Quelle série repartira avec la prestigieuse Nymphe d’Or au Festival de Télévision de Monte-Carlo ? Neuf séries sont en compétition cette année, mais laquelle saura véritablement tirer son épingle du jeu ? Comme à mon habitude, je me concentre uniquement sur les séries, en laissant de côté les unitaires. Après tout, vous connaissez mon attachement au suspense, à l’évolution des personnages et à la richesse du récit au long cours qu’offre le format sériel.
Présentées en avant-première sur grand écran dans le cadre prestigieux du festival, ces œuvres sont également accessibles gratuitement au public, une occasion rare de découvrir les séries de demain avant tout le monde.
GOMORRAH – THE ORIGINS
(Italie 6-×50′)
Pitch : Naples, 1977. Pietro est un gamin des rues au caractère bien trempé, qui a grandi dans les quartiers les plus pauvres de Secondigliano. Avec ses amis, il survit comme il peut, sillonnant la ville en mobylette et multipliant les petits larcins. Mais Pietro nourrit un grand rêve : devenir comme Angelo la Sirène, le « roi » du quartier. Lorsqu’il parvient à gagner les faveurs de ce jeune chef de clan, il se retrouve entraîné dans un jeu de pouvoir qui le dépasse largement. Pris dans une spirale de violence et de criminalité, Pietro en vient à se demander si cette existence sombre est réellement celle qu’il souhaite mener, ou si son amour pour Imma pourra encore le sauver du destin qui semble l’attendre. Début d’une vie criminelle qui le mènera un jour à devenir le célèbre Don Pietro Savastano.
AVIS : on retrouve la qualité de production de la série d’origine de Gomorrah mais sans la puissance du jeu et la narration d’origine. Le fan service est assuré et les années 70 rendent bien à l’écran mais rien d’ultra captivant et la comparaison est inévitable.
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GONE
(Royaume-Uni – 6×60′)
Pitch : Membre respecté de la communauté, Michael Polly est impénétrable et apprécie l’ordre et la précision dans sa vie professionnelle. Jusqu’au moment où il se retrouve face à la brillante et audacieuse inspectrice Annie Cassidy : un jeu du chat et de la souris obsessionnel s’engage alors, tandis qu’elle s’efforce de fissurer sa façade pour découvrir la vérité. Au-delà du mystère, la série propose une exploration plus profonde des traumatismes, de la confiance et de l’héritage des institutions d’élite.
AVIS : Cette série repose en grande partie sur l’interprétation de David Morrissey, remarquable dans un rôle volontairement énigmatique, Son personnage de directeur d’école laisse planer le doute : est-il un mari endeuillé, un homme innocent injustement soupçonné ou bien quelqu’un avec un secret bien plus sombre. Cette difficulté à le cerner nourrit la tension du récit et constitue l’un des principaux attraits de la série. C’est une série de George Kay qui a cet art de la dramaturgie sérielle efficace. En revanche dans le pilote, le focus sur le comédien à la toute fin est un peu insistant.
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JONES
(Portugal– 6×50′)
Pitch : Lors d’une somptueuse fête de fiançailles à Sintra, une victime de meurtre à la langue bien pendue aide l’inspecteur Jones à retrouver son assassin.
AVIS : certainement une série ambitieuse pour le Portugal mais rien d’innovant sur le genre détective dont l’auteur revendique un hommage. Habilité à voir des morts et enquêter avec eux n’a rien d’exceptionnel ni n’apporte un plus à la narration.
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PONIES
(Etats-Unis – 8×52′)
Pitch : Moscou, 1977. Deux « PONIES » (« persons of no interest », c’est-à-dire des personnes sans importance dans le jargon du renseignement) travaillent anonymement comme secrétaires à l’ambassade américaine. Jusqu’au jour où leurs maris sont tués dans des circonstances mystérieuses en URSS, et où le duo devient agent de la CIA. Bea (Emilia Clarke) est une enfant d’immigrés soviétiques surdiplômée et russophone. Sa partenaire, Twila (Haley Lu Richardson), est une jeune femme issue d’une petite ville, aussi abrasive qu’intrépide. Ensemble, elles cherchent à percer un vaste complot de la Guerre froide et à résoudre le mystère qui les a rendues veuves en premier lieu.
