[VIDEO] Laura Smet joue sur les apparences avec SURFACE !

[VIDEO] Laura Smet joue sur les apparences avec SURFACE !

Sous la surface des eaux troubles, un secret englouti refait brutalement surface…. Découvrez la série SURFACE, adaptée du roman d’Olivier Norek par les scénaristes Marie Deshaires, Catherine Touzet, Laura Piani, Gaëlle Bellan avec Laura Smet dans le rôle principal d’une policière défigurée en mission aux côtés de Tomer Sisley.

Affectée dans un commissariat d’une petite ville d’Occitanie après une intervention qui a déchiré la moitié de son visage, la capitaine de police parisienne Noémie Chastain voit sa mission de convalescence forcée prendre une sombre tournure. Elle se retrouve soudainement plongée dans une affaire de disparition datant de vingt ans auparavant. Un fût contenant le squelette d’un enfant remonte à la surface du lac artificiel, au fond duquel repose l’ancien village englouti…

La série a été présentée en avant-première au festival CANNESERIES et j’ai eu l’occasion de rencontrer Laura Smet où l’actrice dévoile ses failles comme son personnage de Noémie Chastain dans la série. J’ai également rencontré le brillant réalisateur Slimane-Baptiste Berhoun, histoire de gratter plus en profondeur les dessous de la série.

Interview de Laura Smet, héroïne de SURFACE !

 

SURFACE : regards en profondeur du réalisateur

Afin de découvrir ce qu’il y a sous la SURFACE, une discussion passionnante avec le réalisateur Slimane-Baptiste Berhoun qui signe sa quatrième France Télévisions après Mental, L’Ecole de La Vie et Vortex

Quel a été votre plus gros challenge dans la réalisation de Surface ?

Slimane-Baptiste Berhoun : « Mon plus gros challenge, ça a été de donner une direction artistique forte et identifiable à tout ce qui ne se passe pas sous l’eau. Parce que c’est évident que sous l’eau, les plans vont être spécifiques, ils vont avoir leur propre colorimétrie, Mais trouver l’unité de surface, de sorte qu’au cœur du village on puisse raconter ce polar d’été, dans un petit village très éclairé. Comment créer une ambiance  à travers ce cadre qui n’est pas le premier auquel on pense en terme de polar. En fait, on a créé ce contraste, qui est très bleu, c’est très froid sous l’eau. Maintenant, il faut trouver une direction artistique pour tout le reste. Je me suis inspiré beaucoup du personnage de Laura. Elle est un peu déformée, elle ne se sent pas bien. Donc j’ai fait le choix de prendre des optiques qui ont des flous très déformants. D’où l’idée du format anamorphique qui en plus, et le format qu’il utilisait pour les westerns. Et j’avais envie que cet été devienne un été très chaud. Que cette chaleur fasse transpirer. Que ça nous amène vers quelque chose d’un peu poisseux. C‘est vétuste, donc tout grince, les personnages transpirent, c’est un peu vieux. Et donc ce format anamorphique, plus ces optiques, ça a été une direction artistique de travail pour tous les décors, mais aussi de la patine pour faire ressentir vraiment de la texture partout. Et je suis très heureux parce que tous les gens qui voient les premiers épisodes me disent qu’il y a un côté western ».

SURFACE, c’est aussi un vrai défi technique car il y a un tout un village englouti sous l’eau ! Comment avez-vous fait ?

Slimane-Baptiste Berhoun : « Cela passe pas déjà par un travail de décoration où il faut qu’on se mette d’accord avec la chef déco : quel bâtiment on va recréer ? Quelle type de pièce ? Comment on va la décorer ? Quelle architecture on va lui donner ? Tout ça dans la contrainte de la taille qu’on a dans le studio de la hauteur jusqu’à la surface. Tout cela est mis en maquettes 3D. Ensuite, pour moi c’est une question de lumière. La construction est importante parce qu’en fonction des ouvertures, des fenêtres et des trous dans le toit, ça va nous donner les directions d’arrivée de lumière. Jouer avec les directions d’arrivée de lumière à contre jour par rapport à la caméra nous permet de donner de la lumière sans qu’on ait l’impression que ce soit très éclairé. Quand on regarde des séquences de nuit, la lune, elle éclaire fort, mais elle éclaire à contre donc on a toujours du noir à la face. Et donc votre cerveau comprend que c’est la nuit. Là, c’est un peu le même principe, c’est réussir à mettre de la lumière qui nous permet pas de voir tant que ça. Donc ça c’est le premier point. Et le deuxième, c’est la texture de l’eau. C’est que dans une piscine comme ça, on a très vite fait d’avoir l’impression que l’eau est hyper claire. Alors que moi, ce que je voulais qu’on soit tout au fond du lac et de la vase qui y est des sédiments en suspension. C’est quelque chose qu’on a travaillé avec les équipes de Light, le studio à Bruxelles. C’est de définir le nombre de particules de choux ou de salade ou de brocolis qu’on met dans l’eau en suspension pour donner cette texture. »

Pour info, la série a été tourné dans un watertank près de Bruxelles que j’avais eu la chance de visiter et voici mon récit sur le sujet : ici

 

Le choix des acteurs par le réalisateur 

Comment avez-vous façonné le personnage de Noémie Chastain avec Laura Smet ?

