Quand le loup est dans la bergerie… Penny tente de lever la chape de plomb sur les agissements de son ex-mari, qu’elle soupçonne de pédocriminalité. AFTER THE PARTY, une série néo-zélandaise qui ausculte la déflagration lente de l’agression et l’impact du silence, cocréée et interprétée par Robyn Malcolm, primée à Séries Mania.
Penny n’en croit pas ses yeux. Après cinq ans d’absence, son ex-mari Phil est de retour à Wellington, où il a longtemps été considéré par sa communauté comme un modèle, coach sportif apprécié de ses élèves et bon père de famille… Jusqu’au soir où, lors d’une fête, Penny l’a surpris allongé aux côtés d’Ollie, un adolescent nu et soûl qu’il était censé mettre au lit et surveiller. Choquée, elle l’a aussitôt confronté face aux invités, mais Phil l’a taxée de folie et d’ivresse, étouffant toute récrimination… Incrédule face à ce retour imprévu et au silence complice de son entourage, Penny décide de tout tenter pour arrêter celui qu’elle considère désormais comme un agresseur, malgré l’impact que cette croisade aura sur sa vie personnelle.
Pourquoi regarder la série AFTER THE PARTY ?
Un sujet sensible traité avec nuance ! Il s’agit d’une affaire de pédocriminalité. Le genre de sujet qui rebute mais le traitement est fait avec intelligence et nuance. On suit Penny dans une quête de vérité. Rien de moralisateur, uniquement des questionnements bien souvent vertigineux.
Une famille qui vole en éclats ! Quand Penny accuse son mari Phil d’être un prédateur, elle prend le risque de désintégrer sa propre famille… Un risque assumé et coûteux mais nécessaire. Chaque épisode retrace, le douloureux combat de Penny qui l’éloignera des siens.
Extraordinaire Robyn Malcolm ! Dans le rôle de Penny, l’actrice néo-zélandaise est époustouflante. Robyn Malcolm semble totalement investie par le rôle qu’elle le fait vivre de l’intérieur. D’ailleurs, la comédienne est co-créatrice de la série aux côtés de Dianne Taylor. Quant Peter Mullan, même s’il a le mauvais rôle, il excelle dans son genre.

After The Party m’avait déroutée lorsque j’avais vu les deux premiers épisodes à Séries Mania, je suis ravie d’avoir vu la suite sur arte.tv même si j’en ressors bousculée. Certaines images, mêmes suggérées, ont été passées en accélérer car insoutenables. Cette série est brillante malgré son sujet atroce puisqu’elle refuse les réponses rapides et joue avec nos certitudes. Tout débute par une soirée et une image qui fait vriller l’héroïne Penny et nous, téléspectateurs, nous questionnement très fortement. Penny dénonce un crime. Son obstination dérange, peut agacer mais l’empathie s’installe car on a envie de croire cette femme que tout le monde semble vouloir taire.
Sans jamais utiliser un ton moralisateur, la série explore avec une grande finesse les mécanismes du gaslightining (technique de manipulation par le mensonge) et la difficulté à faire entendre la voix de ceux qui énonce une vérité aussi sordide soit-elle. Certains préféront le poids du silence… Penny le refuse. Et c’est là la force de la série qui ne cherche pas à dire au téléspectateur quoi penser. La fin n’est d’ailleurs si claire que ça parce que tout est nuance dans ce récit.
Robyn Malcolm participe largement à l’impact de la série avec son interprétation remarquable faisant face à un Peter Mullan, redoutable en prétendu « bon père de famille« . On imagine que l’acteur n’a pas dû être à l’aise dans ce rôle et pourtant, sa performance est excellente aussi inquiétante et troublante soit-elle. Après cette soirée, on est secoué et on se pose de questions mais nécessaires en particulier à notre époque où les affaires pédocriminelles pullulent…
After The Party (6×44′) est disponible sur Arte.tv !



