Lubie en Série

Jenna Coleman est la reine Victoria !

Jenna Coleman revêt le costume d’une reine dans la série historique Victoria. En effet, l’actrice incarne un des personnages royals emblématiques de l’histoire du Royaume-Uni. Dans une interview en tête-à-tête lors du MIPCOM, elle me raconte les enjeux d’endosser un tel rôle et l’approbation de celui-ci.

 

Jenna Coleman devient reine !

Qu’est-ce que cela fait de jouer une reine aussi prestigieuse pendant huit épisodes ?

Jenna Coleman : “C’était très intéressant. Je n’ai jamais joué un personnage royal. Je suppose que c’est un rôle pour elle, un job de tous les jours mais sauf que vous êtes né pour ça, vous en héritez. C’est toujours un drama intéressant de jouer entre l’état et les formalités et l’humaine, la jeune fille. C’est que nous avons essayé de faire, quand vous êtes en public, c’est plutôt un rôle et quand vous fermez les portes, c’est une adolescente. C’est un jeu entre le public et le privé tout le temps”.

 

Etiez-vous en quelque sorte honoré de jouer une reine ?

Jenna Coleman : “Oh oui, bien sûr, je n’ai jamais quelqu’un d’existant auparavant. Le plus proche de la réalité que j’ai joué, a été Lady Wickham dans Orgeuil et Préjugés même si ça reste un personnage de fiction, c’était un personnage célèbre. Mais, je n’ai jamais joué quelqu’un de réel avant ça. C’est assez incroyable, toutes les recherches que vous pouvez faire, vous pouvez aller à Kensington Palace et vous rendre dans toutes ses pièces où toutes les histoires que vous jouez, tout ce qui est écrit sur le script est devant vous et d’est réellement arrivé. Cela vous donne des frissons. Cent ans plus tôt, elle était dans cette pièce, elle a eu son premier rendez-vous diplomatique dans cette pièce, elle a rencontré Albert sur les marches sur lesquelles vous êtes. Tout se récrée devant vos yeux. J’ai toujours aimé l’histoire en ce sens, vous essayez d’imaginer ce qu’il s’est passé là, quelle conversation ils ont eu et où ce premier baiser a eu lieu ? C’est assez invraisemblable de raconter des histoires qui ont réellement existé”.

 

Avez-vous auditionné pour le rôle ?

Jenna Coleman : “On m’a envoyé le script et on m’a demandé de déjeuner avec les producteurs, le scénariste et le réalisateur. Ils en discutaient mais rien n’était définitif. Cela a été en discussion pendant un certain temps et j’ai lu les scripts. Il y a véritablement une évolution dans sa maturité en particulier entre l’épisode 1 et 8 au fur à mesure qu’elle avance. Le challenge était de jouer une adolescente et jouer le personnage à travers les années. J’étais impliquée dans le projet dès le début”.

 

La réalité historique dans la série Victoria

Est-ce que le script est très proche de la réalité historique ?

Jenna Coleman : “Oui, je crois bien. Il y a évidemment des libertés dramatiques. Par exemple, sur Lord Melbourne, vous pouvez lire différents livres et une chose à savoir sur l’histoire, elle est subjective. J’ai lu tellement de biographies, une biographie va dire cela, l’autre va dire autre chose et il y a son journal intime qui dit autre chose. Ce qui est bien c’est qu’il y a tellement de sources différentes, vous pouvez retirer des éléments de chacun d’entre eux et avoir une idée de qui elle était. Pour l’histoire de Lord Melbourne, j’ai lu qu’ils étaient presque amants. Je sais qu’il avait une relation intense entre eux, peut-être elle était floue parce qu’ils étaient Reine et premier ministre, ils étaient amis, elle n’a jamais eu un père donc ils étaient père et fille. On ne sait pas ce qu’ils étaient l’un pour l’autre. Un de ses amis disait que c’était de l’amour même si c’était seulement des étreintes amoureuses alors que d”autres disaient que c’était purement du business. C’est trop catégorique de dire, c’était vrai parce que vous lisez autant que vous pouvez, vous essayez de lire entre les lignes et vous en retirez une histoire à raconter”.

 

Tous les faits historiques évoqués dans la série sont réels après vérification. Par exemple, le scandale avec Lady Flora n’est pas connu de tous.

Jenna Coleman : “Nous avons un peu joué avec la chronologie. Cette histoire arrive après, au lieu du moment du couronnement. Le problème que l’on avait, c’est qu’il y a tellement d’histoires, à quelle vitesse faut-il aller ? Il y en a certaines que vous n’abordez pas à moins que l’on décide de faire cette série sur soixante ans mais vous n’avez pas non plus envie de rater des choses. La matière est là, il y a beaucoup d’histoires donc ça marche pour garder le rythme”.

 

La relation entre Lord Melbourne et Victoria est floue et le restera. Comme on ne saura jamais vraiment, la série en joue ?

Jenna Coleman : “C’est la beauté de cette relation, c’était tout simplement intense. Elle écrit de façon obsessive sur lui, c’est certain. Chaque phrase commençait par “Lord M a dit…”. C’est une caractéristique intéressante chez Victoria, elle adore les gens comme elle adora Albert quand il est arrivé. Albert ne pouvait rien faire de mal, Victoria l’avait mis sur un piédestal. Mais, il méritait sûrement ce traitement parce que c’était une personne incroyable. C’est quelque chose de très intéressant chez elle, elle investit dans les gens”.

 

Victoria a une attitude atypique envers ses progénitures ?

Jenna Coleman : “Elle est toujours décrite par ces dames de cour comme une femme aux ‘veines de fer’. Elle a tout de même eu neuf ans et c’est la souveraine d’Angleterre ayant régné le plus longtemps. Cette femme déjà enfant était furieusement indépendante et têtue et elle avait un vrai caractère. Mais, elle a pris son rôle de reine avec énormément de sérieux. C’est parce que tout le monde espérait qu’elle allait échouer. Elle avait peut-être  un complexe de pouvoir. Puis, plus on lui disait vous n’êtes pas capable de faire ça, plus elle le faisait. Elle était le genre de personne qui prouvait le contraire. Jeune mariée, indépendante, ayant à peu près tout comme elle le souhaitait, elle a vu l’enfant comme une contrainte physique et cela signifiait que son pouvoir allait être réduit et elle ne le voulait pas”.

 

Vous avez fait des recherches sur la reine Victoria et dans toutes ses recherches qu’est-ce qui vous a le plus surpris ?

Jenna Coleman : “Son esprit et à quel point c’était une romantique. Elle aimait le ballet et l’opéra quand elle était jeune et elle avait l’habitude de dessiner ces scènes où la personne a le coeur brisé, c’est moment avec des scènes d’amour passionnelles. Elle a dessiné sa propre robe de mariée. Elle était sans gênes et surtout très franche. Elle n’était pas précieuse, elle aimait la beauté mais elle ne faisait pas forcément attention à elle-même. Ma citation préférée d’elle, elle marchait avec Lord Melbourne à ce moment-là, en tant que la Reine et son Premier Minsitre, imaginez la reine Elizabeth dire ça aujourd’hui. Je parlais à Lord Melbourne et je souhaitais tout simplement me rouler dans l’herbe. Elle ne laisse pas les responsabilités de son rang étouffer sa état d’esprit, c’est ce que j’aime chez elle”.

 

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