Festival de la Fiction TV de La Rochelle 2026 : compétition francophone internationale !

Festival de la Fiction TV de La Rochelle 2026 : compétition francophone internationale !

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La francophonie est un formidable terrain de jeu pour les séries. D’un pays à l’autre, les créateurs s’emparent de réalités, de cultures et d’imaginaires différents pour proposer des récits singuliers et faire entendre de nouvelles voix.

Cette année, le Festival de la Fiction de La Rochelle poursuit son ouverture sur la francophonie avec neuf séries sélectionnées en compétition francophone internationale, dont cinq séries de plus de 20′ et 4 en moins de 20′. Autant de fictions venues d’horizons différents qui invitent à découvrir d’autres territoires, d’autres regards et d’autres façons de raconter le monde.

Pour ma part, j’aurai le plaisir de vous présenter deux séries de cette compétition : VITAL, venue de Belgique, et CLASH, venue de Côte d’Ivoire, et d’animer les rencontres avec leurs équipes à l’issue des projections

Venez les découvrir en séance, c’est gratuit !

 

SÉRIES LONGUES DE PLUS DE 20′

ANGLES MORTS

(Canada – 10×60′)

Pitch : Marc Lamarre, chirurgien oncologue, rêve de créer un centre de soins palliatifs 2.0. Pour le financer, il fonde avec ses amis Lambert, ex-flic et Philippe, notaire, une fiducie qui rachète les assurances-vie de patients en fin de vie. Mais une transaction de plusieurs millions tourne au désastre et propulse le trio dans une affaire de trafic de stupéfiants.

Le trio de comédiens est fabuleux et leur amitié immédiatement crédible, jusqu’à les voir franchir ensemble. Dommage que le rythme peine à nous embarquer dans leur entreprise, leurs interactions entre eux étant finalement plus captivantes que l’intrigue. 

 

CASSE-GUEULE

(Canada – 8×43′)

Pitch : Clovis, un talentueux et ambitieux jeune chef, démarre son restaurant avec l’aide de Ben, son sous-chef et meilleur ami au caractère explosif, Manon, sa fougueuse sommelière et amante, et Zoé, sa fille de 18 ans dont il ne s’est jamais occupé avant. Alors qu’ils sont confrontés à mille obstacles liés au financement, à la création du menu, à l’approvisionnement, au recrutement et à la concurrence, des conflits personnels éclatent dans l’équipe. Clovis doit apprendre à être plus qu’un simple chef de brigade. Il doit devenir chef de la famille bigarrée qu’il a réunie dans sa cuisine.

On sent une volonté de proposer un The Bear à la québécoise, sans pour autant révolutionner la série culinaire. Si Émile Schneider tire son épingle du jeu en rôle principal, le personnage de Zouheir Zerhouni devient vite agaçant, desservi par un surjeu permanent. Dialogues et interprétations trop appuyés donnent parfois à l’ensemble un côté presque « cartoon ». Cependant, une saison 2 a été commandée par Crave.

 

 

CLASH

(Côte d’Ivoire – 8×52′)

Pitch : À Abidjan, deux adolescents rêvent de succès : DJ Shogun et DJ Diamantino arrivé de Kinshasa. Ensemble, ils s’imposent sur la scène musicale du « coupé-décalé » et deviennent les artistes en vue de la capitale ivoirienne. Mais lorsque le manager Thibaud Danville incite Shogun à lancer sa carrière solo, le duo explose. Se sentant trahi, Diamantino retourne à Kinshasa. Commence alors une guerre musicale où tous les clashs sont permis.

Cette série me fait penser à la saison 3 de Validé avec la rivalités entre deux artistes. Mais dans Clash, la rivalité atteint aussi les villes d’Abijan et Kinshasa qui sont mis en opposition. Aucune révolution dans le genre de la série musicale mais cette série permet de mettre en lumière le coupé-décalé. Même si certaines séquences de coupé-décalé sont un peu longues, on a le plaisir d’apprécier cet art fascinant. 

Avis :

 

PLACÉE

(Suisse – 6×45′)

Pitch : Série inspirée de faits réels. Après la naissance de sa fille, Tania, 30 ans, sombre dans une dépression post-partum et doit être hospitalisée. Pour comprendre ce qui lui arrive, elle accepte, sur les conseils de sa psychologue, de renouer avec sa mère Christine, une ancienne enfant placée qui a toujours fui son passé. En explorant les archives des services sociaux, elles découvrent que Rose, la mère de Christine, est morte dans de mystérieuses circonstances. Leur quête d’identité devient alors une enquête criminelle qui fait surgir des secrets enfouis depuis des décennies. Mais à mesure qu’elles approchent de la vérité, les menaces se multiplient. Mère et fille comprennent bientôt que leur passé pourrait leur coûter la vie.

Au-delà du sujet vaste et vertigineux des enfants placés, la série explore surtout la transmission du traumatisme de mère en fille. Une quête des origines passionnante, nourrie par le mystère autour de la mort de Rose, la mère de Christine. Isabelle Carré et Danaé Dario, dont c’est le tout premier rôle, forment un duo mère-fille particulièrement puissant.

 

UNIFORMES

(Suisse – 6×45′)

Pitch : À la suite d’une intervention qui tourne mal, un policier se retrouve entre la vie et la mort, touché par le tir d’un mari violent. Alors que démarre une enquête de la police des polices, ses collègues sont contraints de se justifier. Ont-ils bien agi dans les règles ? Les interrogatoires laissent des traces et poussent les policiers à se remettre en question, jusque dans l’intime.