Slimane-Baptiste Berhoun : « Laura, c’est quelqu’un qui aime beaucoup être dirigé, qui est très preneuse d’échanges avec le réalisateur et qui n’a pas d’ego. Elle fait des propositions et si moi je lui propose autre chose parce que je trouve que c’est pas la vision que j’ai du personnage, elle va tester et souvent on tombe d’accord sur le fait que c’était la bonne direction. Laura, elle a quelque chose qui presque la dépasse pour jouer. C‘est ce parcours de vie qu’elle a, qui se voit sur ses yeux, qui se voit dans sa posture on sent qu’elle a traversé des choses. Et ce côté un peu animal, voire animal blessé, c’est quelque chose qu’on ne peut pas travailler. Ce n’est pas quelque chose qu’on fabrique. Et comme elle l’a et qu’elle le dégage déjà, tu as 50 % du personnage qui est là et je l’ai vu dès le casting. Le reste, c’est un personnage qu’on va fabriquer ensemble et ce sera que du travail, donc ça sera chouette. »

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Et pour Tomer Sisley, c’est des retrouvailles entre vous et le comédien dans SURFACE ?

Slimane-Baptiste Berhoun : « Sur Vortex, ça a vraiment été une super rencontre au bout d’une semaine, Tomer, c’était le comédien le plus facile du monde à diriger. Et puis, on a une qualité d’échange, à toujours vouloir challenger les séquences, questionner les dialogues, questionner la mise en scène. Quand il propose un truc qui ne me va pas, je peux lui dire en toute transparence et pourquoi ça ne va pas. Et puis lui, quand il dit des choses ou quand il voit la scène qui se met en place, il peut me proposer des nouvelles idées. Il apprécie bien cette façon de créer perpétuellement et moi je suis hyper fan, C’est quelqu’un qui est très exigeant dans le travail. Quand j’ai lu Surface, évidemment que ce plongeur, tout de suite je me suis dit Tomer est plongeur et il conduit vraiment des bateaux, des Zodiac, donc ce serait super pour nous. C‘est aussi ce que ça m’a sauvé la vie parce que sous l’eau, quand on était dans le studio, l’équipe technique, je devais la diriger au micro parce que je pouvais pas être dans l’eau, Sauf que quand je les dirige au micro, ils doivent retenir leur respiration pour m’écouter parce que sinon ils entendent leurs bulles. Tomer comprenait tout tellement vite qu’en fait c’est lui qui prenait le relais et qui sous l’eau remettait les fûts au bon endroit, indiquer au cadreur à quel endroit se mettre. C’était mon assistant réalisateur sous l’eau et on a gagné un temps fou. Et après, en Occitanie, il conduisait le bateau. Donc, on n’avait pas besoin du conducteur du bateau, le comédien le faisait tout seul. Donc j’étais très content de pouvoir retrouver Tomer. »

Parmi tous ces personnages, lequel a été le plus complexe à mettre en scène ?

tomer sisley surface
Tomer Sisley
© Christophe Brachet – Quad Drama – France Télévisions

Slimane-Baptiste Berhoun : « Le personnage de Tomer était, sur le papier et dans les versions intermédiaires de texte, pas le plus simple. Parce qu’il était un peu fonctionnel, dans le sens où c’était le plongeur qui allait donc récupérer les fûts et qui, en plus, s’avérait être un beau gosse et devenait le love interest de l’héroïne. Sauf que ce n’était pas très original, ça ne donnait pas beaucoup de biscuit. À force de discussions avec les scénaristes, on a réussi à le reconnecter. Mais pourquoi est-ce que cet animal blessé qu’est Noémie Chastain va, d’un seul coup, s’amouracher d’un bellâtre alors qu’elle-même a un problème avec sa propre image ? Donc, on a créé le personnage d’Hugo en s’affranchissant de la beauté de Tomer. Et je ne vais pas le mettre torse nu. Il était hyper d’accord avec ça. On ne joue pas le côté ‘plongeur torse nu’, on joue autre chose. C’est par l’humour, par le fait qu’il la voit comme personne ne la voit. Il comprend notamment qu’elle a un problème avec l’eau. Et ça va être toute leur trame à tous les deux : pourquoi Chastain a un problème avec l’eau, et comment lui, qui est le seul à le voir, va réussir à l’aider. C’est comme ça qu’il la touche finalement.« 

 

Enfin, qu’est-ce que vous aimeriez que le public retienne de la série ?

Slimane-Baptiste Berhoun : « J’aimerais qu’ils retiennent l’humanité de ce groupe de personnages. On a dans Surface une richesse de rôles, de seconds rôles : ils existent tous, ils ont tous leurs personnalités. Ils ont tous des supers partitions et ce que j’aimerais, c’est qu’à la fin, ces gens-là leur manquent. »

Surface (6×52′) est à découvrir sur France 2 et France.TV !

Lubiie

Experte dans le domaine des séries, blogueuse passionnée depuis 2006, professionnelle de l'audiovisuel, reporter de festival, jury de festival et intervieweuse aux multiples questions en séries. Tout mon monde tourne autour de l'actualité des séries.

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