[VIDEO] Judith Light amène sa lumière au milieu de THE TERROR : DEVIL IN SILVER !

[VIDEO] Judith Light amène sa lumière au milieu de THE TERROR : DEVIL IN SILVER !

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Alors que la saison 1 de la série d’anthologie THE TERROR s’intéressait à l’expédition de Franklin dans l’Arctique et la saison 2 intitulée « Infamy » se centrait sur les camps d’internement de Japonais-Américains après l’attaque de Pearl Harbord pendant la Seconde Guerre Mondiale, la saison 3 intitulée THE TERROR : DEVIL IN SILVER se penche sur notre époque en s’introduisant dans un hôpital psychiatrique afin de parler de santé mentale,

Dan Stevens (Downton Abbey), également producteur exécutif de la série, incarne Pepper, un déménageur de la classe ouvrière qui se retrouve, pour cause de malchance et de mauvais caractère, interné à tort à l’hôpital psychiatrique de New Hyde – un établissement peuplé de celles et ceux que la société préférerait oublier. Là-bas, il doit faire face à des patients qui lui mettent des bâtons dans les roues, à des médecins cachant de sombres secrets, et peut-être même au Diable en personne. Alors que Pepper tente de s’orienter dans cet enfer où rien n’est ce qu’il semble être, il découvre que la seule voie vers la liberté est d’affronter l’entité qui se nourrit de la souffrance qui règne entre les murs de New Hyde – mais ce faisant, il risque de prouver que les pires démons de tous vivent en lui.

 

THE TERROR : DEVIL IN SILVER : coulisses de fabrication de la terreur !

THE TERROR : DEVIL IN SILVER est une adaptation libre du livre de Victor LaValle, qui est également scénariste sur la saison aux côtés de Chris Cantwell, auteur et showrunner. Deux talents que j’ai eu la chance de rencontrer pour parler écriture et terreur pendant Canneseries !

C’est la troisième saison de la série d’anthologie THE TERROR, que représente pour vous le fait de laisser votre empreinte sur la série ?

Chris Cantwell : « la nouvelle saison de The Terror est à la fois proche des deux premières saisons. C’est une série de grande qualité et elle porte en elle une identité vraiment particulière dans le domaine de l’horreur. Et pourtant, nous avons essayé d’en repousser les limites et d’y apporter quelque chose de totalement nouveau. C’est donc l’histoire la plus contemporaine de l’anthologie The Terror, tout en conservant certaines similitudes, notamment dans ses thèmes. Même si, je pense, elle apparaît un peu plus brute, plus rock and roll. »

Victor LaValle : « Les deux premières saisons étaient évidemment formidables, et ancrées dans leur propre époque et leur propre contexte. Nous voulions aussi vraiment ancrer cette saison dans une atmosphère très new-yorkaise, avec des personnages que vous pourriez tout à fait rencontrer si vous preniez le métro au mauvais moment ou au bon moment, selon le point de vue. »

 

Si quelqu’un a lu le livre, il ne pourra pas prédire tout ce qui se passe dans la série.

 

Victor, quel effet cela vous fait de voit votre livre adapté en série ?

Victor LaValle : « C’est assez excitant de le voir prendre vie d’une nouvelle manière. Et la principale chose sur laquelle nous avons travaillé encore et encore, c’est que le livre reste le livre, et la série reste la série. Si quelqu’un a lu le livre, il ne pourra pas prédire tout ce qui se passe dans la série. L’idée, c’était vraiment que regarder la série soit une expérience nouvelle, plus profonde et plus riche, pensée pour la télévision. Et donc, ce fut simplement une joie et un plaisir de faire cette transition avec Chris et avec toute l’équipe. »

Et Chris, comment avez-vous travaillé avec la matière qu’apporte le livre ?

