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BECOMING KARL LAGERFELD : rencontre avec un casting Haute-couture Daniel Brühl, Alex Lutz, Arnaud Valois et Jeanne Damas !

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Qui est Karl avant Lagerfeld ? En 1972, Karl Lagerfeld (Daniel Brühl) a 38 ans et ne porte pas encore son fameux catogan. C’est un styliste de prêt-à-porter inconnu du grand public. Tandis qu’il fait la rencontre du sulfureux Jacques de Bascher (Théodore Pellerin), jeune dandy ambitieux et troublant dont il tombe amoureux, le plus mystérieux des créateurs de mode va oser se mesurer à son ami (et néanmoins rival) Yves Saint Laurent (Arnaud Valois), génie de la haute couture, soutenu par le redoutable homme d’affaires Pierre Bergé (Alex Lutz). La série BECOMING KARL LAGERFELD nous plonge au cœur des années 70 à Paris, Monaco et Rome pour suivre la formidable éclosion de cette personnalité complexe et iconique de la couture parisienne, déjà mue par l’ambition de devenir l’Empereur de la mode. Cette histoire, racontée pour la première fois à l’écran et adaptée du best-seller « Kaiser Karl » de Raphaëlle Bacqué (publié aux éditions Albin Michel), réunit un casting haute couture. Autour de l’acteur Daniel Brühl  qui incarne le couturier, défilent notamment Théodore Pellerin dans le rôle de Jacques de Bascher et Arnaud Valois dans celui d’Yves Saint Laurent. Alex Lutz interprète Pierre Bergé. Agnès Jaoui incarne Gabrielle Aghion, la fondatrice de la maison Chloé, qui a largement contribué à la notoriété de Karl Lagerfeld. À la manœuvre de cette série d’envergure, Jérôme Salle (Totems) réalise les épisodes 1, 2 et 6 et Audrey Estrougo pour les épisodes restants. C’est Isaure Pisani-Ferry qui est la créatrice, avec Jennifer Have et Raphaëlle Bacqué. Isaure Pisani-Ferry est aussi directrice d’écriture de la série et co-signe l’intégralité des épisodes avec Dominique Baumard, Jennifer Have et Nathalie Hertzberg.

Lors de Canneseries où BECOMING KARL LAGERFELD a assuré le show pour l’avant-première mondiale de la série, j’ai eu l’immense chance d’interviewer les acteurs : Daniel Brühl, Alex Lutz, Arnaud Valois et Jeanne Damas ainsi que le réalisateur Jérôme Salle.

INTERVIEW Jeanne Damas et Arnaud Valois alias Paloma Picasso et Yves Saint-Laurent !

 

L’art du costume avec Daniel Brühl et Alex Lutz !

Lors d’une table ronde avec Daniel Brühl et Alex Lutz, j’ai eu l’opportunité de poser une question concernant l’importance des costumes pour incarner les personnages.

Daniel Brühl : « Évidemment, cette série étant principalement axée sur la mode, il était primordial que nous ayons le meilleur créateur de costumes possible, ce que nous avons eu avec Pascaline (Chavanne, cheffe costumière), qui a un long parcours et également des chefs-d’œuvre cinématographiques à son arc. Les essayages de costumes étaient tellement impressionnants parce qu’il y avait une armée de personnes travaillant dans le département des costumes. La toute première fois que je suis allé à Paris pour les essayer, je me suis regardé dans le miroir. J’étais encore dans cette phase où je pensais : « Ça ne va pas, je ne me reconnais pas, je n’achète pas ce que je vois. » Et puis, petit à petit, on s’y habitue. J’ai aussi pris quelques pièces pour me familiariser, notamment avec les talons. Et cela m’a fait penser, en tant qu’homme à moitié espagnol que je suis, au flamenco, en portant ces bottes. Puis, l’étape suivante était de penser à un matador, un torero, car les vêtements étaient un peu trop serrés et le corset et tout le reste, c’était une image que je pouvais toujours avoir en tête. Parfois, avant les prises, Théodore rigolait quand je faisais un « Olé » ! Cela me donnait la bonne énergie pour être très masculin mais aussi féminin en même temps et les vêtements m’ont aidé. Évidemment, à la toute fin, Pascaline a dit : « Alors, quelle pièce veux-tu garder ? » Et j’ai répondu : « J’en avais aucune en tête, sauf si je vais à un carnaval dans ma ville natale à Cologne, car ce serait trop. »

Alex Lutz : « Effectivement, l’armée de gens travaillant comme il l’évoquait sur les costumes c’était quelque chose qui était très plaisant parce qu’autant chez Yves, Jacques ou chez Karl il y a des références de costumes très marquées et connues sur lesquelles il fallait faire une création. Chez Pierre, il y a quelques images mais c’est resté quand même un homme d’affaires à la fois dans la lumière et dans l’ombre. Dans la la lumière, plus dans la fin de sa vie, puis dans cette période un peu mal dégrossie avec un look avec des petites erreurs fondamentales ce qui ne faudrait ou pas faire en mode. Cela me plaisait bien. Mais le fait que ce soit un artisanat qui travaille pour nos costumes, c’était super pour le personnage. Le fait que les costumes soient du sur-mesure ou demi-mesure qu’on y travaille pour se mettre dans les chaussons d’une maison de couture. Ce n’est pas juste un portant choisir des costumes, cela n’aurait pas été impossible, mais cela enlève un peu à la magie, au mordant pour rentrer dans le rôle »

 

 

 

 

Réaliser BECOMING KARL LAGERFELD

Jérôme Salle a choisi volontairement de laisser la main à sa collègue réalisatrice  Audrey Estrougo pour les épisodes 3,4 et 5.

