arne Ferdhusen et Bastian Reiber

 

L’épisode 2 intègre un passage chanté. Qu’est-ce qui a motivé ce parti pris et comment avez-vous travaillé sa réalisation ?

Bastian Reiber : « Dans cet épisode, il y a une sorte de lutte des classes : une classe dominante et une classe laborieuse. L’association avec Les Misérables s’est imposée naturellement. Et on a eu la chance (ou le problème !) d’avoir une actrice qui chante extrêmement bien et adore ça. Donc elle a chanté. Et nous, on a créé une chorégraphie avec un chariot élévateur. C’était simplement une bonne idée. Et ça l’est resté jusqu’au bout, je suis très content qu’on l’ait gardée. »

On rit beaucoup, mais le monde du travail reste très stressant dans la série. Comment vous avez joué avec cet équilibre entre humour et anxiété ?

Arne Ferdhusen :  » Très bonne question. Tout tourne autour de la peur de mal faire, ou du désir de bien faire. C’est profondément tragique, mais aussi très comique. Quand on est incertain, et surtout quand tout un groupe l’est, cela produit des comportements étranges. Et c’est là que naît le comique. C’est quelque chose que je comprends très bien, et qu’on partage tous dans le collectif : parfois, on ne sait pas vraiment comment vivre. Cet humour vient de l’angoisse, mais il permet aussi une forme de libération. »

Bastian Reiber : « Et puis, dès le départ, on raconte une histoire de perdants. Et ça, en soi, c’est déjà très triste. »

Vous mettez en lumière les défauts mais vous deviez évaluer vos défauts sur la série, quels seraient-ils ?

Bastian Reider : « C’était la première fois qu’on faisait ça. Donc, honnêtement, pour moi, c’est déjà un énorme cadeau d’avoir pu venir sur ce tournage et faire des choses comme une chorégraphie avec un chariot élévateur. Bien sûr, on peut toujours faire mieux, mais le simple fait de l’avoir fait, c’est déjà comme un rêve réalisé.

Arne Ferdhusen : « La question serait plutôt : quels étaient les défauts dans le processus ? La production correspondait vraiment à ce que j’aime. J’avais fait un film de cinéma, puis une série Netflix avec beaucoup de moyens. Là, c’était différent : peu de temps, beaucoup de contraintes, mais aussi une grande liberté. Créer quelque chose de complexe, en groupe, rapidement — c’était un vrai défi, mais aussi extrêmement stimulant. Ça m’a rappelé pourquoi j’aime ce métier. »

Dans l’esprit de Charlie Chaplin ou Buster Keaton, The Flaws privilégie une expression presque muette et mise sur un humour très absurde.

La série The Flaws n’a pas de diffuseur français pour le moment…

Lubiie

Experte dans le domaine des séries, blogueuse passionnée depuis 2006, professionnelle de l'audiovisuel, reporter de festival, jury de festival et intervieweuse aux multiples questions en séries. Tout mon monde tourne autour de l'actualité des séries.

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