À première vue, une série policière classique centrée sur une brigade. Mais un drame fait tout basculer : il ne s’agit pas de simplement résoudre l’enquête, mais d’observer les failles humaines derrière l’uniforme. Le casting est excellent avec des têtes du petit écran suisse et français et une vraie révélation Luàna Bajrami dans le rôle d’Axelle. Il y a quelque chose d’intrigant dans cette série que l’on ressent dès le premier épisode et qui pousse à vouloir en savoir plus…

 

VITAL

(Belgique – 6×52′)

Pitch : Lorsqu’un ministre de la santé et son équipe succombent à un malaise mortel lors d’une visite à l’hôpital Alma, une médecin urgentiste hantée par un passé douloureux se voit contrainte de collaborer avec son frère, un légiste avec qui elle entretient une relation conflictuelle depuis des années.  Ensemble, ils doivent percer le mystère de cette menace invisible et lever la quarantaine. Mais rapidement, une évidence glaçante émerge : Et si quelqu’un avait décidé de régler ses comptes ? Entre loyauté, dévouement, secrets enfouis et omerta, leur enquête réveillera les fantômes du passé et ébranlera toutes leurs certitudes.

Après le Covid, difficile de s’enthousiasmer pour une nouvelle intrigue autour d’un virus mortel, même traitée sous l’angle du thriller et de l’enquête. Le duo frère et sœur, Alexia Depicker et Douglas Grauwel fonctionne, mais leur relation ne paraît pas essentielle à l’intrigue. L’importance d’avoir un légiste sur cette affaire semble étrange. Par ailleurs, l’insistance sur le manque de moyens de l’hôpital belge devient lourde à la longue puisqu’ils ne peuvent rien faire une action sans un rappel de Carmen sur le sujet. Pour une première série médicale de la RTBF, Vital affiche de vrais moyens visibles à l’écran, mais le virus avec confinement d’un hôpital n’est pas peut-être pas l’angle le plus intéressant. 

 

SÉRIES COURTES DE MOINS DE 20′

DEVENIR MARGOT

(Canada – 8×7′)

Pitch : Marylise s’investit dans un mensonge thérapeutique pour enfin se rapprocher de son père Roger qui, vivant avec l’Alzheimer, la prend tout à coup pour une amie d’enfance : Margot.

Jolie série courte qui traite avec tendresse et délicatesse de la maladie d’Alzeimer. Marylise, actrice, signe sa meilleure performance en devenant Margot pour le bonheur psychique de son père qui a oublié sa propre fille …

 

GROUPE DE SOUTIEN

(Canada – 6×12′)

Pitch : Florian, un menteur professionnel en manque de validation, se fait passer pour un thérapeute dans un groupe de soutien pour l’anxiété. Zéro outillé pour aider ses membres, la force du groupe les mènera à affronter leurs démons pour enfin guérir.

Une idée sympathique sur le papier qui prête à sourire, bien servie par un format court parfaitement adapté au concept. Dommage que le personnage principal peine à susciter réellement l’empathie. En revanche, celle qui l’aide à se réinsérer dans la société, Asefi, est interprétée par une actrice merveilleuse Fabiola Nyrva Aladin.

 

PÉNÉLOPE PARTOUT

(Canada – 8×17′)

Pitch : Pénélope Partout raconte l’obsession de Camille, une inconnue prête à tout pour s’immiscer dans la vie de ses proies. Lorsqu’elle voit Pénélope, une infirmière, secourir un cycliste accidenté, elle développe immédiatement une passion malsaine pour elle. Depuis l’enfance, Camille simule des accidents afin d’être sauvée, cherchant à combler son besoin d’attention et à exister à travers le regard de ses sauveurs.

Le concept est assez : l’une a besoin de sauver, l’autre d’être sauvée à partir de là une complémentarité malsaine est installée entre les deux héroïnes. Mais, la série peine à rendre crédible l’obsession qui se crée autour de Pénélope, et, l’obsédée Camille en devient vite agaçante. Difficile alors de réellement s’investir dans cette obsession au cœur du récit.

 

PRESQUE NORMAL

(Belgique – 8×12′)

Picth : Les malaises ne disparaissent pas avec la notoriété… et Kody Kim en a fait sa spécialité. Adapté de la série québécoise « Les beaux malaises » créée par Martin Matte, Presque Normal plonge avec humour et autodérision dans la “vraie fausse vie” de l’humoriste belge, entre chaos familial, amitiés explosives et situations absurdes qu’il provoque lui-même ! 

Une adaptation bien plus réussie que la version française avec Franck Dubosc, elle aussi présentée au festival. Kody Kim, humoriste renommée de la scène belge, est parfait dans ce rôle où il joue avec sa propre image.  Une comédie aussi drôle que lucide, qui questionne avec beaucoup d’autodérision le « peut-on rire de tout » en 2026, tout en montrant les revers d’une vie sous les projecteurs.

 

Les projections proposent seulement le visionnage d’un à trois épisodes ce qui ne permet pas de permettre une critique complète mais uniquement des premières impressions que je vous livre en toute transparence.

Mon coup de coeur se porte sur Uniformes mais des séries comme Placée, Presque Normal ou Devenir Margot ne m’ont pas laissé indifférente.

Lubiie

Experte dans le domaine des séries, blogueuse passionnée depuis 2006, professionnelle de l'audiovisuel, reporter de festival, jury de festival et intervieweuse aux multiples questions en séries. Tout mon monde tourne autour de l'actualité des séries.

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