Chris Cantwell : « Quand on m’a proposé ce projet, j’ai lu le livre et j’ai été vraiment captivé par celui-ci, ainsi que par la voix de Victor dans le livre. Mais j’ai aussi lu le pilote que Victor avait développé avec AMC, et j’ai tout de suite pu voir une évolution de l’histoire. Et cela m’a également beaucoup enthousiasmé de pouvoir travailler avec Victor en priorité, puis avec tous nos scénaristes, ainsi qu’avec les acteurs et l’équipe technique y compris Karyn Kusama (réalisatrice) pour repousser encore les limites, tout en conservant le même cœur thématique, mais en le développant et en allant encore plus loin que le livre. En tant que showrunner, cela a été vraiment très enrichissant. »

the terror devil in silver Victor LaValle & Chris Cantwell

 

Comment on écrit la terreur ? Est-ce que le but est de faire peur aux téléspectateurs à chaque épisode ?

Victor LaValle : « Nous commençons l’histoire avec une peur que l’on entend souvent chez les gens qui l’ont regardée ou qui en ont entendu parler : la peur d’être arrêté et détenu contre sa volonté, ce qui semble être une peur presque universelle. Donc, d’une certaine manière, nous partions déjà d’une peur forte et terrible. Et ensuite nous avons souvent ressenti que, si l’on s’attache à ces personnages, alors presque tout peut devenir terrifiant. Et puis, si on les fait vraiment passer par des épreuves très dures, cela devient encore plus effrayant. »

Chris Cantwell : « Le point de départ, avant même d’aborder les éléments surnaturels de la série, est déjà terrifiant. C’est quelque chose d’universel : cette peur que quelque chose comme ça puisse bouleverser nos vies du jour au lendemain, surgir de nulle part et tout nous enlever. C’est une réalité qui se produit de plus en plus souvent dans le monde aujourd’hui. Voir cela arriver à un personnage comme Pepper, interprété par Dan Stevens, puis le suivre dans cet endroit où il commence à s’identifier aux autres personnes oubliées par la société… Au lieu d’être simplement mis de côté, cachés et rendus invisibles, il cesse de les voir comme des “autres” et commence à les percevoir comme des êtres humains, à créer un lien avec eux et à faire en sorte que le spectateur s’y attache aussi. Ainsi, la peur naît vraiment des personnages et de l’empathie que l’on ressent pour eux. Et ce n’est qu’ensuite que l’on atteint l’hyperbolle du mal réel qui habite cet hôpital, un mal nourri par toutes les choses terribles qui y ont été faites ou qui ont été commises par lui. »

Cette saison 3 de THE TERROR semble plus contemporaine et proche des préoccupations de la société actuelle voire plus humaine que les saisons précédentes.  Même si l’horreur reste au coeur de la série, comment avez-vous travaillé pour préserver une dimension très humaine ?

Chris Cantwell : « La représentation de la santé mentale dans la série était extrêmement importante, et cela faisait partie de l’aspect réaliste plutôt que de l’aspect horrifique. Évidemment, il y a des luttes et des souffrances liées à la neurodivergence et à ce genre de situations, surtout chez des personnes qui n’ont pas les moyens d’accéder à un traitement approprié, comme beaucoup de personnages de notre série. Tous les acteurs ont reçu de véritables diagnostics, et ils les ont interprétés. Nous avons intégré ces diagnostics dans l’écriture des personnages pour nous assurer que cela soit fidèle. Même Pepper, interprété par Dan Stevens, a des choses qu’il traverse sans en être conscient. Il était donc important pour nous que les patients ne soient pas simplement perçus comme “fous” de manière générale. Cela nous semblait dépassé et cliché. Au contraire, c’était une façon de nous aider à nous identifier à eux, à nous y attacher et à vouloir qu’ils reçoivent de l’aide. Et pourtant, ils se trouvent dans un lieu sous-financé, défaillant, peut-être même oppressif à certains égards, comme peut l’être parfois le système de santé américain. Mais l’hôpital lui-même est bien réel : il est situé dans le Queens, en plein cœur de la ville. Ce n’est pas un endroit isolé sur une île reculée comme dans Shutter Island ou autre. La peinture ne s’écaille pas partout,seulement à quelques endroits, simplement parce qu’on n’a pas eu les moyens de la refaire depuis des décennies. Nous voulions vraiment que l’hôpital paraisse réel, et que le personnel donne l’impression de faire de son mieux ou au moins de compartimenter, avec leurs propres justifications. J’hésite à parler d’“excuses”, mais c’est parfois ainsi que cela peut être perçu. L’idée étant : ces personnes seraient dans une situation bien pire si elles étaient dans la rue, donc c’est le seul endroit qui leur reste, même si nous n’avons pas les moyens de nous en occuper correctement. Certains membres du personnel ont déjà un pied dehors et cherchent simplement à valider leurs heures. D’autres n’ont trouvé que ce travail. Et puis certains sont là par véritable empathie, pour prendre soin des autres. Mais tous sont coincés ensemble dans cet endroit. Avec, en plus, une présence ou une force, qui s’est manifestée à partir de certaines personnes du passé de l’hôpital, qui n’avaient pas les meilleures intentions envers les patients. Et c’est l’ensemble de ces éléments, superposés les uns aux autres, qui crée cette “bonne soupe effrayante” qu’est le New Hyde Hospital. »

