QUEEN OF MARS : Comment les Japonais imagine l’humanité sur Mars en 2125 en série ?

QUEEN OF MARS : Comment les Japonais imagine l’humanité sur Mars en 2125 en série ?

Et si une colonie martienne était l’ultime espoir de l’humanité ? Imaginer le monde dans 100 ans tout en restant crédible : c’est l’ambition colossale derrière QUEEN OF MARS, une production japonaise pour la NHK portée par les réalisateurs Takegoro Nishimura & Takeshi Kawakami ainsi que Satoru Watanabe. Entre colonie martienne, casting international et réflexion contemporaine, ce trio m’a révélé les secrets de fabrication de cette série de science-fiction lors de leur venue au festival Séries Mania.

En 2125, après quarante ans de colonisation sous la coupe autoritaire d’une agence de développement interplanétaire, la Planète Rouge est une poudrière. Lili E1102 est aveugle. Née et élevée sur Mars, elle s’est entraînée d’arrache-pied pour mériter sa place à bord d’un vaisseau en partance pour la Terre. Mais le jour du départ, un imprévu déclenche une série de machinations sur les deux planètes. Au cœur de l’intrigue se trouve un objet inexplicable qui, sitôt apparu, provoque des phénomènes surnaturels. Qui l’a créé ? Et qu’annonce-t-il pour l’espèce humaine : le salut ou la catastrophe ?

queen of mars Takeshi Kawakami Takegoro Nishimura & Satoru Watanabe
Takeshi Kawakami Takegoro Nishimura & Satoru Watanabe

 

Pour construire cet univers futuriste, le producteur Satoru Watanabe explique avoir multiplié les recherches : « Nous avons consulté des experts scientifiques de la NHK, mais aussi des spécialistes des organisations internationales comme l’ONU. Nous avons demandé à beaucoup de gens d’imaginer le monde dans 100 ans. » L’objectif  était de ne jamais donner l’impression d’un futur artificiel : « Ce n’était pas l’avis d’une ou deux personnes, mais une énorme qualité de témoignages et d’analyses que nous avons ensuite synthétisés pour construire cet univers.« 

Cette série représentait également un immense défi de production. « Le plus grand défi a été le casting international et le multilinguisme », explique Takegoro Nishimura. De plus, le personnage de Lili E1102 est interprétée par une actrice taïwanaise, Lin Suri, qui parle principalement en anglais dans la série parce que les créateurs ont décrété que l’anglais était la langue officielle de Mars.

Queen of Mars est une série ambitieuse qui dépasse largement les standards habituels de la télévision japonaise : « Ce n’était pas une production télévisée japonaise “classique” », rappelle Satoru Watanabe. « Plus de 300 personnes ont travaillé dessus pour quatre mois de tournage. Avec la préparation, cela représente presque quatre années de travail. ». Sans oublier des effets spéciaux conséquents : « La quantité de données VFX dépassait les 370 téraoctets. » Une série japonaise hors-norme pour la chaîne publique NHK qui voulait proposer une série remarquable et mémorable pour ces 100 ans d’existence. D’ailleurs, le trio m’a confié que le public a été agréablement surpris par cette prise de risque de la chaîne et beaucoup de téléspectateurs ont dit : « On dirait un film, pas une série télé.” »

Pour Takegoro Nishimura, cette ambition faisait écho à sa vision de la télévision : « Quand j’étais enfant, la télévision me faisait découvrir de nouveaux mondes. » À l’heure du streaming et de Youtube, il voulait retrouver cette capacité à provoquer un choc visuel et émotionnel : « Voir apparaître soudainement la surface de Mars à l’écran crée une sorte de révélation. C’est ce genre d’expérience que nous voulions provoquer. »

Paradoxalement pour imaginer le futur, le trio s’est nourri du passé à travers de nombreux événements historiques, « comme la guerre d’indépendance américaine ou encore la colonisation de l’Afrique », afin de donner davantage de réalisme politique et humain à cet univers futuriste : « Nous voulions que les spectateurs se disent : C’est une histoire qui se déroule dans 100 ans… mais cela ressemble quand même à notre réalité actuelle.”»

Enfin, derrière la science-fiction, Queen of Mars, porte finalement un message profondément humain et celui que le réalisateur Takeshi Kawakami aimerait que le public retienne : « N’ayez pas peur de l’inconnu ni de l’invisible. Allez de l’avant et explorez le monde. »

La série Queen of Mars n’est pas disponible encore en France, peut-être espérons qu’elle apparaisse sur nos écrans avant les 100 ans…

Lubiie

Experte dans le domaine des séries, blogueuse passionnée depuis 2006, professionnelle de l'audiovisuel, reporter de festival, jury de festival et intervieweuse aux multiples questions en séries. Tout mon monde tourne autour de l'actualité des séries.

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