En provenance du monde entier, neuf séries, présentées en avant-première au festival Séries Mania. Ces œuvres remarquables, examinées par un jury de renom, occupent une place centrale dans les discussions et témoignent de l’exigence artistique portée par le festival. Véritable rendez-vous incontournable, cet événement offre un regard privilégié sur les créations sérielles les plus audacieuses à l’échelle internationale. Je les découvre toutes avec enthousiasme et suis ravie de partager avec vous mes premières impressions à chaud. Prêts à vivre cette expérience unique à mes côtés ?
ANATOMÍA DE UN INSTANTE
(Espagne– 10×60′)
Pitch : Partant du coup d’État du 23 février 1981 en Espagne, la série dissèque l’un des moments cruciaux de l’histoire récente de l’Espagne : la transition démocratique. Lorsque le lieutenant-colonel de la Garde civile Antonio Tejero est entré dans le Congrès, arme au poing, seuls trois hommes sont restés assis à leur place : Adolfo Suárez, Santiago Carrillo et Gutiérrez Mellado. À travers ces trois hommes qui ont mené la transition vers la démocratie et les trois principaux instigateurs du coup d’État, la série retrace la série d’événements et de tensions qui ont failli conduire l’Espagne à un retour à l’ancien régime militaire.
Série idéale pour comprendre l’Histoire d’Espagne et revivre un coup d’état qui a marqué les esprits de nombreux espagnols. Le traitement à travers personnages clefs rend le récit plus accessible. Il y a un travail de recherches pointus. Mais il manque quelque chose pour rendre cette narration passionnante sur un événement fondateur et historiquement bouleversant.
DEAR KILLER NANNIES
(Colombie– 8×35′)
Pitch : Juampi, un enfant solitaire, grandit dans le luxe de Medellín, permis par son père bienfaiteur dont la fortune justifie la présence constante de gardes du corps, qu’il prend pour des amis. Ce monde idéal s’écroule lorsqu’il comprend que ses « nounous » adorées sont des tueurs à gages, et que son père, Pablo Escobar, est le narcotrafiquant le plus recherché de la planète. Juan Pablo Escobar raconte son enfance au cœur du plus grand empire criminel, héritant d’une guerre et d’un nom qui feront de sa vie une éternelle course contre la mort.
Juan Pablo Escobar avait comme un besoin viscéral de raconter son histoire et donc, cette série a un postulat de départ très fort. Malheureusement, on aurait voulu plus de subtilité dans le traitement de cette histoire vraie. Peut-être une volonté de faire une série plus accessible pour le public Disney +.
DUSTFALL
(Australie – 6×50 »)
Pitch : Tout juste de retour dans sa ville de North Gap après avoir passé plusieurs années dans la capitale, l’enquêtrice Tig Pollard est chargée de l’affaire d’Edie, une jeune fille de 18 ans retrouvée nue dans un champ de canne à sucre, sans aucun souvenir de la façon dont elle est arrivée là. Ce qui commence comme une affaire d’agression sexuelle prend une tournure de plus en plus sombre, et la quête de vérité de Tig devient personnelle lorsqu’une personne de son passé refait surface, la forçant à affronter des secrets longtemps enfouis de sa propre adolescence.
Un thriller captivant qui joue avec les émotions au lieu de mener l’enquête. L’agression de la jeune Eddie pose tellement de questions qu’il est difficile de se contenter de rester sur deux épisodes. La réalisation est splendide avec ces terres australiennes presque éblouissantes.
MY BROTHER
(Suède– 4×45′)
Pitch : Jana est de retour à Västerbotten, sa terre natale, pour tenter de venir en aide à son frère, en pleine dérive. Mais dans ce village du nord de la Suède, le passé ne reste jamais longtemps enfoui. Alors qu’elle tente de sauver ce qu’il reste de sa famille, elle croise la route d’un homme mystérieux, soupçonné d’avoir tué Maria, le grand amour de son frère. Qui était-elle réellement, et quel secret a-t-elle emporté dans sa tombe ? Entre non-dits et souvenirs refoulés, Jana s’enfonce dans une enquête périlleuse où chaque vérité révélée l’oblige à affronter ses propres souvenirs d’enfance.