 

the terror saison 3 Dan Stevens & Judith Light © 2025 AMC Film Holdings LLC. All Rights Reserved

c’était impressionnant de la voir incarner Dory de cette manière. Elle a immédiatement saisi l’essence du personnage.

 

Pourquoi Judith Light était parfait pour le rôle de Dory ? Comment s’est déroulé votre collaboration ?

Victor LaValle : « Le rôle était déjà écrit. Toute la saison était écrite avant même que nous commencions, ce qui lui a permis de voir le parcours de son personnage, Dory. Et, à son immense mérite, tout ce qu’elle disait, c’était : « Est-ce que vous pouvez rendre ça encore pire ? Encore plus difficile pour elle ? Me faire traverser encore plus d’épreuves ? » Elle a été d’un professionnalisme et d’un courage remarquables, parce que tout ce qu’elle voulait, c’était vraiment permettre au spectateur de comprendre et d’aimer son personnage. Et pour que le public s’y attache réellement, elle savait que cela passait par le fait de se perdre totalement dans ce rôle. Et elle a donné énormément. »

Chris Cantwell : « Elle a fait preuve d’un grand professionnalisme. Et avec toute l’expérience qu’elle apporte, c’était impressionnant de la voir incarner Dory de cette manière. Elle a immédiatement saisi l’essence du personnage. Sur le tournage, elle est devenue une véritable collaboratrice avec nous et les réalisateurs, pour réfléchir à la meilleure façon d’atteindre le cœur de Dory dans chaque scène. Il y a une telle diversité de performances et de moments dans la série, certains sont bouleversants, d’autres effrayants, d’autres encore révèlent toute la nuance qu’elle apporte au personnage, ainsi que ses intentions au sein de l’hôpital. C’est vraiment un travail remarquable. J’ai hâte que tout le monde puisse la découvrir dans ce rôle. »

Qu’est-ce que vous aimeriez que le public retienne de la série, une fois qu’ils ont vu l’ensemble de la saison 3 ?

Victor LaValle : « Vers la fin, les choses deviennent tellement horribles pendant si longtemps qu’on peut en venir à penser qu’il n’y a plus aucun espoir. Mais nous tenions vraiment à l’idée que, si tout va très mal, on ne peut pas laisser le public sans rien. Donc, s’il y a une chose que j’aimerais que les gens retiennent, c’est que, même face à un mal systémique ou à une force écrasante, il existe une force dans le lien entre les individus et dans le soutien mutuel. Et qu’il est possible de s’en sortir ensemble. »

Chris Cantwell : « Je dirais qu’il existe une flamme d’espoir dans le monde, mais qu’il faut constamment veiller à l’entretenir, et qu’on ne peut pas le faire seul. C’est une idée essentielle vers laquelle nous aboutissons. »
 
The Terror : Devil In Silver est diffusée aux Etats-Unis sur AMC mais n’a pas de diffuseur français pour le moment.