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WATCHMEN la série : déstabilisante confusion des genres ?

Après Lost, The Leftovers, Damon Lindelof propose la série Watchmen. Cette série est une adaptation du Comics publié entre 1986 et 1987 (12 volumes), imaginé par Alan Moore (écriture) et Dave Gibbons (dessin). Damon Lindelof s’attaque alors à l’univers DC Comics mais décide de proposer un « remix » de l’œuvre d’origine comme il l’a dit lui-même dans une longue lettre postée sur son compte Instagram. Le showrunner explique qu’il s’est volontairement éloigné du matériel d’origine pour raconter sa propre histoire originale au sein de cet univers de Watchmen.

watchmen avisGrâce à OCS, j’ai eu l’opportunité de voir les 6 premiers épisodes de la série Watchmen diffusée sur HBO aux États-Unis et disponible en US+24 en France. N’étant pas une spécialiste du Comics Watchmen et n’ayant pas vu la version cinéma de Zack Snyder en 2009, je fais partie de ces néophytes. Pourtant, je me sens mal à l’aise de donner un avis sur cette série. Après mon visionnage, j’avais l’esprit confus parce que je venais de voir. Je n’ai pas tout saisi, peut-être me manquait-il des clefs de compréhension que les connaisseurs des Watchmen sont les seuls à détenir ? Le pilote m’est apparu très confus et l’épisode 3 me semblait le plus compréhensible de tous. Pourtant, le synopsis d’OCS me donnait bien envie de regarder Watchmen la série ! La série se déroule à Tulsa, petite ville d’Oklahoma, 3 ans après une attaque coordonnée de suprématistes blancs contre les forces de l’ordre et leurs familles. A la suite de cet évènement tragique surnommé la  » Nuit Blanche « , les policiers ont décidé de recouvrir leur visage d’un bandana jaune afin de cacher leur identité. Dans ce contexte trouble, la détective Angela Abar et le chef de la police Judd Crawford enquêtent sur une fusillade qui pourrait marquer le retour de la  » Seventh Kavalry « , le groupuscule à l’origine de la terrible  » Nuit Blanche « .

Alors, je suis embêtée de donner mon avis sur une série en ayant assez peu de matière. Néanmoins, je me suis documentée mais je pense que par rapport à quelqu’un qui a lu l’œuvre, je reste en dessous. Je me demande si cette série peut convaincre un public plus large que les fans des Watchmen. Certes, la série est très liée à l’Histoire des États-Unis et n’hésite pas à dénoncer le racisme et l’abus des autorités sur les populations. Des messages malheureusement qui sont accessibles à tous. Mais, pour ceux qui comme moi à tort, pensez avoir à affaire à une série de superhéros, on en est loin. Certes, il y a des êtres surhumains mais ils sont davantage présents pour questionner la notion d’héroïsme.

watchmen serieC’est étrange parce The Leftovers, la série précédente de Damon Lindelof, j’avais apprécié son style de traitement du deuil et suivi avec enthousiaste cette série qui n’est clairement pas mainstream et qui est difficile à pitcher. Le genre de série qu’il faut voir pour juger et persévérer pour l’apprécier. Mais, avec Watchmen, je n’ai pas eu cette sensation. La persévérance était là par curiosité et par une volonté de comprendre en vain.

Cependant, une chose est certaine, Regina King a toujours été une actrice brillante mais dans Watchmen elle est encore plus ! Regina King porte la série sur ses épaules et c’est le seul personnage pour lequel, j’ai su développer une véritable empathie. L’actrice nous montre ses talents de superhéros sous les traits de « Sister Night ». Une autre actrice se révèle excellente, c’est Jean Smart dans le rôle de Laurie Blake. L’épisode 3 où elle a le lead est l’un de mes favoris.

Enfin, petite mise en garde, c’est une série qui parle ouvertement et justement de racisme. Il y a des scènes violentes et vraiment atroces humainement, parfois, à la limite du supportable. Mais, nécessaire pour rappeler une réalité parce que oui Watchmen reste un écho à notre réalité même si la série nous parle d’une réalité alternative.

Watchmen est une série qui déstabilise le téléspectateur. Ne vous attendez pas à une série de superhéros même pas le style The Boys, c’est davantage un prétexte pour une critique de la société et ses vices. Pour les fans de Watchmen, la vision de Damon Lindelof est sûrement intéressante et pour les autres, il est possible que cette histoire vous apparaisse confuse et que l’empathie avec les personnages soit un peu compliquée à trouver. Maintenant, à vous de voir la série Watchmen sur OCS pour vous faire une véritable idée et mon conseil, regardez plus qu’un épisode pour vous faire un véritable avis.

Lubiie

Plus de 16 ans d'expertise dans le domaine des séries, blogueuse passionnée, professionnelle de l'audiovisuel, reporter de festival, jury de festival et intervieweuse aux multiples questions en séries. Tout mon monde tourne autour de l'actualité des séries.

Cet article a 2 commentaires

  1. Alexandre le bienheureux

    Bonjour Lubie, sans être fan du comics que j’ai lu une fois sans que les bras m’en tombent, j’avais regardé le film de Snyder en me faisant un peu chier en fait. Le film était pompeux, laborieux, égotique et sentait un peu la réalisation d’un mec qui se prenait pour un artiste. Bref, tout ça pour dire que je ne suis pas un grand fan du matériau d’origine. Mais je dois avouer que j’ai beaucoup aimé le pilote de cette série et je ne partage pas ton opinion à ce sujet. J’ai trouvé le sujet courageux, lutter contre le racisme, et la réalisation soignée et qui met de l’argent plein les yeux avec classe, avec goût. La photographie, les décors grandioses, le niveau de jeu des acteurs, la narration, etc. tout m’a beaucoup plu parce que c’est un regard original, créative, basé sur un univers déjà très bien traité dans « The Boys » sur Amazon, et qui n’avait donc pas besoin d’être repris ici. Je salue donc la « variation sur le même thème » en y ajoutant l’ingrédient KKK. J’ai hâte de voir la suite et j’espère que, comme contrairement à « Lost » et sa fin débile et inutilement mystique, ou « Lefthovers » que j’ai vomi d’ennui, le fil de l’histoire ne se perdra pas dans l’intellectualisme américain bidon qui voudrait faire passer Trump pour Aristote. Bref, quand les américains ne cherchent pas à penser plus haut que leur cul ça me va et j’espère que cela sera le cas. Bravo et merci pour tes infos très chère 😉

    1. Lubiie

      Attention ! Je ne dis pas que je trouve ça nul car moi aussi je reconnais le travail sur la photographie, les décors et l’incroyable de jeu de Regina King mais je n’ai pas réussi à me sentir impliqué dans la série que j’ai trouvé très confuse malgré avoir persisté pendant 6 épisodes 🙂

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