Le saviez-vous ! 84% sur 58 adaptations Netflix analysées en France entre 2017 et 2026, plus de huit sur dix s’accompagnent d’un pic de ventes des livres dont elles sont issues autour de leur sortie sur Netflix. Un effet quasi systématique et immédiat, révèle le volet distributeurs de l’étude NielsenIQ BookData. Netflix devient alors un véritable tremplin pour le livre : les adaptations à l’écran boostent la lecture et les ventes. C’est pourquoi Netflix devait lancer son propre Book Club. Installé du 16 au 18 octobre 2026 au Ground Control, le Netflix Book Festival a pris place au milieu de ce foodcourt bien connu les parisiens du côté de Gare de Lyon.
À vrai dire, je devais y aller la veille pour un évènement autour de Bridgerton dont je me réjouissais car je suis une adapte des potins de Lady Whistledown, mais les casseurs du 17 octobre m’ont empêché de venir sur place. J’ai fait le choix de la sécurité. A défaut, je suis venue le lendemain pour déambuler au sein du Netflix Book Festival découvrant les jolies éditions des livres adaptées en série et assistant à la table ronde intéressante « comment adapter les classiques en restant modernes » avec Victoire Bocquillon, créatrice du podcast Adapte-moi si tu peux, Ariane Hudelet, universitaire et spécialiste des adaptations littéraires au cinéma et à la télévision et Florent Meyer (scénariste notamment de Lupin et Homejacking) modérée par Hugues Robert.
L’adaptation est toujours un exercice périlleux pour les scénaristes et peut-être encore plus quand il s’agit de classiques. La fine limite entre fidélité et modernité n’est pas évidente à appréhender. Pour Victoire Bocquillon, la fidelité ne consiste pas à reproduire chaque détail d’un roman, mais à en préserver l’intention et l’esprit : « Pour moi, la fidélité, c’est pas une notion rigide en fait en termes d’adaptation. […] C’est vraiment justement cette intention et le ton en fait et l’esprit de l’œuvre de base qui doit être retranscrite dans l’adaptation. » Quant à Ariane Hudelet, elle rajoute que chaque époque réinterprète les classiques selon ses sensibilités. L’universitaire a fait sa thèse sur Jane Austen.
A travers les exemples d’Orgueil et Préjugés (une mini-série sera disponible sur Netflix le 3 décembre 2026) et de la nouvelle adaptation d’À l’Est d’Éden, les intervenants ont notamment souligné l’évolution de la place des personnages féminins et l’importance de proposer un nouveau point de vue. Pour Florent Meyer, les préoccupations contemporaines influencent naturellement le travail des scénaristes.

Focus Lupin : l’adaptation française à succès de Netflix
Quand on parle d’adaptation de classique en version plus moderne pour l’écran, on ne peut pas ne pas parler du succès phénoménal de Lupin notamment à l’international. Alors que la saison 4 débarque sur Netflix, Florent Meyer a confirmé qu’il travaille déjà sur la suite donc qui serait la partie 5. « On travaille sur la saison qui va suivre celle que vous allez découvrir dans cinq jours », a-t-il déclaré. Une potentielle partie 5 serait donc en cours d’écriture, sans confirmation officielle de Netflix.
Le scénariste est également revenu sur la genèse de la série. C’est Omar Sy qui a proposé d’incarner un admirateur d’Arsène Lupin plutôt que le gentleman cambrioleur lui-même, permettant ainsi de moderniser l’œuvre de Maurice Blanc et d’aborder des questions de transmission et d’invisibilité sociale. D’ailleurs, Florent Meyer explique que lui et ses camarades scénaristes s’inspirent du vécu du comédien comme la situation d’immigré du Sénégal de son père.
Il a aussi évoque le personnage de Youssef Guédira (interprété par Sofiane Guerrab), conçu comme un miroir d’Assane Diop : ce policier passionné par les romans est paradoxalement celui qui comprend le mieux le gentlemen cambrioleur et qui est pourtant le moins écouté dans sa brigade.
Enfin, Florent Meyer a détaillé la mécanique des « lupinades« , ces retournements de situation où un retour en arrière révèle au spectateur une vérité différente. Il a laissé entendre que la partie 4 introduisait un personnage encore plus doué qu’Assane en technologie.
Les adaptations littéraires, un succès pour Netflix
En 2025, les adaptations littéraires ont généré plus de 9 milliards de vues sur Netflix dans le monde, représentant près de 20 % de l’ensemble des heures visionnées. Elles redonnent une visibilité à leurs œuvres sources, suscitent l’envie de (re)lire, font découvrir des auteurs à de nouveaux publics.
Organisé avec le Centre National du Livre, le Netflix Book Festival proposait une bibliothèque éphémère réunissant plus de 500 titres et 3000 exemplaires. Les ouvrages seront ensuite donnés à des associations, dont le Samusocial.
C’est une chouette initiative qui encouragent les téléspectateurs d’une adaptation à l’écran à s’intéresser à l’œuvre originale littéraire. Même si je suis sériephile, j’ai souvent plaisir à lire les œuvres dont certains de mes séries sont adaptées comme pour prolonger la joie d’être un univers que j’affectionne (L’Amie Prodigieuse, Le Complot contre l’Amérique, Le Tatoueur d’Auschwitz). Néanmoins, je ne suis pas certaine que le Ground Control soit le lieu adapté pour le Netflix Book Festival ou du moins il aurait dû être privatiser dans son ensemble. En effet, on découvre des livres au milieu d’un lieu qui vit pour autre chose que le Netflix Book Festival et des îlots à la thématique de la série pour se prendre en photo. Connaissant le faste de Netflix qui a l’habitude de nous en mettre plein la vue, j’avais imaginé quelque chose de plus grandiose avec une scénographie incroyable. Peut-être qu’à force de regarder Emily in Paris, j’ai vision déformée de Netflix 🙂



