AND JUST LIKE THAT Carrie Bradswhaw et ses copines arrêtent leurs aventures définitivement et pour le mieux de tous ?! Au final, est-ce que ce reboot de Sex and The City était-il nécessaire ? Pas certain ! Je rejoins les propos de l’acteur Wendell Pierce qui dit que les « séries HBO n’ont pas besoin de reboot« . Alors, pourquoi avoir tenté ? On la connaît la raison, elle est principalement financière. D’ailleurs, Darren Star, créateur de la série, n’y a même pas songé notamment car le concept de reboot ne l’intéresse pas et il préférait se concentrer sur de nouvelles idées fraîches. La créativité et qualité des intrigues, un souci qui préoccupait également Kim Cattrall qui a choisi de ne pas revenir, mais visiblement elle n’y était pas conviée puisque elle avait déjà refusé de faire le troisième film Sex and The City. Des films dont on se se serait bien passé également…
De toute façon, ce reboot débutait mal avec la polémique Kim Cattrall et l’absence de Samantha Jones s’est fait sentir dès le début de la saison 1. Le quatuor avait du panache ce que le trio n’a jamais su égaler même en intégrant des nouveaux personnages de couleur (afin de rattraper les années 90 trop blanches). Si Seema alias Sarita Choudhury a su parfaitement se fondre au groupe et plus tard Nicole Ari Parker, le personnage de Che Diaz, interprété par Sara Ramirez, semblait une tentative maladroite de répondre aux enjeux d’inclusion dont il a fallu se débarrasser en saison 2. Le principal problème de And Just Like That, c’est qu’au lieu de parler en profondeur de femmes qui ont évolué et pris de l’âge, la série a voulu se racheter une conscience à son passé de Sex and The City en proposant une série plus woke, plus ouverte sur la diversité et inclusion mais d’une manière tellement maladroite que cela a donné des scènes horriblement gênantes.
Même si la saison 3 avait plutôt bien démarré avec un peu d’humour notamment entre Miranda et sa relation avec une ex-nonne libérée de son Dieu, les travers de la série ont vite refait surface donnant lieu à des épisodes parfois embarrassants. Néanmoins, cela n’empêche pas ce que les américains appellent le « hate-wathing » que l’on peut traduire par un « visionnage par pur plaisir de critiquer« . Il faut dire que ce reboot offrait ces petits moments chaque semaine avec des épisodes plus critiquables que les autres mais qu’on finissait toujours par regarder malgré tout. Par exemple, l’intrigue autour d’Aiden m’a rendue folle, plusieurs épisodes de pseudo couple pour se rendre compte que dès le départ ils ne sont pas sur la même longueur d’ondes ! Mais, on voyait la patate à des kilomètres !
Une chose est sûre, ce reboot n’était pas une bonne idée et la fin de celui-ci n’en était pas une. C’est une fin pas digne de l’héritage Sex and The City mais peut-être à l’image de la merde que And Just Like That nous a proposé pendant 3 ans, si vous voyez l’allusion à cette scène tristement mémorable où Mark se sauve après avoir produit à geyser de matières fécales… Aucun personnage n’a une fin propre et on rencontre même de nouveaux personnages de la génération Z lors du final ! Alors, tout s’achève avec un déjeuner au restaurant avec un robot, un défilé de robes de mariée et un dîner de Thanksgiving foireux. Miranda va être grand-mère d’un enfant que Brady va mettre au monde avec une sombre inconnue qui a mis en cloque par erreur, Charlotte retrouve une vie sexuelle avec son mari Harry et accepte définitivement le genre de Rock, Seema finit ses jours aux côtés du paysagiste Adam, Lisa réussit à décrocher Michelle Obama en narratrice de son documentaire et se réconcilie avec son mari. Quant à Carrie, elle danse sur du Barry White dans son immense maison et écrit l’épilogue de son roman :
The woman realized she was not alone. She was on her own
La femme comprit qu’elle n’était pas seule : elle était avec elle-même.
La célèbre Carrie Bradshaw scelle son destin sur une note définitivement amère. Au lieu de célébrer le passage du temps avec vitalité ou d’offrir une perspective nouvelle, cette fin propose un personnage triste et incohérent avec sa trajectoire de vie. Peut-être une fin précipitée et pas si choisie que ça comme le laisse entendre Michael Patrick King et sa muse Sarah Jessica Parker… Cette dernière s’en fiche à vrai dire comme elle le confie dans une interview au New-York Times interrogée sur le « hate-watching » autour de la série : « Nous avons toujours travaillé d’arrache-pied pour raconter des histoires intéressantes ou vraies. Je suppose que, finalement, ça m’est égal. Et si ça m’est égal, c’est parce que cela a été un immense succès, et que les liens créés avec le public ont été très significatifs. »
Même si, je suis extrêmement heureuse d’avoir pu rencontrer Sarah Jessica Parker, Kristin Davis et Cynthia Nixon à Paris grâce à ce reboot, je reste déçue par cette fin qui ne semble pas digne de la série des années 90 qui avait une audace And Just Like That, elle l’a perdue…