AVIS : Comme la série est disponible sur HBO Max, j’avoue j’ai regardé un peu plus que le simple épisode. Si je me concentre sur le pilote, il est efficace mais il faut admettre l’invraissemblance que des veuves deviennent des espionnes de la CIA parce que la KGB sous-estiment les femmes.. Mais, comme Emilia Clarke et Haley Lu Richardson forment un duo de personnages de fort intérêt dans une ambiance années 70 agréable, le postulat de départ en devient acceptable. Néanmoins, les dix dernières minutes du pilotesont un peu laborieuses pour captiver l’attention jusqu’au bout. Mais comme le duo de femmes espionnes en devenir a suscité notre intérêt, on poursuit avec plaisir. Dans l’ensemble, la série tient la route avec des inégalités de ton entre la comédie, l’espionnage et le drame émotionnel. Mais, on s’en accommode pour une saison 2 à venir.
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THE OTHER BENNET SISTER
(Royaume-Uni – 10×30′)
Pitch: Alors que Mary sort de l’ombre de ses soeurs pour partir à la recherche de sa propre identité et de son but, se retrouvant au passage au coeur d’une grande histoire d’amour. Son parcours la mènera à quitter la maison familiale de Meryton pour les soirées du Londres de la Régence, puis vers les sommets et les vallées du Lake District, le tout dans une quête d’indépendance, d’amour de soi et de réinvention.
Basée sur le roman à succès du même nom de Janice Hadlow.
AVIS : Pas besoin d’avoir relu, ni même se souvenir d’Orgueil et Préjugés pour apprécier la série. Elle fonctionne parfaitement par elle-même et offre une porte d’entrée accessible à tous, qu’ils soient fin connaisseurs de Jane Austen ou simples amateurs de drames historiques. Il y a même un petit effet Bridgerton. L’un des atouts de la série est son actrice principale Ella Bruccoleri. La comédienne porte la série sur ses épaules avec une grande sensibilité et humour et parvient à faire de Mary Bennet, une héroïne profondément attachante. Longtemps cantonnée au second voire troisième plan, Mary gagne ici une véritable épaisseur émotionnelle et dramatique, au point de faire oublier son statut de personnage secondaire dans l’oeuvre originale.
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THE UNIFORM
(Danemark – 6×60′)
Pitch : Un jeune élève policier ouvre le feu. Un homme est mort. Et au coeur de l’élite des académies de police danoises, les conséquences sont immédiates et explosives. Alors que l’affaire fait la une des médias, l’indignation du public et la pression politique déclenchent une lutte acharnée pour le contrôle de l’avenir des forces de l’ordre. Pris dans l’oeil du cyclone, Youssef, jeune recrue prometteuse, voit son rêve de devenir officier s’effondrer après la fusillade. Tandis que l’académie se verrouille et que les accusations se propagent comme une traînée de poudre, sa relation avec Daniel, un autre stagiaire, se fissure sous le poids des soupçons. Dans le même temps, son rapprochement avec Freja, étudiante de première année, menace de révéler des secrets plus profonds. À la tête de l’institution se trouve Sanne Hammerby, la nouvelle directrice de l’académie, recrutée pour remettre de l’ordre. Mais lorsque les anciennes loyautés se heurtent à de nouveaux idéaux, sa mission de réforme se transforme en véritable combat pour sa survie.
AVIS :
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Une sélection de qualité avec des séries mémorables ! Mon coup de cœur est The Other Bennet Sister notamment en partie grâce à la performance remarquable Ella Bruccoleri. Gone, Ponies et The Unifom ont su egalement me séduire. Quant à Gomorrah : Les Origines et Jones, ce sont des séries soignées mais qui ne prennent pas de risque l’une du fait qu’elle s’appuie sur une série existante et l’autre sur un genre vu et revu pour lequel elle ne parvient pas à apporter du renouveau.
Les unitaires sont Fadia (Palestine & Israël), Olivia (Allemagne) et Rosso Volante (Italie).
N.B : Ceci reste des premières impressions qui se basent sur un seul épisode ce qui est évidemment bien trop léger pour juger une série.