Quel a été votre principal défi sur cette série ?

Jérôme Salle : « C’était de sortir de ma zone de confort, parce que c’est loin de ce que j’avais déjà fait. Je fais plutôt des films avec des gens avec des flingues en général. C‘est aussi ce qui m’a excité. Mais le principal défi, c’était être capable de raconter cette histoire, très loin de ce que j’avais déjà fait jusque-là, qui me passionnait, qui me touchait beaucoup. »

 

La série a un côté pop dans ces couleurs et son esthétisme, comment avez-vous imaginé cet univers visuel ?

Jérôme Salle : « La première saison, elle va de 1972 à 81. Je ne voulais pas me faire attirer par le piège 70, avec ce côté marron, vintage. Les premières idées étaient vraiment autour de ça. Je voulais aussi représenter ce que je connais du milieu de la mode, et j’ai pas connu cette époque, je ne suis pas si âgé que ça. Mais de ce que j’ai connu, j’étais assistant de ephotographe de mode  dans une toute première vie, je connaissais un petit peu quand même ce milieu- là. En tant que consommateur de série, j’avais envie pour reprendre un mot anglais, je voulais faire quelque « entertaining » dans lequel je rentre et je jubile. Et je trouve que ça va aussi avec le personnage de Karl, qui est quand même une sorte dans son genre de « showman », même si, à la fin de sa vie, habillé en noir. Ce n’était pas le cas déjà au début comme on peut le voir et c’est un homme de spectacle dans son genre. »

 

Comment s’est déroulé la direction d’acteur notamment avec un acteur principal, Daniel Brühl, qui est allemand et qui se retrouve sur un tournage français !

Jérôme Salle: « Quand on m’a proposé la série Daniel n’était pas présent sur le projet. C’est vrai que j’ai tout de suite dit: il faut que ce soit Daniel Brühl, qui est un acteur pour qui j’ai beaucoup d’admiration depuis longtemps. J’ai eu la chance qu’ils diseoui !C’était facile, Daniel, c’est un acteur magnifique et en plus, c’est un être humain délicieux, c’est un homme intelligent, c’est un partenaire de travail, c’est quelqu’un avec qui on peut construire, raconter une histoire, parler du personnage. C’était extrêmement simple. Travailler avec des acteurs du niveau de Daniel, mais pas que Daniel, tout ceux qui suivent qui soit Théodore, Alex, Arnaud, c‘est facile, parce qu’en réalité, c’est juste de se mettre d’accord sur ce qu’on veut raconter, sur notre vision du personnage et ensuite, sur le plateau, c’est de temps en temps corriger quelque chose. On est le premier spectateur, mais c’est une grande simplicité, j’ai honte de le dire, mais quand on a la chance de travailler avec des acteurs de ce niveau-là, je trouve que c’est d’une grande simplicité. S‘ils sentent aussi en face que vous savez à-peu-près ce qu vous faites bien sûr, sinon, c’est plus compliqué… »

Qu’est-ce que vous aimeriez que le public retienne de la série après vu les six épisodes ?

Jérôme Salle : « Ce que je trouve fascinant, c’est le personnage de Karl. J‘aimerais qu’ils comprennent à quel point, derrière ce que la plupart des gens connaissent de Karl, c’est-à-dire l’image qu’il s’est construite, l’icône le regard impénétrable, lunettes de soleil, etc,..Il y a un homme d’une grande complexité, qui est de son temps aussi, parce qu’à l’époque 1972, il était allemand, il était à Paris, tout ce que ça pouvait signifier. Je pense que si les gens ont l’impression après six épisodes qu’ils sont rentrés dans l’intimité de ces personnages et de Karl en-tête, c’est qu’on a réussi notre coup. Et moi, c’est ce que j’aime dans les séries, c’est d’avoir par rapport au cinéma, du temps pour élaborer des personnages, pour être capable d’exprimer la complexité des personnages, l’occurrence sur Karl, mais pas que sur Yves Saint-Laurent, Jacques de Bascher il y a tellement de choses à raconter. Et j’espère que c’est ça, j’espère que les gens ont la sensation qu’ils sont rentrés pendant quelques heures dans l’intimité de ces personnages dont on a beaucoup entendu parler, mais, au fond, dont on ne connaît pas grand chose. »

 

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Lubiie

Experte dans le domaine des séries, blogueuse passionnée depuis 2006, professionnelle de l'audiovisuel, reporter de festival, jury de festival et intervieweuse aux multiples questions en séries. Tout mon monde tourne autour de l'actualité des séries.

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