C’est complexe pour pas grand chose et malgré des images sublimes sous la neige, la série ne parvient pas à embarquer dans son aventure avec deux épisodes alors que faut-il espérer des deux autres…
PAOLO
(France– 7×52′)
Pitch : La vie ordinaire d’un homme bascule lorsqu’il recroise la route de Téophane, un ancien camarade d’école aujourd’hui candidat à la mairie de sa ville. Ce qui commence comme une simple admiration et une volonté de soutenir la campagne se transforme rapidement en une obsession dévorante… Paolo nous plonge dans l’univers clos d’une petite ville de province en plein ébullition où s’entrechoquent transgressions, angoisses de classe, jeux d’influence et faux-semblants.
Paolo frappe fort et ce n’est pas rien de le dire. Comme Paolo, on est fasciné par ce récit d’une admiration dérangeante pour une personne. Malgré quelques discours insistants sur les riches et les pauvres comme cette scène du kebab dans l’épisode, la série parvient à intriguer et embarquer dans le genre qui est parfois plus ou moins assumée. Jérôme Niel est troublant dans le rôle et assure dans ce rôle titre.
PROUD
(Pologne – 8×35′)
Pitch : Filip est un jeune homme gay, effronté et irresponsable, convaincu que le monde lui appartient. Lorsqu’une tragédie familiale éclate, son égocentrisme se mue en un sentiment de culpabilité persistant. Alors qu’il prend en charge sa jeune nièce, Filip aspire à sa liberté, mais l’idée de confier le bébé à des inconnus réveille en lui ses propres traumatismes d’enfance. Pour s’occuper d’elle, il doit affronter ses faiblesses, ses échecs et les préjugés de la société.
L’idée de départ est intéressante mais le personnage de Filip frôle trop souvent la caricature comme si l’acteur faisait le show et cela atténue le potentiel émotionnel du récit et l’attachement avec le personnage principal.
THE AUDACITY
(Etats-Unis– 8×45′)
Pitch : Au cœur de la Silicon Valley, The Audacity dissèque les désillusions, les egos démesurés et les failles éthiques de ceux qui se sont autoproclamés les nouveaux maîtres du monde. Milliardaires blasés, gourous-psychiatres, bros de la tech bio-hackés et labos d’IA : dans cet univers où même les adolescents sont « optimisés » en écoles d’élite, le PDG d’une entreprise de data-mining transforme l’influence en profit et le savoir en pouvoir. Une comédie dramatique grinçante sur les délires de grandeur qui redéfinissent notre réalité.
L’épisode met du temps à démarrer voire un peu laborieux. C’est surtout la fin de cet épisode assez maligne qui nous pousse à poursuivre cette audacieuse série. La performance de Billy Magnussen permet d’aller au bout de l’épisode 1 et donne envie de poursuivre.
WAITING FOR THE OUT
(Royaume-Uni– 6×45′)
Pitch : Dan, philosophe, accepte une nouvelle offre pour donner des cours en prison. Au fil des débats, les grands dilemmes de l’humanité prennent un tout autre sens à travers les yeux des détenus. Confronté à sa propre histoire familiale, marquée par un père et un frère derrière les barreaux, Dan est assailli par son trouble obsessif compulsif : et s’il était lui aussi fait pour la cellule ? Sa crise identitaire s’aggrave, menaçant bientôt son avenir et la sécurité de sa famille.
Inspirée de l’histoire vraie d’Andy West, cette série britannique nous emmène dans un terrain de jeu bien connue de la fiction, la prison, mais par un biais peu explorer l’émotion. Ce n’est pas une série carcérale à propre parler, c’est une série qui propose de philosopher en prison emmenée par le personnage de Dan aussi toqué que touchant.
MAJOR PLAYERS
(Royaume-Uni, Allemagne – 6×25′)
Pitch : Deux jeunes filles à l’aube de l’âge adulte alors qu’elles se donnent pour mission de créer une équipe de football féminin dans leur école. Inspirée par l’expérience personnelle de Molly au lycée, où les rappels à l’ordre étaient plus urgents que l’éducation en elle-même, la série est une véritable lettre d’amour au football. Exploration drôle et sauvage de la jeunesse londonienne d’aujourd’hui, Major Players aborde des thèmes forts, allant de l’amitié aux questions de genre.



