Et si la série de guerre se réinventait à la française ? Plongez dans l’univers déjanté de DEEP et suivez sa troupe de joyeux lurons embarqués dans une mission aussi périlleuse qu’improbable ! Une série créée, écrite et réalisée par Aurélien Molas. 1942. Depuis Londres, les généraux de la France Libre soupçonne l’Allemagne nazie d’avoir mis au point un sous-marin d’un nouveau genre. Une mission ultra-secrète est mise en place : quatre hommes ont pour objectif de s’infiltrer dans la base navale la mieux gardée d’Europe et de voler ce U-boot. Petit détail qui a son importance : les quatre hommes sélectionnés pour la mission n’ont pas vraiment le profil du parfait héros de guerre. Sans compter qu’ils vont découvrir au péril de leur vie que ce n’est pas un sous-marin qu’on les envoie voler…
DEEP a reçu le Prix du Jury de la Presse et le Prix de la Meilleure réalisation pour Aurélien Molas lors de la 2è édition du Festival CreaTVty à Sète. Mais, moi j’ai rencontré l’équipe à Canneseries sur le tapis rose car la série était présentée au public cannois en avant-première. Afin de comprendre l’ambition artistique derrière DEEP, j’ai interrogé Aurélien Molas, créateur et auteur de la série et qui signe sa première réalisation de série officielle sachant qu’il m’a confié : « J‘ai réalisé les cinq premières minutes de la série. C’est le prologue de La Révolution mais que j’ai jamais signé ». Puis, j’ai également interviewé Bamar Kane en vidéo et Alyzée Costes et Illyès Salah sur le tapis rose. Les comédiens n’ont dévoilé la folie de leurs personnages respectifs.
Bamar Kane joue Gaston, le sérieux de la bande ?!
Comment est née l’idée de la série DEEP ?
Aurélien Molas : « L’envie en fait de faire une série qui dénote un petit peu. J’étais un peu fatigué en tant que spectateur de voir, et c’est très personnel, mais de voir des séries qui ne me surprenait plus. On est dans une ère de contenu où il y a une masse de contenu, on est assailli de contenus et en fait, j’aime tellement la série, j’aime tellement le cinéma et j’ai eu l’occasion, grâce à Canal+, de pouvoir essayer de faire quelque chose qui soit un pas de côté et soit presque un plaisir très égoïste de série. Donc le point de départ, c’est celui là. Puis, il y a évidemment mon histoire personnelle qui a été une source d’inspiration. Le frère de mon grand père qui s’est fait dessouder par des Allemands parce qu’il était résistant, mais à 18 ans, il était un peu tout fou et il a fait sauter des trains. Il s’est fait abattre. C‘est aussi des histoires familiales, mais le vrai point, c’est un désir d’être de passer un bon moment. Je trouve qu’on passe plus de bons moments ensemble. C’est terrible ! J‘ai l’impression que tout le monde parle : Tu as vu telle série ? Tout le monde se dit Ah oui, mais il faut que je la vois aussi. Mais il n’y a plus de de rendez vous et j’ai envie que ça soit un apéritif cette série. C’était un moment de partage et c‘est ce qu’était la série à l’origine. J‘avais envie de quelque chose d’un peu différent qui soit tourné vers le public. En fait, je l’ai fait pour le public cette série. »
Dans DEEP, il y a de l’aventure, de l’humour et des références cinéma, comment avez-vous trouvé l’équilibre entre tout ça ?
Aurélien Molas : « Je me suis demandé ce que j’avais envie de voir et jusqu’à quel point je m’autorisais des libertés. Donc l’humour, c’était une tentative puisque je viens plutôt du thriller. Je suis étiqueté auteur de séries fantastiques, de polars bien bien poisseux. J’ai écrit cette série à la naissance de ma fille. Je me suis demandé qu’est ce que j’aimerais bien lui montrer de moi un jour, quand elle sera grande. C’était en plus une naissance difficile, donc vraiment hyper angoissante. Et j’ai eu un besoin d’expression de choses joyeuses dans un monde qui est quand même carrément anxiogène. Ça s’est alors mélangé dans ma tête et il y a toutes ces références cinématographiques qui m’ont nourri de cinéphilie, de plaisir sériel aussi. J‘en ai fait ma propre harmonie comme une espèce de recette de cuisine un peu folle. Il y avait un côté Panoramix sans savoir si ça arrivait à la potion magique à l’arrivée, mais il y avait cette volonté-là. Il y a un peu de sel, il y a un peu de poivre, il y a de l’origan, il y a tout en fait. Et au bout d’un moment, c’est comme un cocktail. Et je savais pas si c’était un cocktail Molotov ou si à la fin, ça allait être un cocktail qui allait nous mettre un bon moment tous ensemble. La naissance de ma fille a été vraiment un déclencheur de liberté. Je sortais du cadre classique dans lequel j’étais en tant que scénariste ou showrunner. Puis, il y avait moi, en tant que réalisateur aussi, c’est à dire, là, pour cette fois, ce n’est pas juste moi qui l’écrivais, je l’a réalisé, donc qu’est ce que j’avais envie de filmer. Dans le mot réalisateur, il y a le mot se réaliser. Et là où tout le monde m’attendait, sur un côté dark, hyper réaliste qui finalement est une signature d’écriture, moi en tant que réalisateur, c’était différent.
Pourquoi le choix du noir et blanc ?
Aurélien Molas : « C’est un choix esthétique parce que je savais que c‘est une série à tout petit budget. Petit budget, grande liberté. Mais en même temps, c’était pas grave. Je n’aime pas l’idée du manque de moyens. En fait, la question c’est qu’est ce qu’on invente avec ce qu’on a ? Si je reprends la métaphore de la cuisine, à un moment donné, c’est avec les meilleurs restes qu’on peut faire les meilleures recettes. Je l’ai vu comme ça. Tout le cinéma de la Nouvelle Vague est basé là-dessus, donc ça a été des influences aussi. Et je savais que techniquement je n’aurais pas la direction artistique que je voulais, si c’était en couleur. Donc le noir et blanc, qui est toute une influence en plus de ma cinéphilie, c’est que de l’ombre et de la lumière. Donc, si la porte est rouge, dégueulasse et que le comédien est habillé en vert et que on se dit que le cadre n’est pas beau. Je sais qu’en noir et blanc, je peux le travailler pour le rendre esthétisant et j’avais besoin de ce goût-là, esthétique, sans passer le fait de tout désaturé. Donc il y avait la question budgétaire, le noir et blanc est devenu une solution et après est devenu un parti pris. Et ce qui est fou, c’est que c’est devenu un presque un statement de faire une série en noir et blanc là où c’était de la débrouillardise, de l’artisanat et de l’expérimentation. »
Deep (8×26′) est à découvrir sur Ciné + OCS !



![[VIDEO] DEEP dans l’absurde en noir et blanc Bamar Kane, Alyzée Costes et Illyès Salah !](https://lubieenserie.fr/wp-content/uploads/2026/05/deep-serie-ocs-scaled.png)