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Spotless : l’équipe vous dit tout !

Pour mieux comprendre la série rien de mieux d’avoir une explication de la part de l’équipe de Spotless ! Retour sur la conférence de presse avec Ed McCardie (showrunner), Rola Bauer (productrice exécutive), Pascal Chaumeil (réalisateur), Fabrice de la Patellière (directeur de fiction chez Canal plus), Dominique Jubin (directrice adjointe fiction française et coproduction création originale de Canal Plus), Marc-André Grondin (acteur, Jean Bastière), Denis Ménochet (acteur, Martin Bastière) et Brendan Coyle (acteur, Nelson Clay).

© Canal +

Ed McCardie a levé la barre très haut avec Shameless (créateur de la version britannique) dans l’étude des familles dysfonctionnelles,  avec Spotless où veut-il nous amener et est-ce un moyen de nous dire qu’il faut faire un grand nettoyage ?

Ed McCardie : “C’est avant tout une histoire de famille, celle de deux frères qui tentent de faire tenir le passé et le présent ensemble. Je pense qu’on peut faire un parallèle avec notre société où on essaye de trouver une nouvelle identité après la guerre en Afghanistan. Cette nouvelle identité passe à travers c’est deux frères. Dans la saison 1, on se rendra compte à quel point ce qu’ils ont fait il y a vingt-cinq ans aura un impact dans leurs vies mais également sur celle de la femme de Jean, sur Nelson Clay et celle de tout le monde qui les côtoie”.

Comment s’est imposée à vous l’esthétique de Spoteless ?

Pascal Chaumeil : “C’est à la lecture et aussi le choix d’une ville comme Londres qui a une présence et où les architectures sont mélangées, les couleurs sont mélangées, les populations sont mélangées. Du point de vue de l’étalonnage, ce n’est pas tout sépia ou tout bleuté comme on voit parfois maintenant, c’est un film qui a une palette de couleurs qui correspond aussi à la palette de personnages auxquels, on a à faire”.

Les entreprises de nettoyage de scène de crime existent vraiment que ce soit en France ou ailleurs : vous êtes vous renseigner sur cette industrie ?

Ed McCardie : “On a rencontré des entreprises de nettoyage de crimes. Mais, c’est principalement une industrie américaine qui est commencé avec le film Pulp Fiction. C’est un business étrange car ils ne sont pas issus de la police technique et scientifique ni de la médecine légale (comme médecin légiste), ce sont des gens qui ont des estomacs bien accrochés”.

Marc-André Grondin : “Je n’ai pas rencontré des gens qui faisaient ce métier, malheureusement. J’ai “googlé”, regardé des reportages sur You Tube. J’ai fait des recherches là-dessus. Il y a une partie du boulot que je pouvais facilement imaginer : le côté dégeu, les odeurs… Mais il y avait tout le côté émotionnel que je n’imaginais pas du tout. Ces gens sont confrontés à la tristesse et souvent au deuil des familles. Mais, je pense que le pire c’est de trouver des gens qui sont décédés depuis trois-quatre mois et pendant tout ce temps, il n’y a personne qui les cherchent. Donc, ils ont des très bons estomacs mais aussi il faut avoir beaucoup de cœur. Ces gens sont amenés à nettoyer l’appartement de quelqu’un et donc passer dans la vie de quelqu’un. On se pose forcément la question, qu’est-ce qu’il l’a amené là ? Quand c’est un suicide, qu’est-ce qu’il l’a poussé à faire ça ? Je pense que c’est un métier très difficile à plein de niveaux”.

Denis Ménochet : “J’ai pas fait de recherches car mon personnage arrive à Londres. Donc, je laissais Marc-André m’apprendre”.

Brendan Coyle : “Je m’imaginais tuer beaucoup de gens dans mon esprit et soudainement, je me suis dit comme puis-je m’en sortir et nettoyer tout ça. Donc, je comprends pourquoi un criminel peut vouloir engager un méticuleux nettoyeur de scènes de crimes”.

