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LITTLE BIRD : retrouver le nid volé…

Qu’advient-il de la mémoire, du lien fondamental que l’on entretient avec ses parents, quand on en est privé à l’âge où se forment justement les premiers souvenirs ? Une question dont s’empare la mini-série canadienne LITTLE BIRD en rappelant la « rafle des années 1960 » au Canada : une politique gouvernementale qui conduisit au rapt de plus de 20 000 enfants des communautés des Premières Nations, métisses et inuites, dans le but de les assimiler à la culture dominante… L’histoire s’intéresse à Bezhig Little Bird, fillette amérindienne de 5 ans, ainsi que deux de ses frères et sœurs sont arrachés à leur famille par les services de protection de l’enfance sur la réserve de Long Pine, au Canada, puis placés à l’adoption en 1968. Seul leur grand frère, parti à la chasse avec son père, échappe à cet enlèvement. Désormais âgée d’une vingtaine d’années, Bezhig, renommée Esther Rosemblum par sa famille adoptive, vit à Montréal, prépare le barreau et se trouve sur le point de se marier. Le racisme larvé dont elle fait l’objet génère toutefois en elle un profond malaise, qui la pousse à partir en quête de réponses sur ses origines… LITTLE  BIRD a touché le public de Séries Mania 2023 qui lui a attribué son prix.

 

Pourquoi regarder la série LITTLE BIRD ?

Une quête d’identité fascinante ! Comment ne pas être touchée par la démarche d’Esther qui a l’approche de son mariage ressent le besoin de comprendre qui elle est. Arrachée à ses parents dans les années 1960, Esther, une jeune amérindienne, part sur les traces de son passé quitte à faire face à un tourbillon d’émotions au point d’ébranler sa vie.

Un génocide culturel longtemps passé sous silence ! Non seulement, une mère se fait arracher ses enfants mais ces derniers vont devoir effacer leur culture pour se conformer à la culture dominante qui n’est pas la leur. Une certaine violence en résulte. C’est choquant mais une triste réalité qui ne peut être  ignorée.

Une cinématographie époustouflante ! La série offre des visuels somptueux qui capturent la beauté des paysages canadiens et la richesse des décors culturels. Les flashbacks dans le passé ont un côté voluptueux assez enivrant sans ignorer la violence de ce rapt.

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Darla Contois et Lisa Edelstein
Crédit : © Steve Ackerman via JTA

 

Grâce aux séries, j’enrichis ma culture sur les communautés autochtones. Même si je me doute que les colons n’ont jamais été doux avec les Premières Nations… Constater la véritable horreur en images, reste toujours un bouleversement. Alors avec Little Bird, j’ai découvert « la rafle des années 60 » à travers le portrait poignante Bezhig/Esther. Une femme qui est sur le point de passer des caps clefs dans sa vie sentimentale et professionnelle et pourtant, ne se sent pas accomplie. Comme si elle n’était pas alignée avec qui elle est. Dès lors, le retour aux racines devient une urgence et le téléspectateur est totalement embarqué dans sa quête frénétique de vérité. Qui est-elle ? Même si le téléspectateur imagine la tragédie, le périple est bien plus intense que prévu même s’il perd clairement en intensité aux épisodes 5 et 6. Cette véritable recherche d’identité est étourdissante appuyé par des images sublimes d’un Canada sauvage, loin de sa culture urbaine et moderne. On prend plaisir à voir ce petit oiseau retrouvé son nid auprès des siens aussi perdus en chemin…

 

Little Bird (6×45′) est à découvrir sur Arte !

Lubiie

Experte dans le domaine des séries, blogueuse passionnée depuis 2006, professionnelle de l'audiovisuel, reporter de festival, jury de festival et intervieweuse aux multiples questions en séries. Tout mon monde tourne autour de l'actualité des séries.

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