Pourquoi les deux français parlent en anglais tout le temps ?

Ed McCardie : “Entre nous, on a beaucoup discuté sur cet aspect pendant des mois. Puis, on a décidé que parce que Jean vit en Angleterre depuis plus de vingt ans, il parlait davantage anglais tous les jours. Quand Martin est arrivé, on a imaginé la possibilité que les deux frères se parlent entre eux en français quand ils étaient seuls. Mais, ça aurait des marche/arrêt permanents et des sous-titres continuels. Pour des raisons pratiques, on a choisi une seule langue. Puis, c’est aussi pour le public qu’il n’ait pas à jongler entre les sous-titres”.

Fabrice de la Pattalière : “Canal Plus diffuse les deux versions  : une version doublée totalement française et la version originale qui est totalement anglaise. On s’est longtemps posé la question d’une version qui serait dans les deux langues. Coté pratique, un tournage en deux versions alourdi la production et double le temps de tournage. On s’est dit d’être plus simple dans la convention, on est en anglais et on ne saute pas d’une langue à l’autre. De plus, le casting est à majorité anglais car ça se passe à Londres mais il y a des français comme les deux affreux jojos de Saint-Nazaire”.

Marc-André Grondin : “Pour moi, ça a toujours fait du sens d’accepter que les frères se parlent en anglais parce que Jean s’est sauvé de la France, de son passé, de sa famille, de tout ce qu’il se passait. Il vivait relativement heureux comme ça et son frère débarque avec tout le poids du passé. Et en reparlant français, c’est comme s’il acceptait de rouvrir les portes du passé et Jean ne veut pas ça. Pour moi, ça avait du sens entre le passé et Jean. Puis, ça envoie le message à son frère qu’il n’est pas là pour rester et que sa vie est en anglais maintenant”.

Denis Ménochet : “On peut être français d’autres manières, on a essayé de l’être dans la série, vous allez voir la suite. Au jeu, on joue avant tout des frères et on peut être frère dans n’importe quelle langue. Hors plateau, on discutait entre nous avec parfois des mots anglais dans des phrases françaises car c’était plus rapide et ça nous faisait marrer”.

Pouvez-vous nous parler de votre personnage Nelson Clay, un gangster londonien original, qui arrive dès l’épisode 2 ?

Brendan Coyle : “C’est un cadeau ce personnage ! Je voulais sortir de l’image classique du gangster méchant et violent. Nelson Clay a une équipe pour faire le sale boulot et il est éduqué. Il est aussi fasciné par le personnage de Marc-André. Jean essaie d’être un bon père, un homme décent et de résister à la tentation du pouvoir que lui offre Nelson Clay”.

Vous êtes connu pour votre rôle de Mr. Bates, Spotless ça doit vous changer d’air ?

Brendan Coyle : “Je pense que tous les acteurs qui ont fini un job, ont envie de faire quelque chose de totalement différent. C’est un instinct naturel. J’ai lu le script de l’épisode 1 où Nelson Clay n’apparaît pas mais j’espérais vraiment que ce soit un bon personnage car j’avais vraiment envie d’être dans cette série. C’est une réelle bouffée d’air “!

Est-ce que l’expérience Spotless vous a bouleversé car vous étiez en Angleterre avec des acteurs anglais ?

Pascal Chaumeil : “C’est une aventure formidable. Moi, je rêvais de tourner quelque chose dans un monde criminel. D’avoir des personnages aussi complexes, aussi étranges, aussi riches à traiter. C’est pas une grande surprise de tourner en Angleterre car avant j’ai fait un film là-bas. Une petite adaptation à faire mais peu de choses différentes seulement les horaires de travail plus longs”.

Quelques informations supplémentaires :

Spotless à voir sur Canal Plus à partir du 16 mars !

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